Manuscrit Story #10 : À chaque refus, la question “C’est quoi, le problème ?”

Marc Varence - 12.04.2016

Reportage - Manuscrit Story - recherche éditeur - présentation manuscrit


« C’est quoi, le problème ? » Voilà la question qui fâche, qui revient en boucle. À chaque refus. Le candidat auteur se retrouve seul face à un mur d’indifférence. Dans la grande majorité des autres disciplines, qu’elles soient artistiques ou sportives, il y a moyen de mettre le doigt sur le défaut majeur, sur ce qui coince. Dans les académies de peinture, dans les centres sportifs, dans les ateliers de sculpture, dans les troupes de théâtre, il y aura toujours un spécialiste pour rassurer l’apprenti.

 

 

 

Pour le faire travailler. Pour qu’il progresse. Or, dans le monde des lettres, rien de tout cela ! Les grands écrivains n’ont aucune activité didactique. Il n’y a aucun accompagnement ! Le candidat auteur, une fois éconduit par la maison d’édition, n’a pas le moyen de cerner la vraie raison du refus !

 

Je ne comprends rien à rien : cela me maintient en vie !

 

Un sentiment d’incompréhension, de doute, voire d’injustice s’empare du candidat auteur. En ce qui me concerne, les éditeurs ont peut-être connaissance de l’aventure « Manuscrit Story ». D’où une certaine prudence. Mais je n’ai pas davantage de réponses aux questions sans cesse posées. Les faiblesses de mon texte sont-elles stylistiques ? L’histoire n’est-elle pas assez captivante, innovante, originale ?

 

Les idées véhiculées étant résolument à la gauche de la gauche ne plaisent-elles pas ? Pire, l’omniprésence de mon antiaméricanisme dérange-t-elle certaines structures ? La construction du manuscrit est-elle trop alambiquée ? Ces refus sont-ils dus à la qualité du texte… ou à la personnalité de l’auteur ? Quel est l’élément qui a fait pencher la balance… en ma défaveur ?

 

Les éditeurs d’un même groupe pourraient-ils se partager la lecture d’un seul manuscrit ? A-t-on réellement lu mon manuscrit ?

 

Des allers-retours en veux-tu en voilà !

 

Après le renvoi du manuscrit par Anne Carrière, c’est au tour des éditions Robert Laffont de procéder à l’identique. Une lettre type : « Malheureusement, votre projet ne nous a pas assez convaincus pour que nous décidions de le publier. Nous en sommes désolés. » (voir photo)

 

Les manuscrits-boomerangs ne doivent absolument pas demeurer au domicile du candidat à la publication. Suite aux refus de ces deux éditeurs qui m’ont généreusement renvoyé le manuscrit, je me dois de prospecter… une fois de plus. Tout comme en cuisine, rien ne se perd !

 

Un bon filon pour entreprendre la recherche d’une structure éditoriale consiste à visiter les sites des diffuseurs. C’est en détaillant notamment les éditeurs diffusés par Dilisco (filiale d’Albin Michel) que le nom « J éditions » s’est directement imposé.

 

L’expression révélée par la série Les Cinq dernières minutes convient dès lors parfaitement : « Bon sang, mais c’est bien sûr ! » Fondée en août 2013, cette maison tire la majeure partie de son chiffre d’affaires des aventures policières de Christian Jacq. Je verrais donc bien cet éditeur miser sur un autre auteur, fût-il inconnu.

 

En parlant de Christian Jacq, égyptologue, j’entreprends de véritables fouilles sur les sites de diffuseurs plus modestes : Belles Lettres, Cap diffusion, Harmonia mundi Livres. Sans résultat probant pour « Le Polygone ». Mais cela peut être une piste intéressante pour tout candidat auteur.

 

 

« Le Polygone » au 11 avril

 

Lecture en cours : Albin Michel, Au Diable Vauvert, Bragelonne, Cherche-Midi, Denoël, Flammarion, Grasset, JC Lattès, J éditions, La Différence, Le Passage, Mnémos, Pierre Astier, Presses de la Cité, Rivages, Scrineo, So Far So Good, XO

 

Refus direct : de Fallois

Refus par courrier (lettre type) : Fayard, Robert Laffont

Refus par courrier (lettre type + commentaire) : Archipel

Refus par lettre circonstanciée : Anne Carrière

Refus par mail : Fleuve noir, Kéro, Le Rocher, Liana Levi, Métailié, Ring