Manuscrit story #12 : comprendre le mécanisme d’un best-seller

Marc Varence - 03.05.2016

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Invité ce vendredi 29 avril à présenter son dernier roman à la Fnac de Bruxelles-Toison d’Or, David Foenkinos achevait sa tournée promo dans la capitale belge. Ici, les écrivains sont toujours étonnés par l’attention extrême avec laquelle les journalistes ont lu leur ouvrage. En comparaison avec Paris et ses critiques littéraires qui se prennent pour des stars, il y a un monde de différence.

 

 

 

Livre dédicacé sous le bras, je me suis empressé d’en entamer la lecture. Ce roman trouve une résonance particulière depuis que je me suis lancé dans l’aventure « Manuscrit Story ». Il raconte l’histoire d’un manuscrit déniché un peu par hasard dans une bibliothèque des livres refusés, quelque part en Bretagne. Une jeune éditrice très talentueuse et passionnée par son métier tombe sous le charme de cet ouvrage mort-né… et décide d’en faire un livre-événement.

 

Littéralement gobé par ce polar littéraire, je n’ai trouvé d’autre issue que de le dévorer en deux jours. Signe du destin, il a résisté à trois chutes, à de la bière (un ami a renversé le contenu de son verre sur la couverture), ainsi qu’à la terre battue (il m’a accompagné partout, y compris sur le court de tennis).

 

Quelques vérités sur un monde toujours aussi opaque !

 

L’auteur se lâche. Il s’amuse. Des noms connus jalonnent son récit. On y retrouve furtivement Olivier Nora, Richard Ducousset, ou encore François Busnel. Il balance des vérités. Dénonce habilement des contrevérités. Démontre qu’il a dû passer par toutes les couleurs en 2014. Son roman, Charlotte, a fait un véritable carton, mais la critique s’est montrée divisée. Sans demi-mesures.

 

Soit on adore, soit on déteste. Ce Mystère Henri Pick est, selon moi, une forme de réponse à toute cette effervescence connue en 2014 et 2015. Il y rappelle les innombrables frustrations que peut connaître un auteur.

 

« On croit que le Graal est la publication. Tant de personnes écrivent avec ce rêve d’y parvenir un jour, mais il y a pire violence que la douleur de ne pas être publié : l’être dans l’anonymat le plus complet. Au bout de quelques jours, on ne trouve plus votre livre nulle part, et on se retrouve d’une manière un peu pathétique à errer d’une librairie à l’autre, à la recherche d’une preuve que tout cela a existé. Publier un roman qui ne rencontre pas son public, c’est permettre à l’indifférence de se matérialiser. »

 

Où ranger « Le Polygone » ?

 

Qu’adviendra-t-il de mon texte si celui-ci ne convainc aucun éditeur ? Bien sûr, je pourrais prospecter ceux qu’on appelle erronément « les petits éditeurs ». Parmi les quelque trois mille éditeurs indépendants, il s’en trouverait certainement un qui serait emballé à l’idée de le publier. Mais j’ai pris la décision, en cas de refus par les maisons reprises ci-dessous, de le ranger dans mon tiroir des manuscrits oubliés. Et de passer à autre chose…

 

 

« Le Polygone » au 3 mai

 

Lecture en cours : Albin Michel, Au Diable Vauvert, Bragelonne, Denoël, Flammarion, Grasset, JC Lattès, J éditions, La Différence, Le Passage, Mnémos, Presses de la Cité, Rivages, Scrineo, So Far So Good, XO

 

Refus direct : de Fallois

Refus par courrier (lettre type) : Cherche-Midi, Fayard, Robert Laffont

Refus par courrier (lettre type + commentaire) : Archipel

Refus par lettre circonstanciée : Anne Carrière

Refus par mail : Fleuve noir, Kéro, Le Rocher, Liana Levi, Métailié, Ring

Refus par dépassement de délai : Pierre Astier