Manuscrit Story : « Mes amis ont lu mon livre. Ils ont adoré ! »

Marc Varence - 08.03.2016

Reportage - Manuscrit Story - publication recherche éditeur - auteur livre lectures


Voilà six semaines, débutait l’aventure de la publication pour Marc Varence : manuscrit achevé sous le bras, il part en quête d’une maison qui se retrouver dans son livre, et acceptera de le publier. Toute cette histoire, si commune et si méconnue pourtant, est relatée dans un billet hebdomadaire. Soumettre le livre, c’est s’exposer, et accepter des critiques qualitatives sur la narration. Première règle du Fight Club : on ne parle pas du Fight Club. Deuxième règle : on ne se réjouit pas des seules critiques de ses proches. Manuscrit Story, épisode #5.

 

 

 


Le pire ennemi du candidat auteur est l’autosatisfaction. Après de longs mois consacrés à la rédaction, l’auteur a tendance à tester son roman auprès de proches, famille, collègues, amis. Bien sûr, les retours sont dithyrambiques. Or, un parent ne peut être objectif ! Même si les manuscrits s’amoncellent, même si les candidats auteurs sont innombrables, ils restent extrêmement minoritaires par rapport à l’ensemble de la population. Achever un roman ou tout texte d’un autre genre littéraire n’a rien d’une sinécure. Et l’entourage direct du candidat à la publication en a parfaitement conscience.
 
99,9 % des manuscrits nécessitent un travail de correction, de relecture et d’amélioration. Avant de confier son bébé encore fragile à l’œil implacable de l’éditeur, pourquoi ne pas augmenter ses chances en le confiant à des professionnels ? Il existe des aides à la correction de manuscrits. Sur internet, on les trouve par dizaines (dans l’Aude : La clé du livre, dans les Yvelines : USAN-Correction, dans la Manche : Les Petites Capitales, etc.)
 
En Belgique, ce service se développe peu à peu grâce à l’initiative de Laurence Ortegat et de Réjane Peigny, qui coordonnent les activités de CLéA, une compagnie de lecteurs et d’auteurs.
 
Une association de lecteurs au service des auteurs
 
Laurence Ortegat : « L’avis de nos lecteurs doit être utile à l’auteur, lui donner des pistes de travail sans le blesser, tout en étant bienveillant. Notre premier objectif est de l’amener à porter un regard extérieur sur son travail pour l’aider à progresser. »
 
Voilà la plus grande difficulté : ne pas contrarier l’auteur tout en lui faisant admettre les faiblesses de son texte. Je ne connais pas les associations de ce type officiant sur le territoire français. Mais je garantis le sérieux et la motivation de CLéA. Certes, cet accompagnement a un coût, qui peut être considéré comme élevé pour certains. Mais au regard des frais d’impression et des frais postaux (Manuscrit Story épisode2), cette dépense peut s’avérer très utile.
 
Dans un délai de huit à neuf semaines, pour un tarif de 150,00 € environ (pour un manuscrit de 200 pages), une note de lecture est établie. Celle-ci reprend six points :
 

  • le profil des trois lecteurs,
  • la compréhension de l’histoire et des thèmes,
  • le ressenti général à la lecture du texte (émotions, réflexions, ambiance...),
  • les aspects formels du texte (choix du narrateur, crédibilité des personnages, structure du récit, rythme, style, images...),
  • le texte correspond-il à l’idée que s’en était fait le lecteur après avoir lu les extraits et la courte présentation rédigée par l’auteur dans son formulaire de soumission ? Si non, pourquoi ?
  • conclusion (points forts du texte et pistes pour aller plus loin).

 
À cela, il faut ajouter des frais supplémentaires, si l’auteur sollicite un entretien individuel. Tout est détaillé sur le site de l’association.

 


 
Une solution pour les moins nantis : la débrouille !
 
N’ayant pas les moyens suffisants pour faire appel aux bons services de CLéA, j’ai opté pour la débrouille. Pour obtenir un avis circonstancié sur votre manuscrit, vous pouvez le proposer en lecture à l’un ou l’autre professeur de français ou à un gros lecteur… à condition que celui-ci ne fasse pas partie de votre cercle familial ou de vos relations proches. Rien de plus simple : il suffit de lancer un appel sur les réseaux sociaux. Après tout, j’ai beau avoir 1 188 amis sur Facebook, cela ne signifie pas grand-chose, sinon que nous avons des centres d’intérêt communs, dont la lecture ou l’écriture.
 
Autre solution plus pertinente, et qui peut rapporter gros : confier le manuscrit à un libraire ! Si un professionnel accepte de le lire et de vous remettre un avis objectif, ce ne peut être que du bonus. En ce cas, je ne vois que quatre possibilités :

 

  • Il a détesté vous lire et ne sait comment vous avouer que votre texte ne vaut rien, sinon un gros ouf de soulagement une fois refermé.
  • Il se montre nuancé et vous donne des pistes pour le retravailler. S’il s’agit d’un bon commerçant, il peut vous faire acheter l’un ou l’autre roman dont vous pourriez vous inspirer.
  • Il a apprécié de vous lire et vous confie quelques trucs et astuces pour l’améliorer. Bien sûr, il citera quelques noms d’écrivains auxquels vous l’aurez fait penser… et une fois encore, s’il est doué, vous repartirez avec quelques livres sous le bras.
  • Il a A-DO-RÉ ! Dans ce cas, profitez-en pour lui demander son soutien écrit. Vous pourrez vous en servir lors de l’envoi de votre manuscrit, car, ne l’oubliez pas, les premiers clients des éditeurs sont bel et bien les libraires !

 
Un libraire est TOUJOURS surchargé de travail !
 
Faire appel à des lecteurs bénévoles, qu’ils soient actifs ou non dans le monde du livre, n’est pas la panacée. Le libraire, par exemple, n’aura pas vraiment le temps de lire consciencieusement le manuscrit. Ce professionnel doit constamment faire face à d’innombrables tâches. De plus, la découverte des nouveautés fait partie intégrante de son job. La lecture de votre manuscrit, à moins que vous soyez son meilleur client, risque bien de ne pas être possible. Il y a de fortes chances qu’il le lise en diagonale, ou pire, à contrecœur !
 
Quant à la sincérité ou la pertinence de personnes étrangères, elle n’est jamais garantie.
 
Retour donc à la première solution : l’association de lecteurs au service des auteurs !
 
 
« Le Polygone » au 8 mars !
 
Lecture en cours : Albin Michel, Anne Carrière, Archipel, Au Diable Vauvert, Bragelonne, Cherche-Midi, Denoël, Fayard, Flammarion, Fleuve noir, JC Lattès, Kéro, La Différence, Le Passage, Métailié, Mnémos, Pierre Astier, Presses de la Cité, Rivages, Robert Laffont, So Far So Good, XO
 
Refus direct : de Fallois
Refus par mail : Liana Levi, Ring