Pascal Glais, photographe de l'ombre à la lumière

Auteur invité - 19.07.2018

Reportage - Pascal Glais photographe - photographie Bretagne passion - ombre lumière Glais


PORTRAIT – « Je ne pourrais pas vivre sans mon appareil photo ! » Voilà, comme ça c’est dit. Enfin, c’est Pascal Glais, photographe professionnel depuis bientôt 20 ans, qui le dit. Pourtant, entre lui et la photo, ça n’a pas tout de suite été une évidence. Il aura fallu un flash pour tout déclencher.

 



 

1996, Pascal Glais rentre chez lui, à Plélan-le-Grand, à une quarantaine de kilomètres de Rennes... Pascal est formateur à temps partiel en audiovisuel et projectionniste, le reste du temps, au cinéma Gaumont à Rennes. Ce jour-là, il a donné des cours à Saint-Brieuc. C’est la fin de l’après-midi. En passant, en voiture, devant un champ, il remarque un agriculteur en train d’y travailler. Pascal continue sa route. Il a hâte d’être arrivé.

Cependant, au bout de quelques kilomètres, il décide de faire demi-tour pour aller prendre en photo cet homme dans le champ. « Je me suis arrêté. Je suis descendu de la voiture pour aller le rejoindre, mon appareil photo en bandoulière. Je lui ai demandé si je pouvais le photographier. Il m’a dit “oui, si ça vous fait plaisir !”. J’ai fait quatre clichés. Je l’ai remercié et puis je suis rentré chez moi. Il s’appelait René. »

Quelques semaines plus tard, Pascal est retourné chez René, dans sa ferme, lui apporter une des photos qu’il avait prise de lui. « Il a eu l’air de la trouver pas trop mal. » 
 

Après la rencontre avec René, il va y avoir la rencontre avec Jean, son frère. « Quand, à un moment donné, j’ai posé mon appareil pour l’aider à déplacer une barrière qui le gênait, il m’a rabroué en me disant que ça, c’était son travail. Moi, mon travail, c’était de faire des photos. À cet instant, j’ai su que c’était gagné. René et Jean avaient compris avant moi ce que j’étais en train de faire : montrer, raconter, un boîtier entre les doigts ; j’étais en train de faire le photographe ! »
 

Vivre de la photographie n’est pas simple, mais vivre sans est encore plus compliqué. 


Quelques mois plus tard, le public va découvrir les photos de René et de Jean dans la première exposition de Pascal à l’écomusée du pays de Rennes. Les deux frères ont tellement bien pris la lumière qu’ils vont taper dans l’œil d’un éditeur. 
 

1997, Aux rues d’en haut, un reportage ethno-photographique sur deux frères paysans, paraît aux éditions Apogée. Tiré à 2 600 exemplaires, le livre végète un peu, puis il y aura cette dépêche AFP et ce reportage à la télé. Alors là, tout le monde va  acheter le livre. Aux rues d’en haut est vite épuisé. Il ne sera pas réédité. Dommage !

Pascal, devenu désormais photographe à... 100 %, continue de parcourir le monde rural. Il va à la rencontre de celles et ceux qui souvent restent au second plan. « J’aime la rencontre. C’est toujours enrichissant. » 
 

2007, pendant toute une semaine, Pascal suit une fouée avec des charbonniers. « Cette fouée était une sorte de reconstitution, un témoignage de ce qui se faisait autrefois dans le pays de Brocéliande. Pour photographier René et Jean, j’avais opté pour le noir et blanc. Pour la fouée, je vais choisir la couleur... »

 


Cette couleur, on va en retrouver dans les expositions que Pascal va régulièrement monter avec son collègue François Quinio. « On photographie les habitants d’une commune pendant plusieurs semaines. Puis les portraits tirés en grand format sont exposés en plein cœur du bourg. »

La couleur, Pascal en use aussi beaucoup dans les photos qu’il fait à chaque édition de la manifestation Étangs d’art, une biennale d’art en pleine nature au pays de Brocéliande. « J’adore photographier les artistes, leur vie, leur démarche, leurs œuvres. Cela me nourrit énormément... » 
 

Le célèbre photographe Édouard Boubat aimait dire que « les photographies que nous aimons ont été faites quand le photographe a su s’effacer. S’il y avait un mode d’emploi, ce serait certainement celui-là ». Eh bien, ce mode d’emploi, Pascal Glais le suit à la lettre. Elles et ils sont nombreux à apprécier ses photos qui mettent si bien en lumière les gens dans l’ombre. 
 

Sylvie Vennéguès 

 

Bibliographie 


Charbonniers de Brocéliande. L’art de la fouée, reportage ethno-photographique sur la vie des charbonniers, éditions Les Amis de la bibliothèque de Paimpont, 2007

L’Âme du cidre, éditions Apogée, 2013. 

Paysages de traverse, éditions Henry des Abbayes, 2006. 

Aux rues d’en haut, Reportage ethno-photographique sur deux frères paysans, éditions Apogée, 1997. Série photographique exposée dans plus de cent lieux culturels. 

 

Exposition de 2013
 


 

en partenariat avec Livre et lecture en Bretagne




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