Petite histoire du baccalauréat

Clément Solym - 09.06.2008

Reportage - histoire - baccalaureat - anniversaire


Le baccalauréat (du latin tardif baccalaureatus, « degré de bachelier donné dans les universités ») né le 17 mars 1808 par un décret de Napoléon 1er. Le diplôme du baccalauréat équivaut au premier grade universitaire, celui de bachelier. Il est désormais le sésame permettant d’accéder à l’enseignement supérieur. A l’origine, il se présentait sous dominante orale et en latin. Désormais, ce sont près de 500000 jeunes qui se présentent aux épreuves, principalement écrites, chaque année.

C'est le décret organique du 17 mars 1808 qui crée le baccalauréat. Les candidats devaient être âgés d'au moins 16 ans et l'examen ne comportait que des épreuves orales sur des auteurs grecs et latins, sur la rhétorique, l'histoire, la géographie et la philosophie. Les premiers bacheliers étaient au nombre de 31.

A l’origine, une épreuve élitiste :

Si l’on revient à la première session du baccalauréat, en 1809, 31 candidats ont été reçus, après s'être soumis à trois quarts d'heure d'une épreuve orale de latin, grec, français et philosophie (en latin également), conduite par des professeurs d'université.

Le but premier de cet examen est de sanctionner la fin des études secondaires Le corpus des savoirs à maîtriser porte alors sur l'ensemble du programme depuis la 6e. L'histoire et la géographie s'y ajoutent en 1820, les maths et la physique en 1821 avec la création d’un baccalauréat ès-sciences.

Petit à petit, l’examen s’étoffe en épreuves comme en candidats :

En 1830, c’est l’introduction de la première épreuve écrite (composition française ou traduction d'un auteur classique). 1853 sera l’année d’instauration d'une épreuve de langue vivante.

En 1840, les candidats, qui ne sont encore que des garçons (Julie-Victoire Daubié est la première femme ayant obtenu le droit de se présenter au bac à Lyon, en 1861), sont désormais plusieurs milliers à se présenter (près de 3.000 reçus en 1830). Ils passent une épreuve écrite de version latine, en deux heures, qui détermine leur admissibilité.

C’est alors qu’apparait le terme de « bachotage », permis par la publication de « mémentos » et, par extension, s'ouvrent dans tout le royaume des « boîtes à bac », qu'on appelait des « fours à bachot ». L’expression « passer son bachot » était encore très à la mode il y a quelques décennies, mais on lui préfère maintenant celle, plus simple, de « passer son bac ».

Les systèmes d’appréciation :

Dans sa forme première, l’examen n’était sanctionné que par une unique appréciation (les mentions : très bien, bien, assez bien ou mal). En 1854, le système se transforme et le jury dispose désormais de trois boules, une blanche (positif), une rouge (moyen) et une noire (négatif). Pour chacune des huit épreuves, le jury dépose une boule. Huit boules blanches se traduisent par la mention très bien et une boule noire suffit pour être ajourné. La notation comprise entre 0 et 20 n’apparaît qu’en 1890-91.

Le latin en balance sous la IIIème République :

D’un côté se tiennent les partisans des humanités classiques, appuyées sur le latin et le grec, et de l’autre, les promoteurs d'une éducation sans latin mais avec plus de français, de langue vivante et de sciences. L’examen est pour la première fois scindé en deux parties en 1874 : une en fin de première et une à la fin de la terminale.

A partir de 1880, une révolution s’amorce car il peut s’obtenir sans le « discours latin », préparé et prononcé alors par tous les élèves. Il se sépare ensuite en deux bacs. Le « classique », qui comprend toujours du latin et du grec pour tous, se divisant en deux séries (philosophie ou mathématiques élémentaires), et le « moderne », sans latin. Cette réforme correspond à une réelle attente de la société. On passe ainsi entre 1893 et 1904 de 583 à 2155 bacheliers.

Une évolution historique de l’examen :

En juillet 1881 s'ouvre la première session du nouveau baccalauréat ès lettres réformé par Jules Ferry. La composition latine est supprimée et les candidats doivent rédiger une « composition française sur un sujet de littérature ou d'histoire ».

C'est un tournant majeur dans l'histoire des humanités classiques. Si la mesure a bien été préparée dès 1880 par les nouveaux programmes, l'enseignement secondaire n'a pas encore élaboré le nouvel exercice scolaire qu'on baptisera plus tard la « dissertation littéraire ». Les sujets proposés aux candidats en 1881 et les années suivantes restent proches des exercices traditionnels que sont l'analyse, le discours ou la rédaction du cours.

Il faudra une seconde réforme, vingt ans plus tard, pour asseoir solidement la dissertation de la classe de première sur les nouvelles méthodes de l'explication de texte. Le discours latin cède ainsi la place à la composition française.