Quitter l'université : premier entretien pour un emploi, au secours ?

Association Effervescence - 24.09.2013

Reportage - entretien - premier emploi - sortir de l'universi


Chaque semaine, ActuaLitté, en partenariat avec l'association Effervescence, réunissant les étudiants et anciens élèves du Master Édition et Audiovisuel de Paris IV-Sorbonne, vous donne rendez-vous : retrouvez dans les colonnes de notre magazine une chronique, réalisée par les étudiants de la formation, racontant la vie du Master et de l'association. Cette semaine, on se met dans la peau d'un recruteur et on décortique un entretien.

 

 

Les étudiants du Master 2 LMA peuvent en témoigner : tous sont passés par cette phase angoissante de la préparation de l'entretien pour décrocher un stage ! Quelles seront les questions pièges, quelles seront les réponses attendues, comment s'habiller et quelles qualités mettre en avant… Autant de points d'interrogation qui se sont nichés dans leurs têtes au cours de leur formation. Mais le pire est à venir : ils devront dans très peu de temps affronter les entretiens d'embauche, tout jeunes diplômés qu'ils seront, pour obtenir un premier contrat dans l'entreprise de leurs rêves. 

 

Pas de panique si vous vous trouvez dans l'une de ces deux situations : on a décidé de vous faire partager notre expérience de jeunes candidats effrayés ayant passé un certain nombre d'entretiens, ce qui nous permet aujourd'hui de formuler quelques conseils bien sentis pour vous aider à y voir plus clair.

 

 

L'entretien 

 

La veille, on répète inlassablement ce que l'on considère comme des phrases-clés, en y mettant le ton et en anticipant les questions. Le matin, on se demande si on sort les talons, si on met une cravate ou si on se cantonne aux bonnes vieilles chaussures défraîchies – pourtant si confortables – de tous les jours. Et puis on se lance : on franchit la porte, on s'annonce à l'accueil avec un sourire crispé plaqué sur le visage, on patiente en se demandant s'il est préférable d'enlever le manteau ou non, et on regarde avec amour chaque personne qui apparaît dans le hall d'entrée au cas où elle serait notre recruteur.

Et enfin.

 

Le calvaire acte I prend fin, en commence un second : celui des questions.

 

 

359/365 Which way to go?

stuartpilbrow, CC BY SA 2.0

 

 

Il n'y a pas de vérité absolue, bien sûr ; et il y a autant de types d'entretiens qu'il y a de recruteurs. Mais quels sont les principaux critères qui pèseront dans la balance en faveur du candidat ? Premièrement, un bon recruteur laisse le candidat parler de lui et de ses compétences, afin d'évaluer son potentiel et son aptitude à répondre aux exigences du poste à pourvoir. Qu'il s'agisse d'un entretien pour un stage ou pour un contrat plus long, la motivation et la capacité à travailler en équipe seront bien sûr des éléments déterminants. Les qualités relationnelles du candidat permettront au recruteur d'évaluer sa capacité à gérer l'autorité. Ne pas être agressif dans ses intonations, éviter le « moi je » et adopter une certaine « neutralité » dans la tenue vestimentaire seront indéniablement des atouts ; toutefois, l'essentiel est encore de rester soi-même et d'éviter d'incarner un personnage que l'on n'est pas, pour ne pas tomber dans le piège qui s'ouvre à nous : devenir celui que le recruteur recherche, quitte à s'oublier. Il faut donc trouver un juste équilibre et savoir mettre en avant ses atouts sans pour autant se « survendre » et montrer un visage qui n'est pas le nôtre. 

 

Le meilleur moyen de répondre aux attentes du recruteur est encore de se mettre à sa place et de se poser les bonnes questions : qu'attend-il du candidat ? Quelles sont les qualités requises pour un tel poste ? Pour cela, il est toujours préférable de connaître le contexte de l'entretien : en effet, un poste à pourvoir pour cause de départ à la retraite n'a rien à voir avec un poste à pourvoir pour cause de démission : dans le premier cas, un candidat « junior » sera plus facilement retenu puisque le futur retraité pourra le former avant son départ, tandis qu'une démission engendrera plutôt le recrutement d'une personne déjà expérimentée qui saura s'adapter sans avoir reçu de « formation » de son prédécesseur. Ces éléments seront essentiels pour cerner les enjeux de l'entretien et mettre en valeur ce qui nous différencie sans nous pénaliser.

 

 

Ce qu'il faut faire pour mettre toutes les chances de son côté en 5 questions

 

Au secours, je m'habille comment ?

De manière générale, il est préférable de rester classique : on évite le costume si l'on a pour habitude de mettre des jeans, et on évite les talons si l'on sort habituellement avec des Bensimon. L'essentiel réside dans la présentation et l'allure générale que l'on dégage au moment de l'entretien : une personne bien dans ses vêtements fera meilleure impression qu'une personne engoncée dans son tailleur acheté pour l'occasion, et des chaussures neuves peuvent – même si cela semble être un détail – indisposer le candidat qui sera plus focalisé sur ses futures ampoules que sur le déroulé de l'entretien. Et pour éviter les essayages multiples 1h avant le début de l'entretien, mieux vaut réfléchir la veille à ce que l'on va porter le jour J.

En résumé : on assume, on sourit, et le tour est joué.

 

Est-ce que je me maquille ? 

Rien n'interdit aux filles de dégainer mascara et fard à paupières, à condition d'être dans la juste mesure et de ne pas trop  en faire: un entretien, ce n'est pas un rencart, mais ce n'est pas non plus une visite chez le médecin. Les cernes ne seront pas plus un atout qu'un rouge à lèvres rouge passion.

En résumé : on se maquille avec modération, on sourit, et le tour est joué.

 

Est-ce que je peux venir avec une barbe de 3 jours ?

Si la barbe de 3 jours fait partie de la panoplie qui vous fait vous sentir bien dans votre peau, cela n'est pas un problème. En revanche, il ne faudrait pas non plus avoir l'air de sortir du lit et sembler négligé : la première impression est déterminante dans un entretien, et le déroulement aura tendance à l'infirmer ou la confirmer. Tout part d'elle, et il serait dommage de refléter un état d'esprit qui n'est habituellement pas le nôtre, simplement parce que l'on a eu du mal à se lever à l'heure…

En résumé : on met 3 réveils, on est pimpant, on sourit, et le tour est joué.

 

 

busy

Soigner son look, sans trop en faire

parker yo!, CC BY SA 2.0

 

 

Est-ce que le langage non-verbal est important ?

Il semblerait que le langage verbal soit retenu à 20% par le recruteur… Le calcul est simple pour déterminer l'importance du langage non-verbal : 80% de ce que vous faites, de vos gestes, de vos attitudes, de vos intonations, retiendront davantage l'attention du recruteur. Sans tomber dans la rigidité – de peur de commettre le geste fatal – il faut veiller à ne pas véhiculer une mauvaise image par le biais d'une attitude non contrôlée. Si l'on cherche à être crédible, le mieux est encore de rester spontané.

En résumé : on bouge sans gesticuler, on parle sans hurler, on n'oublie pas de sourire… Et on ne joue pas la comédie.

 

Je n'ai pas deux ans d'expérience, je ne suis pas bilingue suédois et le dernier diplôme que j'ai obtenu n'a pas vraiment été obtenu. Je peux pipeauter sur mon CV ? 

On se calme et on respire : un recruteur, lorsqu'il poste une annonce, décrit la personne idéale qu'il aimerait recruter. Or, il est très compliqué de correspondre parfaitement au profil décrit : on fait l'impasse sur le Suédois, ou on fait l'impasse sur les deux années d'expérience, et on tente tout de même sa chance. Mais faire abstraction d'un critère requis ne veut pas dire mentir sur son expérience… Il est préférable, une fois encore, d'être sincère et d'oser nous montrer tel que l'on est réellement : si le recruteur perçoit le début d'un mensonge dans nos propos, il est évident qu'il cherchera à tirer le fil jusqu'à remonter à l'origine du mensonge. Un diplôme non obtenu ? 

Un niveau de langues insuffisant ? Il cherchera à nous tester en direct, et il n'y a rien de pire que d'être pris en flagrant délit de mensonge. Si vous n'avez pas le diplôme requis, mettez en avant les qualités qui peuvent combler ce manque ; si votre niveau en langue suédoise est pauvre, mettez en avant vos atouts relationnels et votre sociabilité. Encore une fois, il est important de comprendre l'annonce et de détecter les critères non négociables de ceux qui peuvent l'être. Ensuite, un défaut peut devenir une qualité, à condition de savoir prendre du recul et transformer ses points faibles en atouts.

En résumé : on est malins, on travaille sur ses failles avant l'entretien, et on en ressort grandi.

  

Ces conseils ne sont bien sûr que des éléments de réponse que notre propre expérience de candidats a permis de mettre en lumière, et ils sont bien entendu non-exhaustifs. On peut évidemment rajouter à cette liste le feeling entre le recruteur et le candidat, chose qui ne se prépare absolument pas et qui peut faire ou défaire le succès d'un entretien. Pour cela, il n'y a pas de recettes miracles et le mieux est encore de se laisser porter par son instinct, de faire preuve de dynamisme et d'avoir une démarche sincère. Finalement, les entretiens les plus réussis sont indéniablement ceux dont on ressort en se disant « Le courant est bien passé, je me suis senti à l'aise ». Vous savez ce qu'il vous reste à faire…

 

Bonne semaine à tous et à la semaine prochaine !