Scantrad : les teams répondent à la politique de Kazé

Clément Solym - 09.05.2011

Reportage - team - scantrad - reponse


Il y a quelques jours, l'éditeur français de manga, Kazé a donné son avis dans nos colonnes sur la question épineuse du scantrad. Pour Kazé, il est actuellement plus pertinent d'éduquer que de réprimer. L'éditeur va donc lancer une grande campagne de communication.

Il va notamment ajouter dans ses manga des messages de remerciement à tous les acteurs de la chaîne du livre (y compris les lecteurs) et rappeler que le scantrad est illégal. (Notre actualité). En outre, Kazé a évoqué avec nous diverses solutions qui pourraient être mises en place dans le cadre d'une offre légale. (Notre actualité). Parmi celles-ci, il a évoqué la possibilité, sous certaines conditions, de travailler avec des teams de scantrad.

Nous sommes entrés en contact avec des team de scantrad, afin de comprendre plus précisément pourquoi des amateurs de manga se réunissent en team, traduisent et diffusent des oeuvres de façon illégale. Les personnes que nous avons contactées ont aussi souhaité s'exprimer sur les initiatives de Kazé et la possibilité de trouver un consensus légal. Voici, le texte qu'elles nous ont transmis :

Pourquoi faire du scantrad alors que c'est illégal ?


Tout d'abord, le scantrad et le fansub de séries non licenciées n'ont pas pour but d'empiéter sur le marché français.
En tant que fans, nous avons à cœur de faire découvrir certains manga à un maximum de personnes et c'est l'une des raisons principales qui a fait fleurir la traduction amateur sur le web.
Concernant cette pratique, on retrouve en général deux camps bien distincts. D'un côté les maisons d'édition se confortent dans la légalité, de l'autre, certains trouvent une alternative à l'unilatéralité de l'offre légale.

Il convient de faire la différence entre ce qui est autorisé par la loi et ce qui est légitime.

Si les consommateurs de scantrad et de fansub sont légions aujourd'hui c'est, en partie, parce que les maisons d'édition ne se sont pas montrées capables de répondre aux attentes du public, pas forcément en terme de choix mais en terme de service. D'une offre légale et payante, on est en droit de s'attendre à une excellente qualité.
Même si cela dépend des séries et des éditeurs, il n'est pas rare d'acheter un manga et de s'apercevoir que le papier est de mauvaise qualité, que la traduction est bancale, qu'il y a des excès de francisation, voir même, qu'il y a des fautes d'orthographe, de la censure ou que les dernières pages ne sont, en réalité, que de la pub...
Quant aux DVDs ou aux simulcasts, dont la qualité de l'image laisse parfois a désirer, on peut citer la police des sous-titres pas toujours adéquate, l'absence de karaoké et des erreurs de timing qui rendent la lecture indigeste.

Pour finir, il faut poser le problème du prix. Conscients que ce soit plus cher que dans le pays d'origine du fait des travaux supplémentaires et que cet argent permet d'investir, ça n'en reste pas moins cher pour la plupart des clients. On trouve des coffrets de séries intégrales à 30 euros et des DVDs simples avec trois ou quatre épisodes à 25 euros. Des différences de prix si énormes sont inexplicables.

Il serait bon d'améliorer l'offre légale permettant de contredire définitivement les paragraphes précédents, quel que soit le manga ou l'animé vendu. Il est utopique de croire que chacun se tournerait alors vers cette offre séduisante, mais en plus de donner définitivement tort à la distribution illégale de produits licenciés, elle réunirait sans doute de nouveaux adeptes contents de trouver un produit qui leur convient parfaitement.


Le « Code d'Honneur »

Le code d'honneur est plutôt simple même si certains peinent à le suivre, peut-être parce qu'il n'existe pas de consensus.

Dans un premier temps, il indique que le travail fourni doit respecter aussi fidèlement que possible l'œuvre originale. Toutefois, il arrive que des équipes bâclent leur besogne pour être les premiers à sortir ou qu'il y ait un manque d'expérience flagrant. Le résultat, pour le coup, est de piètre qualité. D'autres encore essaient de se tirer des bénéfices avec leur travail ou distribuent des séries licenciées. Tout ceci contribue à la mauvaise image de l'ensemble du système.

Par ailleurs, ce code d'honneur énonce aussi que l'on doit cesser toutes activités sur un manga une fois celui-ci disponible en France et de faire le maximum pour en supprimer toutes les sources.
Les équipes sérieuses dénoncent ces pratiques et encouragent à acheter les produits licenciés car nous savons pertinemment que cela est nécessaire pour que les mangaka puissent travailler et que les maisons d'édition fonctionnent. Nous sommes les premiers à souhaiter que le manga (et l'animation japonaise) prospère(nt).

L'initiative de Kazé


Le scantrad et le fansub faisant de plus en plus parler d'eux, il est nécessaire d'ouvrir le dialogue. Kazé fait un premier pas alors que personne ne l'avait jamais vraiment fait, ce qui constitue une bonne chose. On ne peut qu'espérer que l'on s'oriente vers un véritable débat, qui fera changer la situation et prendre conscience de bon nombre de choses aux deux parties.


Scantrad et fansub dans la légalité ?


Pour que tous respectent les lois il faut qu'elles aient été dictées dans l'intérêt de tous, au risque d'être inutiles.

Que les équipes sérieuses soient reconnues et mises en contact avec les maisons d'édition permettraient de continuer de profiter de la publicité qui est faite pour les oeuvres avant leur sortie.
Il ne faudrait cependant pas créer un contrôle sur ces équipes qui tiennent à une certaine liberté. On ne peut qu'espérer trouver une solution ou s'en rapprocher si un débat s'amorce. En termes de solutions, on pourrait évoquer un système de parution en ligne à prix réduit.

Pourquoi pas un soutien des éditeurs pour obtenir l'autorisation auprès des ayants droits de tester un manga en France par le biais du scantrad et s'ouvrir à un achat de licence complet si l'œuvre est très remarquée sur le web.

On peut citer l’initiative de Ken Akamatsu avec « J-Komi » et un système repris par « Airtist » proposant l’achat de musique par visionnage de publicités. De nombreuses perspectives ne demandent donc qu'à être posées sur la table.



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