Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

'Trouver un stage dans l'édition, un travail de longue haleine, souvent décourageant'

Association Effervescence - 29.04.2014

Reportage - stage en entreprise - étudiants - missions assignées


Chaque semaine, ActuaLitté, en partenariat avec l'association Effervescence, réunissant les étudiants et anciens élèves du master Édition et Audiovisuel de Paris-Sorbonne, vous donne rendez-vous : retrouvez dans les colonnes de notre magazine une chronique, réalisée par les étudiants de la formation, racontant la vie du master et de l'association. 

 

Cette semaine, nous vous racontons sans tabou la recherche difficile d'un stage dans une maison d'édition.

 

 

L'édition est une profession qui fonctionne énormément par réseau. En effet, seulement 8 000 personnes environ travaillent dans ce domaine. Par conséquent, tout le monde ou presque se connaît de près ou de loin. « Ne critique jamais un de tes collègues, car ce sera toujours l'ami d'un ami d'un autre collègue… Et tout se sait », disait une tutrice de stage à son étudiante stagiaire. 

 

Se constituer un réseau

 

Un monde fermé donc, dans lequel il est difficile d'entrer. Cela a ses inconvénients pour les étudiants, car il est ardu de trouver un stage de fin d'études pour qui n'a pas de connaissances dans ce milieu clos. Ils doivent donc vite apprendre à nouer des liens avec leurs tuteurs de stage, leurs camarades de promotion, leurs professeurs… Des liens qui s'établissent le plus souvent naturellement, grâce aux affinités intellectuelles qui peuvent exister entre personnes passionnées par leur métier. 

 

Le master 2 Édition de Paris-Sorbonne est séparé en deux semestres. Au cours du premier, les élèves assistent à des cours dispensés par des professionnels de l'édition. C'est l'occasion pour eux de rencontrer des gens issus de beaucoup de maisons d'édition différentes et de métiers différents au sein de ces maisons : directeurs marketing ou commerciaux, éditeurs de poche ou grand format, de fiction ou de livre pratique, chargés de communication ou de recrutement… D'autres professions sont également représentées comme celles de libraire, distributeur, développeur d'applications numériques, auteur ou encore imprimeur (la liste de tous les intervenants est disponible sur le site du master). À la fin de chaque cours, certains expriment leur intérêt – naissants ou de longue date – en échangeant leurs coordonnées avec le professeur en question, ou en prolongeant la discussion.

 

  

Heureusement, il est plus aisé pour les étudiants du master de briser la glace avec leurs intervenants.

 

Activer son réseau

 

Le deuxième semestre est consacré à un stage de fin d'études, qui doit durer de trois à six mois. Lorsqu'est venu pour les étudiants le temps de trouver ce stage, il est aussi temps d'activer ce réseau qu'ils se sont constitué. Les coordonnées échangées et les discussions prennent alors tout leur sens. Les CV passent de professeurs en collègues, de collègues en chargés de recrutement. Mais si ce réseau aide, il ne suffit pas. Certes, les intervenants auront vanté la formation dans laquelle ils enseignent. Cependant, les entretiens doivent être passés avec brio, car si les stagiaires sont le plus souvent payés 436,05 € par mois, ils n'en doivent pas moins être bons en rédaction et autonomes dans leur travail, compétents en informatique, avoir des notions de maquette, maîtriser le code typographique et, si possible, le catalogue de la maison sur le bout des doigts.

 

Certains élèves de la promotion Édition ont trouvé leur stage très tôt. D'autres, en revanche, ont mis plus de temps. En effet, si l'édition est déjà un milieu très fermé, certains domaines de l'édition le sont encore davantage. Il est par exemple moins facile de trouver un stage en littérature ou en jeunesse qu'en livre pratique. Malgré les réseaux de connaissances, la plupart n'ont donc pas échappé aux entretiens infructueux, aux recherches vaines et aux CV refusés. Trouver un stage dans l'édition reste un travail de longue haleine, souvent décourageant.

 

Cette difficile étape passée, les étudiants auront ensuite jusqu'en octobre prochain pour rédiger leur rapport de stage d'une trentaine de pages. Ce rapport doit non seulement présenter l'entreprise et les activités de l'étudiant, il doit également témoigner de la compréhension personnelle qu'en a eu le stagiaire.

 

Où chercher ?

 

Le site de l'Asfored est une excellente source d'offres de stages et d'emplois. Vous pouvez poster votre CV dans la section « Déposer un CV ». Beaucoup de chargés de recrutement se servent de la rubrique « Consulter les CV » pour dénicher un profil qui puisse les intéresser. D'ailleurs, certains étudiants du master ont été contactés et ont trouvé leur stage par ce biais.

 

  

Trouver le bon stage, c'est une question de flair.

 

Dans la section « Offres de stage », la plupart des maisons postent leurs offres et détaillent les missions qui seront assignées. Cependant, il faut admettre que souvent les annonces y sont déposées en dernier lieu, après le recrutement en interne et le recours aux réseaux de connaissance des éditeurs. Les offres de CDD sont les plus concernées par ce procédé (rares sont les opportunités de CDI autres qu'internes dans l'édition).

 

Pour avoir connaissance d'offres de stage de première main, proposées directement par les maisons, vous pouvez suivre notre page Facebook. Nous y postons les offres de stages et de CDD dès que nous les recevons. Notre réseau de professeurs et d'intervenants professionnels pourra ainsi vous être utile, à vous aussi !

 

 

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