Un livre Un vin : des otaries en Luberon, la revanche

Clément Solym - 03.10.2009

Reportage - otaries - luberon - revanche


Fidèle à son rendez-vous sympathique et sabbatique, la chronique Un livre Un vin pointe le bout de son nez : cette semaine encore, notre partenaire caviste L'oenolimit a su réaliser une association sidérante en mariant les plaisirs d'un ouvrage à ceux d'un vin. Et cette semaine, il nous propose de revenir sur le livre de Vincent Wackenheim, La revanche des otaries.

Une sombre histoire d'arche avec un Noé otarophile, jouet du destin et des querelles entre Diable et Dieu, avec au beau milieu de sa traversée, l'apparition soudaine de deux DinoZores : « Sauver la création, d'accord, mais celle qui a déjà disparu, faut-il la ressusciter ? » Un sacré bordel qui règne alors sur l'arche dont Noé perd complètement le contrôle.


Pourquoi ne pas s'abriter alors dans la quiétude d'un château sur une petite hauteur, histoire de prendre de la distance ? Mais garder l'aspect profusion avec un vin qui soit un assemblage de cépage un peu exotique ? L'oenolimit nous propose alors de découvrir, dans la région du Lubéron, la cuvée Bastide, issue du domaine de la Verrerie.

Assemblage de grenache, de syrah et de mourvèdre pour des notes épicées et un roman qui ne manque pas de piquant, la cuvée Bastide présente un volume d'alcool de 13,5 % qui en fait un produit "chaud", à l'image parfaite de l'ambiance autant que la cacophonie qui règnent sur le navire. Et pour rendre plus encore l'atmosphère chaotique de l'arche, le vin sa subir plusieurs pigeages, cette opération consiste à mélanger le marc dans le moût pour lui donner plus d'arôme, de couleur et de tanin.

Depuis le terroir caouilteux argilo-calcaire, aux planches de l'arche rongées par la rivalité et les conflits d'intérêts autant que les colloques stériles et la bêtise ambiante, on se souviendra que la traversée va être longue avant de trouver la terre qui sauvera l'arche du Déluge. Et grande la solitude...

Bien que moins tannique que le premier vin, elle offrira cette petite sensation de dessèchement liée à l'astringence qui rappellera sans peine la déconfiture dans laquelle se retrouve plongé notre pauvre Noé. Qui a plusieurs reprises doit avoir la bouche bien sèche...


Le rouge de sa robe abrite alors en bouche des fruits comme la cerise, la framboise, le cassis ou le pruneau, qui n'éclipse pas les sensations animales - avec des parfums de musc ou de cuir - que l'on peut retrouver. Et vu la ménagerie que se trimballe notre capitaine de navire, on comprendra encore mieux les liens qui unissent le livre au vin.

« Ce sont les épices qui prédominent cependant, avec de la canelle, du poivre fin, et qui font tout le côté savoureux de cet ensemble de qui pro quo qui agitent le livre », précise L'oenolimit. « Après, la cuvée Bastide garde en bouche une finale très belle, longue et vraiment généreuse, un plaisir que l'on partagerait volontiers avec notre malheureux Noé pour lui redonner un peu de courage. »