Un livre, un vin : La Rame épouse Beigbeder et L'amour dure trois ans

Clément Solym - 09.11.2008

Reportage - livre - vin - amour


Nous vous l’avions promis, pour cette rentrée, les nouvelles rubriques vont fleurir. Et les plus inédites, pour vous proposer toujours plus de plaisir avec des lectures nouvelles. Pour sortir de l’ordinaire, il nous fallait donc regarder autour et dans les livres ce qui pouvait créer des passerelles inexplorées encore.

L'Oenolimit et ActuaLitté vous font boire des livres

Et si le vin peut accompagner un plat et l’enrichir de saveurs superbes, pourquoi ne pas profiter de quelques belles pages en dégustant un verre* ? Nous avons donc décidé de tenter un mariage fou et pourtant lié, celui du vin et des livres. Chaque mois, nous vous proposerons ainsi d’associer un ouvrage à un crû, d’ici ou d’ailleurs.


Beigbeder est-il un moelleux ?

Notre partenaire dans cette entreprise est le caviste L'Oenolimit, situé dans la belle région bordelaise. Dans une concertation mutuelle, partant du choix de l’un ou des propositions de l’autre, nous avons tenté de savoir avec quoi accorder les pages d’un livre sulfureux, L’amour dure trois ans, de Fréderic Beigbeder.

Racontant comment un homme vit une séparation et livrant une analyse de la relation amoureuse particulièrement sombre, le livre est aujourd’hui plus que connu. Et pour se joindre à lui, L'Oenolimit a déniché une AOC Sainte-Croix du Mont, Château La Rame, millésime 2004.

Aimer plus ou n'aimer plus ?

« Avec le temps, on n’aime plus. », affirme notre narrateur, ce qui nous conduit directement à un liquoreux qui contient 180 grammes de sucre par litre. Tout comme le livre, il peut induire un sentiment d’écœurement à en boire trop, mais garde pourtant un petit je-ne-sais-quoi qui invite à y revenir, à poursuivre sa lecture et son verre.

Non sans ironie, on se souviendra que les blancs moelleux sont typiquement des vins romantiques, voire des vins de couple, une notion que le livre de Frédéric ne manque pas d’écorcher sauvagement. On les retrouve aussi sans difficulté durant les grandes occasions, comme le rituel foie gras du de Noël ou du Premier de l'an qui l'accompagne traditionnellement. Une ironie d'autant plus cinglante que le narrateur passe, lui, sa Saint Sylvestre, seul. Triste coïncidence...

Des robes légères et du temps au temps...

Visuellement, c’est la robe légère du vin qui appellera immédiatement le regard. Des larmes grasses coulent le long du verre. Au nez, c’est le pain d’épices qui domine, puis de subtiles notes grillées s’ajoutent, des saveurs toastées et beurrées, comme les odeurs d’un petit déjeuner durant les premiers mois d’une vie à deux. En bouche, on découvrira une certaine longueur – qui dure bien moins de trois ans en revanche – un bouquet floral qui se termine sur des notes d’abricot séché.


Enfin, de par son millésime encore jeune, il faut l’aérer longuement avant de l’apprécier, pour finalement trouver ce que l’on chercher depuis le début de sa relation. Ne serait-ce pas la finalité de ‘L’amour dure trois ans’, que de se rendre compte que l’on met toujours du temps avant de trouver ce que l’on cherche vraiment ? Après tout, « au premier mariage, on chercher la perfection, au second, la vérité ».

Une nouvelle lecture à déguster donc.


*Avec modération, cela va sans dire. Il s’agit de rester en état de lire.

Retrouvez L'amour dure trois ans, sur Place des libraires



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