Un livre Un vin : Le Torus met L'eau à la bouche (Anne Bert)

Clément Solym - 12.09.2009

Reportage - torus - eau - bouche


L'eau à la bouche : avec un tel titre, on salive déjà, et nous allons tenter de vous mettre en appétit avec notre chronique Un livre Un vin qui saura se marier idéalement à ces nouvelles aux délices charnels exquis. Certes, on ne le mettra pas entre toutes les mains, mais ce que notre partenaire L'oenolimit a prévu pour cette fois ne devrait pas détonner.

Partons donc à la rencontre d'un Madiran, et plus particulièrement le Torus, cuvée 2007. Un vin qui incarne un véritable tour de force, sous la main d'Alain Brumont, lequel a su transformer une brute en ouvrage docile et raffiné. Ce qui frappe tout particulièrement dans l'ouvrage d'Anne Bert qui tourne tout en délicatesse des thèmes qui font rougir, avec des textes qui donnent envie de croquer dedans à pleines dents.


Le Torus évoque également quelque chose de puissant et charnu, mais il associe également une certaine douceur, et se montre même séducteur, plutôt chatoyant. Probalement ses notes de fruits noirs, que ce soit cassis ou mûres n'y sont pas étrangères. Son nez sera explosif, de par cette complicité, les arômes se livrant un beau duel aux abords de nos narines. Une entrée en matière déjà excitante, que l'on retrouve dans cette complicité entre le lecteur et l'auteure, qui partagent des scènes intimes ensemble. Et plutôt coquines.

L'attaque du vin ressemble d'ailleurs à celle de l'ouvrage, souple d'abord, pour nous faire plonger dans une grande richesse, très tannique. On croirait alors à un vin un peu bourru, tout comme le sujet ne se prêterait qu'à faire sourire d'un clin d'oeil entendu le lecteur qui en découvre la quatrième de couverture. Mais il n'en est rien. Car une fois en bouche, il exhale quelque chose d'excitant, par ses aspects charnus et ronds.


L'ensemble est vieilli 12 mois en cuve bois, pour arrondir les angles de cette force qui va, un passage de médiation obligatoire pour donner toute la force du vin. Torus, c'est un taureau de corrida, une brute, une machine à tuer, Alain Brumont, qui le travaille, incarne le matador à même de le transformer en une danseuse étoile. Une belle image pour coller plus encore au texte de L'eau à la bouche qui nous entraîne dans un univers de sexualité tout à la fois puissant et doux. Un rêve éveillé, empreint de sensualité qui stimule les sens, tout ce que propose ce Madiran, avec une note partagée de poésie...