Iggybook : une boîte à outils marketing pour tous les auteurs

Nicolas Gary - 16.03.2015

Tests - promotion livres auteurs - autopublication écriture - internet marketing ebook


Depuis quelques semaines, un nouveau service lancé en version bêta a fait son apparition sur internet. Iggybook est une plateforme de marketing digital, consacrée aux auteurs, indépendants ou non. Le projet affiche plusieurs outils et solutions de commercialisation, permettant aux écrivains d'occuper un certain espace sur la Toile. Et d'entrer en contact plus efficacement peut-être avec les lecteurs. 

 

 

 

« Notre proposition concerne autant les auteurs autopubliés que les écrivains traditionnels », nous précise Nicolas Francannet, l'un des présidents fondateurs de Storylab, la société qui porte et développe Iggybook. À cette heure, seule l'offre gratuite est exposée, mais, sous quelques jours, la version payante sera également accessible (proposée entre 10 et 15 € mensuels selon le mode de règlement choisi).

 

« Tout le pan gratuit sera ouvert à tous », nous précise François Gerber, ancien responsable d'iBooks France. « Il s'agit de l'ensemble des outils qui permettent de concrétiser la promotion des auteurs, avec une présentation très personnalisée de l'écrivain, de son œuvre, des personnages. » 

 

En effet, la première étape, une fois son compte ouvert, est de présenter un profil complet – qui sera connecté aux divers réseaux sociaux de l'utilisateur, avec quelques éléments graphiques de personnalisation. L'interface est complète : « Elle répond aux attentes des auteurs que nous avons sollicités, pour comprendre de quels éléments ils se serviraient. » 

 

 

 

 

Ce profil n'entre pas en conflit : il complète les instruments déjà disponibles sur la Toile. « Sauf que Facebook n'est pas conçu pour les auteurs spécifiquement, et qu'un blog Wordpress est technologiquement inadapté. » Le profil d'Iggybook permet d'ajouter des livres de son cru, avec une gestion spécifique des métadonnées, des descriptions brèves et longues, l'adjonction de mots-clefs, de la couverture. Le tout dans un back-office en responsive design, qui permet de passer par une tablette pour travailler.

 

Juste de quoi centraliser les informations essentielles, avec des possibilités de vente directe pour les auteurs indépendants, ou de renvois vers une multitude de canaux de vente pour les auteurs sous contrat. Démonstration du parcours de création.  

 

En soi, le modèle ne manquera pas de rappeler celui du Canadien Smashwords, une plateforme de distribution pour le numérique réunissant auteurs indépendants et micro-maisons. « Leur plus grand avantage est de mettre les titres en vente sur toutes les plateformes : ils disposent finalement d'assez peu d'outils. » Iggybook, a contrario, aligne les arguments : newsletter, services de presse numériques, ou encore mise en relation directe avec les lecteurs, pour que l'auteur puisse créer son propre listing de contacts. 

 

« Tout cela se déroule dans la plus totale transparence : les ventes sont enregistrées et exposées en temps réel », souligne Nicolas Franconnet. « Il existe peu de solutions francophones qui tienne la route, pour l'autopublication en numérique. » 

 

Concrètement, la formule payante proposera plusieurs outils simples :

 

•  création ebook en ligne, avec génération de fichiers sans besoins de compétences techniques

•  outils de vente et de mise en relation avec le client : vente en direct, permettant de conserver jusqu'à 100 % des revenus – et d'entretenir le contact avec les lecteurs (prévenir d'une publication prochaine, newsletter, etc.)

•  accès aux services IggyBook Studio – qui font entrer l'auteur dans une phase de professionnalisation

 

Fournir le plus d'outils possible : à l'auteur de choisir

 

Ces services studio, explique François Gerber, sont par ailleurs encadrés par l'équipe de Storylab. « Cette maison a cinq années de publication derrière elle. Nous ne pouvions pas nous appuyer sur des études françaises, mais aux États-Unis, les auteurs affirment qu'ils sont disposés à payer jusqu'à 1500 $ pour avoir une couverture professionnelle, une campagne de lancement, une relecture effectuée par un spécialiste et un accompagnement. »

 

Avec Iggybook, une relecture de 150.000 signes, avec quatrième de couverture, une couverture évoluée et quelques éléments graphiques de bannières coûteront moins de 800 €. Il est bien entendu possible d'ajouter des vidéos, des créations de fichiers enrichis ou encore une traduction de l'œuvre. « Financièrement, nous avons calculé les coûts au plus près, avec à l'esprit de monter le plus d'offres possible, pour répondre à un maximum de demandes. »

 

 

 

Et cette démarche explique également que l'auteur puisse accéder à 100 % des revenus liés à la vente de son livre. « C'est une démarche de professionnalisation, qui aura un coût. Il est normal que l'auteur qui s'engage bénéficie de l'intégralité des revenus. Et nous avons perçu un réel enthousiasme auprès de l'ensemble des acteurs que nous avons rencontrés. »

 

Auteurs, qui se sentent abandonnés par leur éditeur, sur la promotion... mais également éditeurs. « Nous avons fait le choix d'être distribués par Eden Livres [solution numérique montée par Flammarion, Seuil et Gallimard]. À ce titre, les livres d'auteurs indépendants seront vendus aux côtés de ceux d'auteurs classiques. Mais les éditeurs ont manifesté un réel intérêt. »

 

Ainsi, Iggybook a mis en place une gestion multi-comptes auteurs, simultanée. « Certains auteurs veulent se consacrer exclusivement à l'écriture, et dans le cas de petites maisons, et d'autres plus grandes, nous aurons une offre à leur soumettre. » De quoi envisager que, si Iggybook se monte avec les auteurs, la société s'ouvrira aussi aux maisons d'édition. 

 

Un marché plus mature, toujours en proie au snobisme

 

« Notre intention n'est certainement pas de dévaloriser le travail des éditeurs. Il faut simplement prendre en compte qu'en France, l'éditeur est la star. C'est son nom, sa maison. Au contraire, aux États-Unis, les auteurs sont les stars, à qui on déroule des tapis rouges. »

 

Au fil du temps, une solution d'impression à la demande sera mise en place – « nous avons rencontré les prestataires, et ouvrirons ce service en avril ». Bien entendu, Iggybook s'attend à essuyer les critiques, « le snobisme anti-autopublication, qui peut venir d'éditeurs, autant que d'auteurs. La fracture est assez importante. L'une des plus agréables surprises, c'est que nous sommes globalement bien, ou très bien reçus, partout : voilà deux ou trois ans, cela aurait été compliqué, mais le marché est plus mature aujourd'hui. Et les éditeurs savent qu'ils peuvent également dénicher de véritables talents. »

 

L'approche d'Iggybook a, à tout le moins, su intriguer la Société des Gens de Lettres. « Parce que le nouveau contrat d'édition le leur permet, nous verrons certainement un plus grand nombre d'auteurs reprendre leurs droits. Il ne s'agit pas de faire croire à 60 millions de personnes qu'elles deviendront des auteurs à succès, mais nous avons, parmi toutes les offres numériques de ce secteur, trouvé un ensemble des services très adaptés », nous précise Geoffroy Pelletier, directeur de la SGDL.

 

Le Syndicat national de l'édition a même invité la société pour ses Assises du numérique, qui se tiendront le 19 mars, au Salon du livre de Paris.