La Petite Mort : la Faucheuse a toujours le dernier mort

Nicolas Gary - 05.11.2019

Tests - Petite Mort - Davy Mourier - Faucheuse professionnelle


JEU STRATÉGIE – Personne de sensé n’a pu oublier la merveilleuse saga morbido-drolatico-noire de Davy Mourier. La Petite mort, cette bande dessinée parue dès 2013 raconte l’aventure d’une Faucheuse au sein de sa famille, avec Papa et Maman Mort. Depuis, le projet s’est décliné, et un jeu de société en a découlé. Que l’on a essayé, évidemment.

Petite Mort

 
Attention, attention, les amateurs de bière en auront pour leur argent — moins pour leur houblon. La mission de Petite Mort dans les bandes dessinées de Davy consister à faucher correctement. Prendre une vie n’est pas de tout repos ni à la portée du premier venu. D’autant que Davy l’a récemment rappelé : Dieu est un sale con.
 

Triste Chrys (de la quart) anthème


Dans son adaptation ludique — 2 à 4 joueurs — le principe ne varie pas : vous incarnez une Petite Mort qui doit passer son Diplôme de Fauche. Et pour ce faire, il faudra affûter vos armes, vous équiper de patience et d’un brin de stratégie. 

Au commencement était le Verbe, pas question de déroger : les joueurs vont donc choisir le Diplôme qu’ils souhaitent passer. Sur ce dernier, en forme de cercueil, évidemment, plusieurs épreuves à accomplir pour l’emporter.

On commence donc par tirer 3 cartes personnages — dont les dessins ne manqueront pas de rapidement évoquer de grandes figures de l’Histoire. Petite déception, ça manque tout de même de femmes. L’objectif sera d’accompagner ces créatures au cours de leur vie, jusqu’à leur dernier souffle, pour cumuler des points et remplir les objectifs. 

Petite Mort
 

Pour leur mener la vie un peu dur (ou pas), les personnages seront dotés de “caractères” : il s’agit de handicaps ou d’avantages, qui marqueront autant d’étapes dans leur existence. Et charge à vous, pour en profiter pleinement, d’inventer l’histoire qui explique l’arrivée de cet événement. C’est d’ailleurs en partie là que se trame le jeu : la narration et les âneries que l’on peut y glisser.
 

Caveau canem !


Enfin, tout faucheur vit aux dépens de celui qui vit : il faudra donc disposer de cartes Fauche, pour interrompre l’existence des personnages des autres joueurs — ou les vôtres, si cela sert vos intérêts. Quelques subtilités s’ajoutent, pour donner un peu plus de piment aux pissenlits que vous vous apprêtez à faire manger par la racine — pas de bonne salade sans un assaisonnement décent. 

Les séquences sont assez rapides, il faut le reconnaître, si l’on ne joue pas le jeu de ces histoires pour détailler ses personnages. On commence par poser les 3 cartes persos sur la table, puis l’on ajoute 2 caractères — ces fameux incidents — puis, on cherche avec ses cartes Fauches qui l’on va bien pouvoir trucider.

Pour ce faire, il faut que les capacités de Fauche — genre, spécialisée dans les AVC et les Cancers — se retrouvent sur les personnages, et leurs caractères. Attention : l’humour noir devient INDISPENSABLE pour s’amuser, sinon, le risque de plonger dans la sinistrose ira croissant.

Chaque tour permet de se rapprocher des objectifs du Diplôme et bien entendu, le premier joueur à les avoir accumulés l’emporte. Attention, faucher n'est pas toujours l'option la plus intéressante, de même que laisser vivre trop longtemps ses personnages peut s'avérer contre-productif. Faut doser...

Petite Mort
 
 

Stèle loving you (Scorpions)


Alors, soyons sincères : l’univers de jeu — les cartes, les personnages, les accessoires, les pions, les règles, et la boîte même sont pour 90 % dans le coup de cœur que l’on a eu. Tout est pensé avec intelligence et humour, vraiment, les références aux protagonistes de Davy Mourier ne manquent pas. Et ça, ça valait bien que l’on s’y essaye.

Le déroulé des parties, en revanche, peut rapidement prendre des accents de jeu d’échecs, si l’on stratégise un peu trop — ou que l’on s’enferme dans la stricte obtention du Diplôme. Raison pour laquelle François Bachelart, qui a réalisé le jeu — avec les illustrations de Davy (Rhââ Lovely !) offre cette possibilité d’introduire de la narration et un peu de fun.

Petite Mort

 
Pour autant, les règles absorbées, on joue de façon fluide et dynamique : les yeux se révulsent, façon l’exorciste, avant d’aller frapper dans le camp adverse et d’un coup de Faux, enrichir son propre cimetière de décédés bienvenus. Tout cela est plaisant, et fonctionne bien : le pot de houmous et le verre de vin rouge sont optionnels, mais pour autant d’excellente compagnie.

La Petite mort conviendra à des joueurs un peu expérimentés — il faut un certain “sens” du jeu pour en profiter pleinement — et moins peut-être à des débutants. Mais la valeur n’attend pas le nombre des damnés pas plus que l’on ne savourera autant de faire passer de vie à trépas la jolie collection de personnages qui nous sont proposés…

Recommandable, même pour l’apéro ! (à partir de 25 €)

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photos : ActuaLitté, CC BY SA 2.0


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