Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

On a testé les maquettes en papier de Glénat Jeunesse et 404 Éditions

Antoine Oury - 31.05.2017

Tests - paper toys Glénat Jeunesse - Pikachu 404 Éditions - papiers découpés livre


L'édition grand public a plus ou moins délaissé le segment des cahiers de coloriages, qui s'essouffle petit à petit. En conséquence, il est désormais plus que temps de trouver son successeur, au rayon « livres activités », qui ne demande pas trop de matériel et un temps d'occupation maximal, doublé d'un faible coût éditorial pour les maisons. Voici les maquettes en papier, à monter soi-même, avec des exemples pris chez Glénat Jeunesse et 404 Éditions.

 
Pikachu en papier - 404 Éditions
Ne vous fiez pas à sa petite tête sournoise... 
(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)
 
 

Il y a d’un côté les éternels Lego, succès indémodable des magasins de jouets, et de l’autre les jeux vidéo Minecraft, qui proposent aux joueurs de bâtir un univers virtuel à la hauteur de leur imagination. Deux jeux de construction, physique et virtuel, qui ont semble-t-il fait renouer les jeunes générations avec la construction comme objectif ludique. 

 

Mais autant le dire franchement : c’est surtout une grosse appréhension qui nous guettait au vu de ces cahiers d’activités à découper puis à reconstruire avec du volume. Certes, la perspective d’avoir une petite faucheuse en papier sur le coin du bureau fait envie, mais la perspective de se scalper à force de s’arracher les cheveux un peu moins.

 

On commence néanmoins par les deux livres Glénat Jeunesse (Glénat Créatif Kids pour être précis, une collection chez Glénat BD), consacrés aux Chiens et aux Monstres. Les illustrations, signées Alexander Smith pour le premier et Iain Burke pour le second, sont sympathiques, ni trop niaises ni trop effrayantes, avec ce qu’il y a de côté loufoque.
 

Créations en papier Glénat Jeunesse/PaperMade

Un toutou du cahier Glénat Jeunesse (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

Première surprise : aucun mode d'emploi ni notice dans ces ouvrages Glénat, réalisés en partenariat avec la marque PaperMade, mais une indication pour aller sur le site de cette dernière et trouver les planches. Heureusement, nul besoin de notice tant le montage se fait facilement, pratiquement les yeux fermés. Certains personnages, notamment chez les Monstres, sont plus ardus que d'autres, mais cela reste très intuitif. 

 

Le tout se fait à base de numéros, sans ciseaux ni colle, et de languettes, parfois un peu trop fragiles — mais il n'y a pas de raison de démonter les réalisations, a priori, d'autant plus que le risque d'erreur est faible.

 

Bref, l'effet est au rendez-vous et le montage ne prend pas plus de 10 minutes. Si bien que... c'est presque trop simple.

 

Transpercé par la licorne, grillé par Pikachu

 

Côté 404 Éditions, voilà des maquettes bien plus ambitieuses en termes de dimension, avec un Pikachu de 30 centimètres de haut et une tête de licorne façon trophée de chasse (mais sans violence). Là aussi, aucun mode d'emploi, si ce n'est quelques photos de taille réduite qui, franchement, ne sont pas très utiles. Si ce choix n'avait pas trop de conséquences pour les petites figurines Glénat Jeunesse, il est un peu plus problématique ici, même si les numéros, encore une fois, indiquent où et que coller.

 

La déception, c'est que certains numéros... sont mal imprimés. Certes, on retrouve assez rapidement le montage correct, mais une erreur pareille se pardonne difficilement dans une maquette en papier. C'est un peu comme si un chapitre était mal placé dans un roman, quoi.

 

À la plus grande surprise de notre cobaye, les premières minutes du montage se passent sans problème, et, bientôt, une tête de Pikachu un peu dérangeante trône sur son bureau. Il déchantera vite, notamment lorsqu'il s'agira de relier le corps à la tête citée précédemment. Forcément, le personnage étant de papier et d'angles bien marqués, donner une forme ronde relève de la gageure...

 

Après plusieurs heures de lutte (sur celles de bureau, hein), le cobaye souffle pour mieux s'étouffer à la vue de petites pattes trop mignonnes à assembler... Sans aucune prise pour serrer les deux parties à coller, cette fois. Bref, c'est la galère.
 

Pikachu en papier (404 Éditions)

Le pire moment de la vie de notre cobaye (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)
 

 

Une fois la bestiole assemblée, il faut reconnaître que le tout a de la gueule, et qu'on ne s'est pas moqué au niveau des dimensions.

 

Et puis, on s'approche... Et c'est plutôt moche, en fait. Déjà, mais c'est la forme qui veut ça, Pikachu est un peu trop... pointu. Avec tous ces angles, le degré de mignonnitude descend en flèche, c'est indéniable. Idem pour les pattes supérieures de la bestiole : elles sont plutôt énormes pour un Pokémon que l'on a plutôt envie de serrer dans ses bras.

 

Enfin, les pointillés qui indiquent la pliure à effectuer sont... à l'extérieur de la maquette, ce qui donne l'impression que Pika-Pika a enfilé un filet de courses avant d'aller se battre. 

 

N'oublions pas de mentionner les jours entre les différentes pièces, qui sont dus, mettons, à moitié au manque d'adresse du constructeur et à moitié aux découpes parfois très approximatives des pièces dans le cahier. 

 

Pour faire ce Pikachu, il faudra quand même compter 4 bonnes heures, en laissant bien sécher les pièces entre elles, parfois, pour ne pas risquer la crise d'épilepsie lorsque Pikachu tombera en morceaux. 404 Éditions, généreusement, propose une Pokéball avec Pikachu, mais, sincèrement, la vue de tous ces angles à coller pour faire une sphère nous a facilement rebutés.

 

Quant à la licorne, la personne qui s'en est chargée ne veut pas témoigner. La construction lui aurait pris pas moins de 8 heures, et, comble de la cruauté, la corne de la bête fournie avait moins de classe qu'un âne sous un arc-en-ciel...