Pour les fêtes, vous adopteriez plutôt un gnou ou un dragon ?

Nicolas Gary - 12.12.2016

Tests - comment j'ai adopté un gnou - jeu société histoire - raconter aventures dés


Comment j’ai adopté un gnou et sa version mise à jour, Comment j’ai adopté un dragon, sont deux jeux édités par Le droit de perdre. Des thèmes, quelques dés à lancer, et voici les joueurs lancés dans le récit d’une histoire folle, ponctuée par les coups du sort. 

 

 

 

La rédaction n’a pas l’air, comme ça, mais elle adore les bêtes. Surtout les grosses bêtes à poil, ou les légendaires bêtes à cornes qui crachent du feu. L’idée de recueillir un gnou et un dragon enchantait donc tout le monde – au point qu’on leur avait déjà trouvé de charmants petits noms. 

 

Le principe de chacun est facile à comprendre : deux dés de couleur bleu clair vont indiquer un numéro 5 et 2 peuvent donner 25 ou 52. On se réfère alors au thème de l’un ou de l’autre – en l’occurrence, Le pique-nique infernal ou J’ai un chien qui parle. 

 

Le joueur devra ensuite disposer devant lui les 6 dés de la couleur la plus claire – jaune – à la plus foncée – bleu nuit – et se laisser guider dans l’histoire pour raconter à son rythme comment s’est déroulé son pique-nique infernal. Sur chaque face des dés se trouvent des connecteurs qui vont donner un revirement, une accélération ou impliquer de détailler un peu plus le récit. Drôle. Déjà très drôle en soi.

 

Et comme toute bonne histoire se finit par une conclusion, le joueur achèvera son délire avant d’être noté par ses condisciples... en lançant un dé. « Un Coup de dés Jamais N’abolira le Hasard », avait écrit Mallarmé, à raison. Parce que les autres joueurs, s’ils trouvent que le résultat est inférieur à la prestation, peuvent proposer d’ajouter un second dé... 

 

Sauf que Vladimir Propp le confirmerait, dans toute histoire, il faut quelques repères et bases essentielles, comme l’élément perturbateur – ou élément déclencheur pour les élèves de lettres qui nous lisent. Ce dernier est incarné par le vil dé NOIR (comme son âme) qui permettra, jusqu’à trois fois au cours du récit, d’interrompre le Conteur pour l’obliger à développer un élément de son histoire. 

 

 

 

Et c’est là que les ennuis commencent vraiment, rapidement suivis par les fous rires. De la situation de départ à la résolution jusqu’à la situation finale, les péripéties que l’on va narrer seront totalement guidées par les coups de dés, qui agissent comme autant d’épreuves à traverser. Le tout avec des thématiques farfelues comme :

 

J’ai offert un tapis volant à mes parents

J’ai passé une nuit en apesanteur

Tu sais ce que j’ai trouvé dans un nem

Pourquoi je ne prends qu’une douche tous les six mois

Il y a un génie dans ma cafetière (devenue la préférée de l’équipe...)

 

Comment dire... Quelle que soit la bestiole que l’on se décide à adopter, les deux jeux impliquent d’avoir des amis un peu imaginatifs, sinon portés par un goût prononcé pour les histoires. Il est aussi possible de jouer de façon totalement minimaliste, avec un peu d’autodérision, cela donne de grandes choses – voyez les romans et le théâtre de Samuel Beckett...

 

 

 

La différence majeure entre le Gnou et le Dragon, c’est l’introduction d’un nouveau dé, de couleur blanche, qui va apporter un nouveau revirement, que le Conteur doit intégrer de lui-même, avant la fin de son récit. Les thèmes ont également été revus et corrigés pour plus de fun encore, à savoir : 

 

Comment j’ai aménagé mon igloo

Voyage au pays gouverné par des enfants

Georges, le chevalier timide

J’ai des dons de guérisseurs 

Oh, le joli champignon rose

 

Bref, il ne fait aucun doute qu’Yves Hirschfeld et Fabien Bleuze, les deux hommes à l’origine de ces produits, sont de grands malades. Et que tenter de les guérir serait une perte pour l’histoire du ludisme en général. 

 

Ces outils d’adoption, bien plus rapide à mettre en œuvre qu’une demande officielle (hmm...), encouragent l’imagination et stimulent le cortex, lequel est destiné à flotter dans des liquides euphorisants ces prochaines semaines. Foncez, aucune hésitation, Comment j’ai adopté un Gnou/Dragon sont de vrais jeux pour curieux et grands enfants. Compter 3 à 6 joueurs, entre 8 et 88 ans, et un prix autour de 15 €.

 

D’ailleurs, je vous ai jamais dit comment je me suis fait virer de l’école des magiciens ?