Test de la Kobo Aura One : service standard, prix de luxe

Antoine Oury - 30.08.2016

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La rentrée est là, et Kobo en profite pour proposer deux nouveaux appareils de lecture, la Kobo Aura One et la Kobo Aura Edition 2, qu'il présentera d'ailleurs au public lors du Forum Fnac Livres, début septembre. Si la machine semble solide et efficace en tant qu'appareil de lecture, son prix est définitivement trop élevé, surtout en regard des fonctionnalités limitées et des finitions un peu grossières.

 

Kobo Aura One

Le Kobo Aura One (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Kobo est un des vaillants petits soldats de la lecture numérique, parmi les challengers les plus convaincants d'Amazon : au fil des années, le revendeur s'est fait un nom et une certaine expertise, sans disposer des moyens de la firme de Jeff Bezos, malgré un rachat par Rakuten, le géant japonais. La gamme Kobo Aura a été inaugurée en 2013, et comprend notamment l'Aura H2O, étanche, ou l'Aura HD.

 

La nouvelle version de luxe est cette fois la Kobo Aura One, avec un écran de 7,8 pouces de 300 dpi, contre la Kobo Aura Edition 2, à l'écran plus petit et dénué de haute définition. Évidemment, l'une est plus chère que l'autre, et pas qu'un peu : la Kobo Aura One coûtera 229 €, contre 119 € pour la Kobo Aura Edition 2. Et à ce titre, le prix est le principal défaut du lecteur ebook, avant même d'aborder ses performances.

 

Kobo Aura One

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

En effet, difficile de voir ce qui justifie un prix aussi élevé : Bookeen propose un appareil 8 pouces — avec une résolution 2 fois moins importante, cela dit — pour un prix moins élevé. Tout dépend évidemment du réglage de la police, mais l'affichage du texte peut correspondre peu ou prou à un grand format standard. Le confort est optimal, bien sûr, mais la « version poche », la Kobo Aura Edition 2, pourrait séduire plus facilement les lecteurs ne rencontrant pas de problèmes de vue.

 

D'ailleurs, nous n'avons pas encore pu mettre la main sur la Kobo Aura Edition 2, impossible donc de les comparer, si ce n'est sur la taille.

 

Kobo Aura One

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

À l'allumage du lecteur (environ 11 secondes, avec peu de fichiers dessus, mais le mode veille propose un allumage quasi instantané), on retrouve l'interface familière de Kobo, qui a évolué petit à petit, mais ne présente pas ici d'important changement. 

 

C'est d'ailleurs ce qui déçoit le plus, après le prix : l'absence d'innovations. Certes, les lecteurs de livres numériques renouvellent peu leurs appareils, mais un habitué retrouvera un terrain un peu trop connu. L'avantage, c'est que le système Kobo fonctionne parfaitement : on ajoute très aisément des fichiers à la Kobo Aura One depuis son ordinateur, et les achats dans la boutique sont limpides, comme la connexion au WiFi.

 

La boutique propose évidemment toutes les fonctions habituelles, des recommandations en fonction des lectures (difficile de juger de leur qualité au départ, avec peu d'ouvrages lus) aux différentes catégories et top 50. L'affichage de certaines catégories ou de certains détails en anglais (« Top 50 Books », « Chapter 1 » dans les livres) est assez risible — avec un prix supérieur à 200 €, on est en droit d'attendre un produit irréprochable sur les finitions.

 

Kobo Aura One

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Après plusieurs minutes de lecture, on se rend compte que la machine est un peu trop lourde, même si la prise en main est aisée. L'affichage est à peu près entièrement personnalisable, ce qui garantit un confort de lecture assez poussé, et l'appareil réagit bien pour passer d'une page à l'autre. On remarquera assez rapidement l'absence de démarcation entre l'écran et le corps de l'appareil, ce qui semble plutôt une bonne nouvelle : la poussière avait tendance à se loger dans cet espace, ce qui conduisait parfois l'affichage à se figer.

 

L'appareil apparaît donc compact et solide (il a résisté à Rock en Seine, sans une égratignure) et seul le bouton d'alimentation bleu jure un peu. Le micro USB, à la base de l'appareil, n'est pas protégé (il vaudra mieux donc éviter de faire tomber la machine dans l'eau, malgré l'étanchéité). Le rechargement complet de la batterie a demandé environ 100 minutes sur le secteur, et elle semble assez endurante. Toutefois, le réglage de la luminosité de l'écran peut être automatique, et ce dernier s'allume assez souvent dans ce cas, ce qui peut prématurément épuiser la batterie. Si l'on se sert souvent de l'appareil, mieux vaut passer en mode manuel pour la luminosité.

 

Kobo Aura One

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

On regrette la disparition de certaines fonctionnalités sympathiques, comme la présence de jeux : solitaire, échecs, sudoku, des divertissements simples, mais qui pouvait sauver de l'ennui en voyage, lorsque la lecture fait un peu mal à la tête. On note toutefois la présence d'une application OverDrive (propriété de Rakuten), pour éventuellement emprunter des livres en bibliothèque, mais l'opérateur n'est pas encore actif en France.

 

Crédits musique : Professor Kliq, CC BY SA

 

 

Le navigateur web est toujours présent, au sein des fonctionnalités expérimentales : et pour cause, Internet sur un lecteur ebook, c'est vraiment l'enfer. Patience et maîtrise de soi seront vos meilleurs alliés si vous vous retrouvez obligé d'utiliser votre lecteur ebook pour aller sur le web... Il suffit d'ouvrir une page pour se rendre compte de l'écart persistant entre la lecture sur le web, une activité que nous pratiquons tous quotidiennement, et l'outil censé incarner la lecture numérique... 

 

Kobo Aura One

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Heureusement, Kobo propose une alternative plutôt honnête avec Pocket, un petit logiciel tiers installé sur la Kobo Aura One : après un ajout sur son smartphone ou son ordinateur, Pocket permet de sauvegarder des articles pour les lire a posteriori sur son lecteur ebook. La conversion est plutôt efficace, et conserve les liens cliquables : si l'appareil est connecté au WiFi, il sera possible de conserver les pages web en lien, en arrière-plan. Bien sûr, les contenus multimédia sont à proscrire, mais la solution est convaincante, et ne demande que peu de manipulations, si ce n'est la création d'un compte Pocket.

 

Kobo Aura One

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

La machine de Kobo est solide, fiable, et coche toutes les cases du cahier des charges. Mais, pour peu que vous ayez déjà approché l'expérience de la lecture numérique, elle vous ennuiera terriblement, avec une absence criante d'innovations et d'audace. Sans oublier les petits détails mal fignolés, comme un dictionnaire incapable de fournir la définition d'un verbe lorsque celui-ci est conjugué à l'imparfait dans le texte. Pour les lecteurs, d'accord, mais pas trop regardants.