Test : Le Kobo Glo, lecteur ebook brillant mais un peu raide

Clément Solym - 22.10.2012

Tests - Kobo Glo - lecteur ebook - KEPUB


Dans le marché de plus en plus investi de la lecture numérique, Kobo a su se faire une place : il vient même de conduire Amazon à une légère accélération dans le planning de ses sorties, en témoigne la sortie, à un mois d'intervalle seulement par rapport aux États-Unis, du Kindle Paperwhite. Lui aussi équipé d'un écran illuminé, le Kobo Glo rend la lecture extrêmement confortable. Son utilisation, un peu moins.

 

La plupart de vos livres pourraient bientôt peser 185 grammes. Osant le blanc et la couleur (bleu, violet, rose, vert...) le Kobo Glo échappe aux côtés cheap (le Sony PRS-T2 rouge flashy) ou affligé (le Kindle monochrome) qui font la loi des appareils sur le marché. L'encre électronique est nette, l'écran contrasté et la lecture facilitée. L'écran "rétroéclairé" respecte les yeux aux heures indues, tandis que l'ossature robuste de la machine lui autorise tous les voyages (de la baignoire au métro, au fond du sac à dos, la machine de test est intacte).

  

Kobo ? Il y a de la lecture sur la ligne

 

Comme appareil de lecture, le Kobo Glo s'avère plutôt conciliant : 7 polices, 3 paramètres réglables à volonté (taille, épaisseur et finesse, non ce n'est pas la même chose), et une bonne réserve dans le ventre. Sur les 2 Go extensibles jusqu'à 32, 1,2 Go est alloué à la bibliothèque, soit 1200 livres. Adaptable aux gauchers comme aux droitiers, l'écran du lecteur réagit vite et bien, pour peu que l'on saisisse bien l'interface tout en icônes de Kobo et que l'on fasse mouche à chaque pression (les gros doigts vont pester).

 

 

 

 

La maîtrise de l'appui long donne par exemple directement accès à la prise de notes : une fois ces raccourcis intégrés, recherche dans le dictionnaire (très complet), annotations et soulignements s'enchaînent sans problème.

 

La lecture sur Kobo peut emmener jusque très tard dans la nuit, grâce à la technologie intégrée qui permet d'illuminer l'écran Pearl 6 d'excellente qualité. La luminosité, qu'il est possible de régler à l'envi, permettra à la fonctionnalité d'impressionner à peu près tous les yeux.

 

 

 

 

Sur un exemplaire du Sermon sur la chute de Rome, acheté via la Fnac, la mise en page n'était toutefois pas exempte de défauts, avec des titres de partie se retrouvant en bas de page. Par ailleurs, le Kobo a la malchance de montrer son plus grand défaut dès le démarrage : des temps de chargement décourageants, y compris lorsqu'il s'agit d'ouvrir un livre. Du côté des formats, il faudra se contenter d'(K)EPUB et de PDF, et, dans une certaine mesure, de quelques formats supplémentaires.

 

Pas très dilettante

 

Du côté des autres fonctionnalités (« pas prises en charge officiellement » précise bizarrement le Kobo), le lecteur ebook assure le minimum. Si le sudoku, le jeu d'échec et le carnet de croquis (dessins au format PNG) assurent la besogne, l'absence de traitement de texte pour des notes occasionnelles se remarque.

 

Pour visionner celles rédigées pendant la lecture, il sera impératif de passer par le logiciel Kobo, qui donne également l'occasion de les associer aisément à un compte. 

 

 

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L'absence de prise jack et de haut-parleurs ne fait pas honneur au « Lire librement » de Kobo : tandis qu'elle roule des mécaniques avec la lecture dans le noir, la machine interdit l'accès aux audiolivres et autres fichiers musicaux. Le navigateur est condamné aux lectures rapides et à l'architecture épurée du type Wikipédia, ce qui n'est pas plus mal.

 

Les frictions, au sortir de la fiction

 

C'est au moment de refermer le livre qu'apparaissent les rappels à la réalité : Kobo est désormais le principal concurrent d'Amazon, lui menant la vie dure sur plusieurs marchés. Et l'influence du concurrent se fait sensible lorsque l'on observe un peu l'intérieur de la machine : si les formats EPUB, PDF et autres se chargent directement à la racine, un dossier "kepub" (quelle prononciation ?) est chargé d'accueillir les achats réalisés sur la Fnac. Le magasin culturel ne se renflouera pas grâce à la lecture numérique : le procédé, réalisé via le logiciel Kobo Desktop, s'avère fastidieux. Le soft, téléchargeable depuis la Fnac ou le site officiel, est tout sauf intuitif, bien trop lourd à démarrer.

 

Avec une telle rigidité, mieux vaut choisir son livre la veille, pour ne pas être en retard au boulot : l'achat par WiFi se révèle un peu plus direct, mais ralenti par l'interface du lecteur, peu réactive lorsque l'on quitte le texte en lui-même. Régulièrement, il faudra rappeler des adresses e-mail et des mots de passe, et se garder de prêter son reader, à mois de ne pas avoir peur de perdre sa page : en se connectant, un autre utilisateur synchronisera automatiquement sa bibliothèque, mais mettra du désordre dans vos propres étagères.

 

Probablement accaparé par des fonctionnalités pas vraiment indispensables, comme Reading Life (amusant, mais probablement superflu pour la majorité des lecteurs) ou encore un onglet « Découvrir » plutôt mal foutu (entièrement consacré à des SAS mis en vitrine pour la rédaction...), le Kobo Glo est extrêmement lent au démarrage, et impose trop souvent la vision des logos des marques respectives, la Fnac s'octroyant l'écran de veille, irrémédiablement.