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Ahmet Altan : le PEN Club français enjoint la Turquie à protéger la liberté d’expression

Auteur invité - 22.02.2018

Tribune - Ahmet Altan - Turquie liberté expression - PEN Club Français


La condamnation à la prison à perpétuité de l'écrivain Ahmet Altan, en Turquie, a choqué la communauté internationale. Y compris Françoise Nyssen, ministre de la Culture. Malgré l'accueil de Recep Tayyip Erdoğan, président turc, en France en janvier dernier, les conditions de l'exercice de la liberté d'expression en Turquie restent difficiles. Nous reproduisons ci-dessous la tribune du PEN Club français qui en appelle à la mobilisation.




Ayant pour vocation la défense des libertés d’expression et de création, le PEN Club français intervient contre toutes les formes de censure et apporte son soutien aux écrivains persécutés à travers le monde.

 

À travers des centres dans plus d’une centaine de pays, le PEN Club opère sur les cinq continents. L’organisation n’a pas d’affiliation politique et dispose d’un statut consultatif spécial auprès de l’ONU et d’association auprès de l’UNESCO.

 

Fondé en 1921 en France, le Pen Club français a été présidé notamment par Anatole France, Paul Valéry, Jules Romains, Jean Schlumberger, André Chamson, Pierre Emmanuel, ou encore Georges-Emmanuel Clancier.

 

Le PEN Club français a appris avec beaucoup d’émotion la condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité du romancier et journaliste turc, Ahmet Altan.

 

Esprit critique et engagé, Ahmet Altan a été arrêté le 10 septembre 2016, avec son frère, le journaliste Mehmet Altan, accusés d’avoir participé au putsch manqué de juillet 2016. Incarcéré et inculpé « d’appartenance à une organisation terroriste » et de « tentative de renversement de la République de Turquie », il a été reconnu coupable et condamné à la réclusion criminelle à perpétuité le 16 février 2016.

 

Connu pour ses articles en faveur de la démocratie, Ahmet Altan est l’un des journalistes les plus renommés de Turquie. Lauréat du prix Hrant Dink de la Paix, son œuvre de romancier a par ailleurs connu un grand succès en Turquie, comme à l’international. Deux de ses romans ont été traduits en français et publiés chez Actes Sud : Comme une blessure de sabre en 2000 et L’Amour au temps des révoltes en 2008.

 

Force est de constater qu’aujourd’hui, la Turquie et devenue le plus grand geôlier de journalistes et d’écrivains dans le monde. Quelque 150 écrivains et journalistes sont derrière les barreaux et plus de 170 organes de presse ont été fermés par décret présidentiel dans le cadre de l’état d’urgence instauré après la tentative de coup d’État du 15 juillet 2016.

 

Depuis 2016, le PEN Club français s’est tenu aux côtés de celles et ceux qui défendent pacifiquement la liberté d’expression en Turquie et milite constamment pour soutenir les nombreux écrivains menacés par la dérive autoritaire du pouvoir.

 

Emmanuel Pierrat, Président du PEN Club français, a déjà œuvré à la libération de quatre intellectuels turcs qui ont pu être accueillis en France. Sylvestre Clancier, Président d’honneur du PEN Club, s’est quant à lui rendu à Istanbul, sur l’invitation du PEN turc, de son président Tarik Gunersel et de l’Institut Culturel français dirigée par Bérénice Gulman. Il s’agissait de soutenir les écrivains turcs dans la défense de leurs libertés à l’occasion de la journée mondiale de la poésie. Malick Diarra et Philippe Pujas, Vice-Présidents de l’association, ont porté la parole du PEN à la Sorbonne pour défendre le directeur et les journalistes du dernier et principal journal d’opposition, Cumeyriet, incarcérés par le régime despotique qui s’est mis en place en Turquie. De la même façon, Cécile Oumhani s’est rendue auprès de la mère d’Asli Erdogan pour lui manifester le soutien actif du PEN à sa fille Asli et ses amis emprisonnés de façon arbitraire dans des conditions particulièrement difficiles dans les prisons turques. Fort heureusement, Asli Erdogan a pu ensuite être libérée, même si elle demeure dans l’attente de l’issue de son procès qui devrait reprendre le 10 mars prochain.

 

La libération de ces intellectuels n’efface pas la longue liste d’écrivains condamnés que vient rejoindre Ahmet Altan. Comme pour ce dernier, Le PEN Club apporte son soutien à Murat Sabuncu, Turhan Günay, Kadri Gürsel, Mahir Kanaat, Ömer Çelik et Tunca Ögreten et ne restera pas silencieux face à la répression qu’ils subissent. Tous ont été accusés d’avoir participé au putsch manqué de juillet 2016, alors qu’ils ne faisaient que dénoncer pacifiquement, depuis parfois plusieurs décennies, toutes les atteintes du pouvoir à la démocratie.

 

Condamnation d'Ahmet Altan : Actes Sud et Asli Erdoğan
appellent à la solidarité


Le PEN Club français enjoint la Turquie de respecter ses obligations constitutionnelles de protéger la liberté d’expression et de garantir le respect des Droits de l’Homme. Il rappelle que la Turquie, membre du Conseil de l’Europe, est signataire de la Convention européenne des droits de l’homme et doit, de ce fait, permettre aux écrivains et journalistes d'écrire, parler, critiquer et protester sans crainte de représailles ou d’emprisonnement abusif. Aussi, pour que personne n’oublie que la liberté d’expression se vit et se défend au quotidien, le PEN Club français vous invite à signer la pétition lancée sur Change.org à l’initiative des éditions Actes Sud pour la libération d’Ahmet Altan.




Commentaires

Allant à la découverte de ce site, au demeurant très intéressant, je tombe sur ce titre et mon sang ne fait qu'un tour !

Car comment comprendre qu'un site sur le livre et la littérature se fourvoie à ce point en affichant dans un titre une regrettable faute de français qui envahit aujourd'hui nos médias ? En français, on "enjoint" quelque chose À quelqu'un !
Les mauvais usages auront eu raison de notre bonne volonté.

Merci pour ce signalement !
Ce qui ne retire rien à la force de l'article, bien sûr : merci ! Je viens de mettre votre site dans mes favoris, afin de penser à venir le consulter souvent grin.
Mille remerciements !! A très bientôt !
"Le Pen club français enjoint à la liberté d'expression la Turquie" est-ce de cette façon qu'il eut fallu écrire le titre ? auquel cas votre remarque ressemble un peu à l'exercice de Monsieur Jourdain faisant de la prose : "Belle marquise vos beaux yeux me font mourir d'amour", d'amour, belle marquise, vos beaux yeux me font" etc, etc, ? question

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