Angoulême : ne pas confondre partenaires publics et "vaches à lait"

La rédaction - 15.10.2015

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La mairie d’Angoulême avait fait sensation hier, annonçant à quelques mois du Festival de la BD, que sa participation au financement pourrait être revue à la baisse, de 10 à 50 %. Bien entendu, la ville va tenter de pallier la baisse des dotations de l’État, et tenter de réaliser des économies dans son budget global. Donc, cette mesure qui ne touche pas le Festival exclusivement : bien d’autres opérations et acteurs de la vie publique seront également concernés. L’association qui a fondé le festival, et la société privée qui l’organise ont manqué de s’étrangler, estimant que pareil retournement n’était pas admissible. 

 

Xavier Bonnefont, maire Les Républicains d’Angoulême vient de faire paraître une réponse, sous forme de lettre ouverte, qui ne laisse planer aucun doute : c’est encore la mairie qui décide comment les dépenses publiques s’opèrent, et surtout, qui fait respecter les usagers et procédures pour l’obtention de subvention, selon les règles... 

 

Xavier Bonnefont, maire d'Angoulême

 

 

Bientôt novembre...

 

Depuis plusieurs années, c’est le mois choisi par l’Association FIBD et la société 9ème Art+ pour créer une polémique. Force est de constater que l’automne 2015 n’échappera pas à une nouvelle crise orchestrée par un maître en la matière Franck Bondoux qui s’est trouvé, cette fois-ci, une nouvelle alliée en la personne de Delphine Groux.

 

Quelle mouche a encore piqué les organisateurs du festival à quelques mois de sa 43e édition ?

 

Ils reprochent à la Ville « d’envoyer un signal trop tardif » quant à une éventuelle baisse de subvention et « qu’aucune alerte en ce sens n’a été faite ».

 

Faux ! Par un courrier, en date du 30 avril 2015, j’ai appelé formellement de mes vœux qu’une concertation ait lieu entre les différents financeurs publics sur la pérennité de nos engagements. « Anticiper ça fait partie de la gestion », nous dit Franck Bondoux. Nous sommes bien là au cœur d’une stratégie d’anticipation et de bonne gestion. Je m’étonne et m’inquiète que l’association n’ait pas eu connaissance de ma démarche par son seul prestataire Franck Bondoux.

 

Il n’en reste pas moins vrai, comme je l’ai déjà affirmé, que la Ville sera facilitatrice pour l’organisation du festival 2016. Encore, faudrait-il qu’une demande de subvention nous soit déposée, ce qui n’est pas le cas à 3 mois de l’événement et que la date limite de dépôt des demandes de subvention est largement dépassée.

 

La société 9ème Art+ considère-t-elle que les subventions sont renouvelées, chaque année, par tacite reconduction ? Qu’une attribution de subvention peut être effectuée sans présentation d’un projet et d’un budget ?

 

Tout ce que nous savons aujourd’hui c’est que 9ème Art + a la volonté d’augmenter le prix des entrées du Festival puisque Franck Bondoux l’a annoncé lors du Conseil d’Administration de l’association le 1er octobre dernier. Il a, également, pour cette année, décidé de ne pas investir le Vaisseau Moëbius, qu’il considère « pourri » alors qu’habituellement, il ne dispose pas d’assez de lieux. Y aura-t-il moins d’expositions en 2016 ? Une édition au rabais se prépare-t-elle ? En tant que premier financeur, cela m’inquiète et je suis en droit de m’interroger.

 

Je tiens à réaffirmer ma méthode quant à l’attribution des subventions destinées, par nature, à soutenir des initiatives privées. Je souhaite la plus grande transparence et un contrôle a posteriori et a priori de l’usage des fonds publics. C’est un exercice auquel se prêtent les principales structures culturelles de la Ville, comme nos principaux partenaires qui l’ont trouvé respectueuse, engageante et constructive.

 

Face à la baisse des dotations de l’État, il me paraît indispensable que chaque structure municipale, mais aussi que les partenaires de la Ville prennent conscience des réalités financières que sont les nôtres pour participer, si possible, à l’effort collectif. C’est à la fois un exercice de pédagogie, de concertation, dans le but d’un partenariat constructif.

 

Contester une telle démarche, comme le font Madame Groux et Monsieur Bondoux, revient à considérer que les financeurs publics ne sont plus des partenaires, mais bien « des vaches à lait ».

 

 

BIENTOT NOVEMBRE...Depuis plusieurs années, c'est le mois choisi par l'Association FIBD et la société 9ème Art+ pour...

Posted by Xavier Bonnefont on mercredi 14 octobre 2015