Appel collectif des bibliothèques contre la capitalisation des retraites

Nicolas Gary - 23.12.2019

Tribune - appel bibliothèques lutte - grève France retraite - mouvement social République


EXCLUSIF – Les personnels de bibliothèques s’étaient déjà fédérés en appelant à un mouvement de grève, pour rejoindre le mouvement social en cours et l’opposition à la réforme des retraites. Un appel communiqué à ActuaLitté, réunissant les voix collégiales des personnels de la BPI, de la BnF, des bibliothèques territoriales ainsi qu’universitaires enfonce le clou. 

Si Hercule y est parvenu avec le taureau de Crête... - pixabay licence

 
Cet appel collectif se veut porté par tous les établissements et proposé à tous. « Il est important, primordial que ce travail collectif soit communiqué à chacune et chacun, parce qu’il énonce les valeurs fondamentales de nos métiers. »

Il est ici diffusé dans son intégralité, à l’attention de « l’ensemble des collègues des bibliothèques de France ».


 

Appel des personnels des bibliothèques en lutte !


Nous, personnes travaillant en bibliothèque, quels que soient notre tutelle, notre statut et le lieu où nous exerçons notre métier, sommes mobilisées depuis le 5 décembre contre la contre-réforme des retraites par points : en grève, en manifestation, en action aux côtés de la RATP, de la SNCF, du personnel de l’éducation, et des nombreux autres secteurs professionnels unis pour une société solidaire.

En 1944, le Conseil national de la Résistance, afin de répondre aux exigences sociales et fort de son analyse sur la montée de l’extrême-droite en Europe, a fondé son programme sur un système de protection sociale (sécurité sociale et retraites) destiné à assurer des conditions de vie dignes à toute la population, grâce à une solidarité directe. 

C’est ainsi que l’argent destiné aux retraites et cotisé par chacun selon ses moyens est redistribué directement aux personnes retraitées sans passer par l’épargne privée individuelle.
 

Pas une réforme, un bouleversement


Le projet actuel de modification de ce système ne constitue pas une « réforme » au sens d’un ajustement du dispositif, mais une remise en cause complète du mode de financement des retraites, qui devrait désormais reposer en grande partie sur l’épargne privée (la « capitalisation »).
 
En effet, le système conduirait mécaniquement à une baisse du montant des pensions, notamment car :
 
• Le montant des pensions ne sera plus calculé sur les meilleures périodes, mais sur l’ensemble de la carrière.
• La valeur des « points » qui seront achetés ne sera pas garantie dans le temps et pourra être « gelée » (comme le point d’indice actuellement) ou diminuée (en Suède, le point de retraite a perdu 10 % de sa valeur en 10 ans).
• Dès 2027, toute la population devra travailler au minimum jusqu’à 64 ans pour ne pas subir un malus qui baissera de 10 % le montant des allocations de retraite.
 

Pour espérer toucher une pension permettant de finir décemment sa vie, tout le monde sera incité à cotiser de façon individuelle (et non plus collective) à des « fonds de pension ».

À quoi se mesure donc le niveau de « développement » d’un pays si ce n’est à sa capacité de garantir sa cohésion sociale par la solidarité ? C’est pour défendre l’extension à toutes et tous d’un système solidaire, et non un nivellement par le bas, que nous sommes en grève et manifestation. 


entre le marteau et l'enclume ! - pixabay licence

 
Car il y a suffisamment d’argent disponible pour assurer le bon fonctionnement d’un système de retraite par répartition amélioré. Travaillant dans des bibliothèques, nous accompagnons tous les jours sur le terrain des publics variés et notamment des personnes touchées par la précarité. 
 

Une pierre de plus pour détruire l'édifice


Notre mission de service public s’avère de plus en plus difficile à exercer dans de bonnes conditions, faute de moyens adéquats. En effet, les différentes politiques que nous subissons depuis des années (suppression de postes, emplois précaires, externalisation, course aux indicateurs, travail le dimanche et en soirée...) dégradent nos conditions de travail, détruisent le sens de nos métiers et donc nos actions envers nos usagères et usagers. Cette réforme vient s’ajouter à ces difficultés croissantes.

Nous avons pleinement conscience de l’importance de notre métier envers les personnes pour qui nous agissons au quotidien.

C’est pourquoi nous appelons les personnels des bibliothèques à renforcer la mobilisation partout en France dès à présent, à se réunir dans leurs bibliothèques pour s’informer et débattre du contenu de la contre-réforme, à faire grève, y compris de manière reconductible là où c’est possible, à contribuer aux caisses de solidarité, à participer aux assemblées générales et à toute action ou manifestation pour l’abandon de la réforme des retraites du gouvernement. 

Plus que jamais il est temps de s’organiser, s’entraider et lutter pour une société juste et solidaire et un service public de qualité.


Pour signer cet appel, contacter : collectif352.55@gmail.com 



Ndlr : notons que l'association 352.55 (dont la référence Dewey n'échappera à personne) sert ici d'interlocuteur pour collecter les demandes de signatures ou d'informations, mais n'est pas à l'origine de cet appel.


Commentaires
Il est faux de dire que cet appel est "porté par tous les établissements". Il est le fait d'un certain nombre d'agents, non des institutions, et même pas de tout le personnel ou de sa majorité.



Le titre est donc abusif, c'est de la propagande.
C'est toujours amusant de voir un unique internaute laisser des commentaires rageurs et politiquement orientés pro-gouvernement pour accuser un site d'information de faire de la "propagande", au mépris du sens réel de ce mot consultable dans un dictionnaire. Après les cars Macron, les trolls Macron ?
Cher Aleph... La critique sous pseudo relève de vilains petits trolls aigris.

Saches que l'appel a été adopté par voté lors d'AG dans les différents établissements signataire. Le simple fait que tu prennes de ton temps pour vomir ta bile me réjouis.

Joyeux Noël cher Aleph et je te souhaite une bonne retraite par répartition et non gérée par des fonds de pensions...
Vous n'avez donc rien compris : une AG ne représente que les présents, pas tout le personnel (les grévistes ne sont pas forcément majoritaires), et ce n'est pas encore la même chose que l'établissement en tant qu'institution (vote di-u conseil d'administration, par exemple). Ainsi dire "les bibliothèques" est abusifs, tout comme "le personnel des bibliothèques" : il faut dire "une partie du personnel de nombreuses bibs".



En particulier, le titre méconnaît le fait que des agents de ces établissements pensent possiblement autrement.



Il essaie donc de forcer le sens des mots (qui vous échappe), c'est bien de la propagande.



Mais ici, ce n'est pas si rare qu'on doive s'en émouvoir.
Les mots ayant justement un sens, vos commentaires relèvent, quant à eux, de l'exagération la plus trollesque. Autant demander à chaque évocation d'un représentant élu de mentionner aussi tous les gens qui n'ont pas voté pour lui ou qui ne se sont pas déplacés le jour du vote. Une AG a une légitimité, que vous le vouliez ou non.

Accessoirement, l'écart de sens dans le titre est assez mineur, et l'audience du présent site assez restreinte, pour que parler de "propagande" à propos d'un tel choix de mots soit exagéré et, d'ailleurs, assez ridicule...
Il est certain que vouloir qu'on appelle les choses correctement est exagéré ici.



Il est encore patent que les abus de langage qui tendent à forcer une interprétation, et ne sont jamais rectifiés, révèlent une intolérance que vos propres messages traduisent encore. Mais il est également clair que vous n'en avez pas conscience.
Vous devez arriver bien vite à court d'arguments pour vous mettre à jouer les psychanalystes et prétendre déceler des choses dont les gens "n'ont pas conscience". L'inconscient est une mauvais excuse. Moins de psychanalyse de comptoir, plus de réponses argumentées !
Cher Aleph vous semblez très attaché à la mise au point et à la précision... mais je ne vois pas votre pseudo sous les pages de présentations d'organes de presse qui diffusent la bonne parole libérale économique vantant l'importance de réformer les retraites, allant régulièrement jusqu'à diffuser sans aucun contrôle la parole gouvernementale (LCI, BFMTV, RMC, CNews...) tronquant des chiffres, et diffusant de fausses informations. Votre combat pour la vérité s'il est louable semble très circonscrit... Je m'étonne de la limite de votre action ? Serait-elle orientée ?
Un bon titre, sincère, et cohérent avec le corps de l'article, pourrait être : "des bibliothécaires appellent leurs collègues à travers tout le pays à s'unir aux protestations contre la réforme des retraites".



Comme manifestement, les problèmes que pose le titre qu'on lit actuellement, je propose un exemple : supposons que des salariés d'une grande enseigne de distribution ne veulent pas déménager d'Orléans Nord à Orléans Ouest. un titre mauvais serait : "Amazon appelle à refuser d'aller à l'Ouest". Vous liriez l'article et comprendriez que le refus n'est pas une position officielle de l'établissement, puis si le sujet vous intéresse, vous vous demanderiez combien de salariés ont manifesté leur refus de changer de lieu de travail, et combien au total étaient concernés, ce sont exprimés, etc. alors seulement vous auriez une petite idée de la situation décrite. Mais jamais vous ne retiendrez le titre "Amazon appelle à refuser d'aller à l'Ouest" comme justifié. il vous paraîtrait forcément biaisé, et les approximations successives qui présente pour proposer un raccourci sans rapport avec la réalité ne vous paraîtraient pas anodins.



Dans ces conditions, et après plusieurs messages de votre part, j'ai bien raison de dire que vous n'avez pas conscience que vos positions sont problématiques.



En particulier, insister pour que les termes coïncident avec ce qui est décrit n'est pas vraiment interprétable. C'est l'écart avec la réalité qui lui, est étonnant. Le biais, a fortiori quand il se remarque partout dans ces pages, est bien signe d'une volonté de forcer l'effet chez le lecteur, et reçoit le nom de propagande. Que celle-ci soit confidentielle en fait une propagande lamentable, mais une propagande tout de même.
Cher troll, en tant que bibliothécaire je sais bien qu'il y a des comme toi dans nos équipes comme partout dans la société. Une absence à une AG est, déjà, une prise de position. Car si on fait des AG c'est pour dédommager la hiérarchie de responsabilités dans son devoir et réserve.



Donc oui, une AG, outil naturel et inévitable de la démocratie (donc inhérent à la nature des bibliothèques si jamais tu lisais une de nos chartes) représente, même par omission, l'établissement.



Tes détournements du sujet de 3 fois rien font plus peine qu'autre chose.



Et enlève ce pseudo, M. Cortazar serait bien moins poli que nous avec toi.
Aleph ou pas Aleph - je préfère pas Aleph - cet appel est superbe, parfaitement écrit, juste et parfaitement argumenté. J'y adhère et regrette de, n'étant pas bibliothécaire, ne pouvoir le signer.
Je n'ai rien dit contre l'appel lui-même.
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