Auteurs, éditeurs : et si les bon(nes redditions de) comptes faisaient les bonnes relations ?

Auteur invité - 06.01.2020

Tribune - reddition comptes - relations auteurs éditeurs - vente livres comptes


En matière de négociations autour de la reddition de comptes, les échanges entre éditeurs et écrivains ressemblent à une voiture perdue en plein désert, avec le réservoir vide : au point mort. Parce que 2020 sera l’année de la BD en France, et que les auteurs auront impérativement à y jouer un rôle crucial, cette question ne manquera pas de revenir. 



 
Reddition de comptes, mais qu’est-ce ? Simple : au cours de la durée du contrat, l’éditeur doit remettre à l’auteur un document faisant état de plusieurs informations. Le nombre d’exemplaires en cours, ceux stockés, les exemplaires vendus et ceux détruits ou hors droits. Dans le cas des livres numériques, les ventes unitaires et suivant d’autres types de commercialisation doivent également être signalés.

À ce titre, Florence Hinckel, chartiste et autrice jeunesse, signe une lettre ouverte à l’intention des maisons d’édition pour améliorer les pratiques en la matière. Elle est ici reproduite avec la bénédiction de l'autrice.

 

Chères éditrices et chers éditeurs,


Arrivez-vous à suivre ce qui nous arrive du point de vue social-fiscal, à nous auteurs et autrices ? On ne peut pas vous en vouloir d’avoir du mal, c’est si complexe ! Mais en ce qui concerne nos relations auteur·ices/éditeur·ices, ce qui est le plus urgent à comprendre c’est que désormais nos cotisations sociales, tout comme nos impôts depuis l’an dernier, quand on déclare en BNC (et on est nombreuses et nombreux dans ce cas), nous sont prélevées sous forme d’acomptes trimestriels « contemporains » calculés à partir de ce que nous estimons que nous allons gagner durant l’année à venir.
 
Cette estimation que nous devons fournir dès décembre de l’année précédente pour calculer les acomptes de l’année à venir est un vrai casse-tête, évidemment. Un indépendant ordinaire a toujours une idée des ventes qu’il a engagées et qu’il va percevoir et sur lesquelles il peut compter, et souvent il commence à en percevoir les gains dès le début d’année, mais pour les auteurs et autrices, c’est le grand flou voire un immense trou noir.

Vous avez là une vraie responsabilité, chers éditeurs et éditrices. 

Une responsabilité de transparence. Nous avons désormais besoin de façon vitale, le plus tôt possible (nous en avons besoin dès décembre pour l’année suivante), d’une estimation la plus proche possible de ce que vous allez nous verser en DA annuels en 2020... et que cette information soit systématisée chaque année, pour toute la population de vos auteurs et autrices.

Florence Hinckel
Florence Hinckel au centre (des attentions)

 
De toute façon, cette donnée nous a toujours manqué dès janvier, car sans elle il a toujours été plus qu’acrobatique de planifier telle ou telle dépense, ou au contraire de prévoir telle ou telle économie.
 
Autant que l’information, nous allons d’ores et déjà manquer aussi de l’argent en lui-même. Puisque désormais nous sommes prélevé·es chaque trimestre (dès le 15 janvier) en impôts et en cotisations sur cette estimation de nos revenus à venir (et qui hélas viennent parfois vraiment tard), et pour que ces acomptes n’aient pas de contemporains que le nom, il va devenir encore plus urgent qu’auparavant que les maisons d’édition réfléchissent à un étalement trimestriel de nos DA. 

Ou, à tout le moins, qu’un versement du quart de nos DA annuels (même si cela ne correspond qu’à une estimation) soit effectué dès début janvier. On le sait, ce serait beaucoup plus lourd pour vous du point de vue comptable, et vous nous dites parfois que c’est impossible, mais imaginez à quel point cela va devenir impossible surtout pour nous, qui avons souvent peu de trésoreries ! 

Un effort de votre part ne peut-il pas être consenti afin que vos auteurs et autrices ne souffrent pas trop en début d’année ?

Tous ces bouleversements sociaux et fiscaux vont demander à chacune et chacun de s’adapter. On peut le faire, mais seulement si cet effort d’adaptation est partagé par nos maisons d’édition.

Un grand merci pour votre compréhension,

Florence Hinckel


Commentaires
En la matière une réflexion s'impose ! Certains pseudo éditeurs sont de véritables escrocs. Non seulement de faire semblant de vendre les livres, et de faire croire qu'ils les vendent en vantant outrancièrement leur méthode de commercialisation, lorsqu'il s'agit ensuite de verser les droits d'auteurs, tous les prétextes sont bons pour tergiverser. Ces éditeurs là fort nombreux désormais méritent d'être publiquement épinglés. Merci pour votre article.
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