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Bruno Le Maire, La Poste et les livres : enfin, tourner la page ?

Auteur invité - 23.04.2020

Tribune - édition librairie - pandemie coronavirus commerce - frais postaux livre


Les tarifs postaux sont plus que jamais au cœur des préoccupations des petites maisons d’édition, fragilisées par le gel de leur activité. Aussi, en complément de la lettre envoyée le mois dernier au ministre de la Culture, l’autre LIVRE s’est adressé cette fois à Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, pour tirer la sonnette d’alarme et réclamer, une fois de plus, un tarif postal pour le livre.

LA POSTE
Metro Centric CC BY 2.0
 

Monsieur le Ministre, Je me permets de reproduire ici les mots qu'une de nos adhérentes nous a demandé de porter à votre attention, mots qui font écho aux inquiétudes de bon nombre d'éditeurs indépendants, représentés par l'autre LIVRE :
 
« Nous sommes bien sûr tous préoccupés par nos personnels de santé qui sont au front pour lutter contre le Covid-19 et nous exprimons notre solidarité en restant confinés. Cela étant dit, bien des secteurs de l'économie sont en souffrance, et nombre d'entreprises, particulièrement de petite taille, ne s'en relèveront pas. C'est le cas du monde du livre, car la « chaîne du livre » est aujourd'hui complètement à l'arrêt. Les libraires indépendants, les éditeurs indépendants, les auteurs, mais aussi les grands groupes d'édition sont en danger. À moins que...
 
Notre président, M. Francis Combes, a écrit, au nom de l'association et des 250 éditeurs indépendants qu'elle représente, une lettre à votre collègue de la Culture, M. Franck Riester, pour lui proposer une mesure très concrète et très simple pour nous aider maintenant et demain : aligner les tarifs postaux du livre sur ceux de la presse, et supprimer la tranche maximale de 3 cm pour l'envoi d'un livre.
 
Cette solution nous permettrait à nous, libraires et éditeurs, de continuer à travailler en vendant les livres par correspondance sans subir de plein fouet la concurrence d'Amazon, qui ne s'est pas gêné pour profiter de la situation (Amazon impose ses diktats aux éditeurs, viole les lois de notre pays, tant en matière sociale que fiscale, ce qui lui a permis d'acquérir une position dominante au détriment de la librairie française).
 
Savez-vous, monsieur le Ministre, que pour envoyer par La Poste un livre de 250 pages (qui pèse environ 300 g), il en coûte 5,83 € en lettre verte, soit plus d'un quart du prix du livre (sauf à le vendre à un tarif indécent) ? Savez-vous que pour envoyer un livre qui dépasse 3 cm d'épaisseur, il faut le faire par Colissimo, au prix de 7,14 € HT ? Et ces tarifs augmentent chaque année, alors que le prix du livre, lui, est fixe. Savez-vous que ces frais d'envoi ne peuvent pas être répercutés par le libraire sur les lecteurs ? Pensez-vous que nous, éditeurs, puissions prendre à notre charge de telles sommes ? Pensez-vous que les libraires puissent prendre à leur charge de telles sommes ?
 
Non, bien sûr. En tant que ministre de l’Économie et des Finances, vos relations avec La Poste sont étroites. Si vous voulez nous aider, aider la diffusion du livre en France et dans les territoires d'outre-mer, si vous voulez cultiver la bibliodiversité, alors plaidez notre cause auprès de La Poste pour que les tarifs préférentiels, jusque-là réservés à la presse, s'appliquent au secteur du livre. »
 
 
Il ne s'agit pas seulement de relancer la chaîne du livre, mais aussi de s'assurer de sa pérennité, en tenant compte des besoins réels des petites maisons d'édition (moins de 10 parutions par an), éternelles oubliées du secteur et au chiffre d'affaires trop bas pour bénéficier des aides mises en place. Et quoi de mieux, pour aider les librairies, que de faire en sorte qu'elles puissent proposer à leur clientèle une offre riche et variée, cette bibliodiversité qui garantit l'exception culturelle française dont nous nous enorgueillissons tous ?
 
Je vous prie de croire, monsieur le Ministre, en l'expression de ma considération.
 
Pascale Goze
Secrétaire générale de l'autre LIVRE, association internationale des éditeurs indépendants



Par ailleurs, un regroupement est en cours de toutes les initiatives régionales ou nationales dans l’idée de constituer une structure de type "collectif national pour un tarif postal livre" pour une action collégiale de plus grande ampleur.
 


Commentaires
Comme postier je confirme : les volumes des livres des indépendants sont ridicules, donc ils payent le tarif fort, Amazon a de gros volumes, l acheminement est ultrapreferentiel.la gratuité des livres ( on peut très facilement contrôler, c'est mon plus transparent sous film par ex ) et des cartes postales (lettre de pariculier sans enveloppes ) est parfaitement possible sans augmenter les coûts pour la poste sachant la part infime du traffic total de plus.
Bonjour,

Comment peut on se plaindre d'un service public organisé et protégé par un monopole,démantelé pour devenir maintenant un service AU public avec obligation de résultats ??

La supression des effectifs consécutifs, la distribution du courrier(surtout les colis)confiée à d'autres acteurs(parfois sur le réseau de la poste), sauf les lettres aux particuliers qui sont peu rentables,font qu'ils doivent,aujourd'hui, assurer le service multiplié,sans les moyens nécessaires.

Il vaudrait mieux se serrer les coudes, ne plus prejuger de la bonne volonté de nos facteurs
Qui a lancé la pierre aux postiers ? Ce ne sont pas eux qui fixent les prix, et personnellement je reçois toujours le mien de façon très courtoise. Il serait idiot de lui en vouloir pour le coût des envois.
Eh oui encore une fois la poste est montrée du doigt mais commeamazon ou daitre grosses boites d'envoi de colis aux particuliers et non il ny a pas de tarifs pour les livres à laposte et ailleurs non plus apparemment ça ne pose pas de problèmes sur les autres centrales d'envoi pourquoi une fois de plus la piste est elle montrée du doigt .que certaines librairies ne fassent pas leur beurre ce nest pas le problème de la poste il me semble. Quand une collectivité ne veut pas soutenir une librairie indépendante seule exclusivement jeunesse sur une métropole de plus de 500k habitants mais subventionné l'installation dun groupe qui bafoue toutes les règles du commerce cest aussi de la faute decla poste eh bien là poste nest pas responsable de tout quon se le dise
Pourquoi, l'envoie d'une lettre 21 29,7 vendredi matin à 9h10 ne partira que mardi ?

Pourquoi, un colis envoyé en Essonne le 8avril (frais de port 20euros) ! Hier, vendredi 24 avril n'est TOUJOURS pas arrivé ! Je comprends que le fait du CONFINEMENT joue un rôle sur le personnel de la poste ! Mais il existe des urgence ! Comment solutionner ce problème ?

PS : je précise que le colis a été envoyé en Colissimo ! shut eye
Bonjour,

Je crois que vous auriez dû être informé au dépôt...vu l'affluence, les centres de tris doivent être engorgés.
Bonjour

Je vends des revues techniques automobile pesant environ 600 grs mais avec la suppression des paliers 750grs 1kg et 2kgs , je dois facturer une lettre de 3kgs !!!

Résultat : perte de mes clients qui achètent maintenant a des grandes entreprises qui ont des tarifs d envoi cassés au détriment des petites entreprises et librairies...

Je suis pour la remise en place de tarifs spéciaux pour les livres
La poste ne comprends pas que plus le timbre augmentente moins on envoie de courrier exemple les cartes postales la réexpédition faite par les voisins il faut réfléchir avant de permettre a un petit d'écrire a Lamy confinée c'est le prix d'un pain. vampire
Depuis 1945 la poste,la presse,l'état c'etait partagé le coût de la distribution des journaux or l'état n'a que très peu payé sa part. Si c'est pour faire la même chose......promesses ...promesses....
Lorsque vous achetez un livre format Club de 300 à 400 pages et plus de 500 g sur Amazon, vous payez 1 centime d'euro de frais de port, et l'éditeur paie 3,95 €* à Amazon à ce titre. Mais ces 3,95 € ne reflètent pas la réalité des coûts d'expédition subis par Amazon, puisque il y a peu de temps les frais de manutention d'un peu plus de 1,50 € étaient comptés à part à l'éditeur (ils sont maintenant intégrés dans les "frais d'expédition"), ce qui ramène le coût réel de l'expédition à moins de 2,45 €. Colissimo facture au libraire 8,14 € pour la même prestation — La différence représente les deux-tiers de la marge du libraire — tandis que Chronopost et DPD, autres filiales de La Poste, tout comme TNT/FeDex et UPS sont encore plus chers. Pourtant, ce sont ces sociétés qui accordent des remises considérables à Amazon et à d'autres gros clients, favorisant les plus gros (notamment les GAFA) et étouffant les petites entreprises. Appliquer un tarif "livres" comme dans d'autres pays est une façon de rétablir l'équité et de sauver des milliers d'emplois dans le domaine de l'édition et de la librairie, dramatiquement impacté par cette inégalité de traitement.

*Tous les montants sont indiqués hors taxes.
Bonjour,

Le tarif "Livre"existait à la Poste et il était beaucoup moindre que les autres paquets.

Ces aides ont été supprimées il y a environ 20 ans, lors de l'éclatement du service, vers les filiales où les prix ont augmenté et argumenté "J + 1" alors que ce service existait pour tous les objets.
La Poste (ou les transporteurs privés) ne favorise pas les « gros ». C'est parce que Amazon peut mettre un million (chiffre sorti du chapeau, mais c'est l'idée) de colis par jour sur le tapis qu'il peut demander une remise.

Pensez-vous que La Poste perdrait un tel marché pour un concurrent ? Dans ce cas, on négocie sec, au mieux des intérêts des deux parties, et on trouve un arrangement mutuellement intéressant.

Les petites entreprises - comme les libraires - ne peuvent pas jouer le même jeu. C'est ce qu'on appelle la loi de la concurrence et sur le fond, c'est une bonne et saine chose.

Ça ne veut pas dire que les libraires ne peuvent pas y arriver. Pourquoi ne pas faire une librairie virtuelle unique pour le client (un site web) regroupant TOUTES les librairies ? Le client se fiche complètement de savoir que c'est la librairie à l'autre bout de la France qui va le servir. Ainsi, vous pourrez négocier avec la Poste (ou un concurrent) SUR LE MÊME PIED qu'Amazon et donc, si vous êtes fin négociateur, obtenir a minima la même chose (et peut-être mieux).

Notez que cette solution, si elle rassemblait suffisamment de libraires, pourrait très bien torpiller le marché du livre d'Amazon. Les frais de stockage d'Amazon sont monstrueux, tandis que des milliers de librairie le font déjà... sur leurs fonds financiers propre. L'offre pourrait être très supérieure à celle d'Amazon en plus.

Donc à prix égal, voire inférieur, mécaniquement, le marché vous reviendra à terme.

Le coût d'une plateforme web connectée à toutes les librairies coûterait un pouillème à chaque participant. Vous pourrez même vous offrir le luxe d'héberger vos serveurs chez... Amazon.

En interne, le choix d'un libraire serait chacun son tour pour une offre identique, afin de ne pas léser. Où peut-être négocier avec la Poste des tarfis avantageux par rapport à la distance ? Bref, des tonnes de solutions pour « baiser » votre concurrent...

Il ne reste plus que le plus difficile : vous entendre !

Notez que dans cette solution, aucun libraire ne perd son indépendance. Chacun ajoute sa spécificité à une super-structure, avec bien sûr obligation de servir en temps et en heure les commandes qui tombent « magiquement » dans le panier venant d'Internet.
Votre approche est tout à fait intéressante. Elle est malheureusement erronée sur plusieurs aspects.

Non, les clients ne se fichent pas de savoir quelle librairie va les servir. Sinon il se ficherait que ce soit un libraire ou Amazon. Un client défend "sa" librairie de proximité. Et si tel n'était pas le cas, votre système ne ferait que remplacer "1" Amazon par quelques très grosses librairies (Furet du Nord, Decitre…), seules capables d'avoir suffisamment de stock pour être en mesure de servir presque n'importe quel titre sans délai.

La solution "à tour de rôle" est intenable : certains libraires sont spécialisés et ne travaillent donc pas du tout un catalogue, d'autres sont trop petites pour être livrés quotidiennement, et donc cela reviendrait à devoir mettre un délai de livraison aléatoire, ou encore à s'aligner sur le plus long, ce qui serait tout à fait décourageant pour le client.

Et puis des tentatives ont déjà été faites pour proposer des sites rassemblant les libraires. Vous avez leslibraires.fr et lalibrairie.com notamment. Mais le but de ces concentrations est de faire venir les clients en librairie, pas de cloner un système commercial impersonnel et vide de sens où l'on n'a à faire qu'à son ordinateur sans croiser un humain sur sa route.



Et puis ne nous leurrons pas, même en le voulant très fort, les difficultés de mise en place d'un système tel que celui que vous prônez (et, je le rappelle, que je trouve intéressant, ne croyez pas que je balaie l'idée, je pointe les apories) sont colossales, pour ne pas dire insurmontables. Pour gérer cette super structure, non, ça ne coûterait pas "un pouillème", parce qu'il n'y a pas que les serveurs à payer. Il y a aussi une véritable entreprise qui devrait tout superviser, avec employés, commerciaux, service après vente, locaux, matériel, etc.
@ Tramendon



Je crois que je me suis mal exprimé, donc fais comprendre :-(



Le but n'est pas de réduire chaque libraire et la noyer dans un immense truc impersonnel. Chaque libraire restera son maître chez lui (dans ses locaux) et chaque client restera libre de commander (par téléphone ou en se déplaçant) un livre dans ses locaux. Il restera source de conseil pour le client qui se déplace et cherche de l'information.

Maintenant, il reste des clients qui savent ce qu'ils veulent, n'ont pas besoin de conseil et encore moins de se déplacer, sachant que les libraires ne sont généralement pas à la campagne. Même si la population est devenue majoritairement urbaine, il existe tout de même une large frange de cette dernière située à des kilomètres du premier point de vente.

Le but de l'infrastructure est pour cette clientèle, celle qui n'a pas envie de se déplacer.

Enfin, même si on a envie, quand on se déplace, on aime bien acheter de suite. Par définition, un libraire a un stock (très) réduit et a peu de chance d'avoir le livre que vous aimez pourvu que vous sortez un peu des gros trucs mis en avant par l'édition. Résultat : un deuxième déplacement obligatoire ou une commande préventive à effectuer et ne se déplacer qu'à partir du moment où elle est arrivée. Quand on habite à deux pas, on s'en fiche : quand...

Bref, cette superstructure n'est pas antinomique avec l'artisanat : elle comble un manque, un manque qu'occupe actuellement les géants (Amazon, mais aussi la FNAC qui n'est pas vraiment mieux quand on y regarde de près).

Quand je parlais ensuite d'équilibrer les ventes en interne avec le jeton, il est évident que certains gros vont y gagner : ça pourrait être compenser (à vous de trouver ! Vous pourriez par exemple faire dépendre le montant de la cotisation en fonction du chiffre d'affaire...). Et que certains spécialistes ne prendront que très peu le jeton. En revanche, ils auront une visibilité que leur site perso - quand ils en ont ! - ne pourra jamais atteindre. Leur cœur de cible - national pour le coup - explosera (à la mesure de leur spécialité et de leur offre s'entend...

Bref, un système qui rendra un peu près tout le monde gagnant...

Pour conclure (ma longue diatribe peut-être barbante), je ne vois pas l'intérêt d'y accoler une structure commerciale. Le commerce, c'est bon pour les humains, donc les librairies physiques. La structure web est une structure dématérialisée : si le client veut un conseil à partir d'elle, renvoyez-le (par téléphone) vers la librairie... la plus proche de chez lui. Le lien sera (re)construit.

Je maintiens donc que la structure en elle-même ne coûte pas si cher, surtout si tous les libraires cotisent un peu. Il faut un peu de développement en amont et une équipe réduite de maintien technique. Sur le papier, ça représente quelques dizaines de milliers d'euros par an (ça parait gros, mais diviser par dix mille, ce n'est rien du tout).

Bien sûr, il faut bien réfléchir avant de se lancer et surtout se lancer avec tout le monde. Ce n'est pas le truc qui peut marcher en créant un point de départ avec quelques dizaines de librairies. Il faut vraiment que ce soit représentatif de l'ensemble. En plus, l'émulation sera entraînante...

Voilà, c'est l'idée : je ne suis pas libraire, mais si je l'étais, j'abonderais vers cette idée... Je pense que c'est votre seule chance de survie aujourd'hui. Si vous ratez le virage, qui sait qui saura le prendre à votre place. En tout cas, il y a des prétendants affichés déjà bien en place, ce qui est toujours un désavantage.

Bonne chance
Taxez plutôt la diffusion des contenus numériques (beaucoup moins écologiques à cause des ondes des infrastructures et des centrales nucléaires) et des colis inutiles de produits de consommation nocifs. Interdisez aux commerçants du grand bazar capitaliste (tel Amazone au sein pourri et à la flèche empoissonnée) de recourir au noble service de la poste publique dont la mission doit être conforme à la santé physique et mentale des peuples. Protégez les libraires les éditeurs et les lecteurs de l'invasion barbare du marché mondial en diminuant les tarifs postaux pour les premiers et en les augmentant considérablement pour les seconds.
Excellente initiative !



Une autre pétition avait eu lieu il y a quelques années sur change org : https://www.change.org/p/lecteurs-unissons-nous-demandons-un-forfait-spécial-livres-à-la-poste
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