Bye bye Amazon : “Il en va de la responsabilité de chaque éditeur”

Auteur invité - 10.11.2020

Tribune - amazon editeurs - boycott amazon edition - zones sensibles


Zones sensibles est une maison d’édition belge de taille modeste, qui publie des ouvrages de sciences humaines. Elle a décidé de ne plus vendre ses ouvrages chez Amazon à partir de novembre 2020, et s’en explique dans cette tribune qui détaille par ailleurs quelques chiffres clefs sur l’économie du livre et sur l’importance des librairies indépendantes qui soutiennent la maison d’édition.

Amazon Boxes


Avant d’en venir au cœur de cette tribune (le « cas Amazon »), quelques mots de présentation. Zones sensibles [Z/S] publie en moyenne 5 livres par an (visant 6-7 livres annuels à partir de 2021). La maison, qui ne publie exclusivement que des ouvrages de sciences humaines, est diffusée et distribuée par Belles Lettres Diffusion Distribution [BLDD], qui organise cinq tournées de représentants par an, d’où notre rythme de parution, choisi de la sorte qu’à chaque tournée un livre de Z/S soit présenté aux libraires.

Entre janvier 2011 (date de naissance de la maison) et octobre 2020 nous avons publié 40 livres. Nous devrions prochainement publier un rapport détaillé concernant les ventes de ces ouvrages et l’économie d’une petite maison d’édition (notamment à l’aide de cartes, la répartition géographique des ventes étant particulièrement instructive) ; d’ici là, voilà un aperçu nos 40 livres, par ordre décroissant :


En bref, la moyenne des ventes de nos livres est de 1588 exemplaires, mais cette moyenne ne rend pas compte des vies très diverses des livres. La médiane des ventes est de 765 exemplaires : 50 % de nos livres se sont vendus à plus de 765 ex., et 50 % se sont vendus à moins de 765 ex. Cette médiane correspond grosso modo (bien que cela dépende des coûts de production des livres – volumineux ou non, traduits ou pas, etc.) au seuil de rentabilité des ouvrages : pour aller vite, 55 % de nos livres ont été rentables, tandis que 45 % ne l’ont pas été (nous dirons de ces livres-là qu’ils ne sont pas des échecs, mais qu’ils n’ont pas marché).

Si l’on considère les 10 meilleures ventes de la maison, elles comptent à elles seules pour 65 % de nos bénéfices, le corollaire étant que 75 % des nos ouvrages ne représentent seulement que 35 % des bénéfices. Notre économie repose donc sur quelques ouvrages de fond dont les ventes sont durables, et quelques succès occasionnels dont il faut toujours se réjouir — nous ne survivons que parce que nous vendons, parfois, des livres. (Pour les spécialistes avides de chiffres, les mises en place de nos livres oscillent entre ± 400 et ± 1200 exemplaires, et notre taux de retour moyen est de 17 %.)

Venons-en aux librairies. Notre diffuseur-distributeur BLDD peut livrer nos ouvrages à plus de 25.000 points de vente, mais dans les faits, entre 2011 et 2020, seules 2 456 librairies ont vendu 1 ou plusieurs de nos livres, la grande majorité n’en ayant vendu qu’un seul (d’après le Syndicat de la librairie française, la France compte 3200 espaces de ventes dont l’activité principale est la vente de livres). Plus intéressant est de noter que les ventes principales sont le fait d’un nombre vraiment réduit de librairies : les 30 librairies où nos ouvrages ont le plus de succès génèrent 45 % des ventes ; 100 librairies génèrent 65 % des ventes ; et 250 d’entre elles génèrent 80 % des ventes.

En résumé, 10 % des 2456 librairies qui ont vendu un ou plusieurs de nos ouvrages génèrent 80 % des ventes. Il y a donc une « concentration » des ventes, réalisées par un petit nombre de librairies — celles qui veulent bien accepter nos ouvrages dans leurs rayons, selon leur intérêt et leur spécialité. Puisque certains de nos titres, voire la plupart, peuvent être qualifiés de « pointus », il est tout à fait logique que la grande majorité des librairies ne prenne pas nos ouvrages – en dehors de la commande éventuelle et occasionnelle d’un lecteur.

Cette situation nous convient très bien : notre objectif n’est pas d’être partout, mais plutôt d’être au bon endroit, et de travailler de près avec les librairies qui acceptent de défendre une matière à penser parfois difficile.

Voilà la liste des 30 premières librairies, qui génèrent donc presque la moitié de nos ventes :



Au-delà du cas Amazon, qui n’est d’ailleurs pas une librairie, ce graphique montre tout autant la concentration des ventes que la diversité des « espaces » grâce auxquelles nous vendons nos ouvrages. Amazon (600.000 employés dans le monde) est en première place, suivi de fnac.com ; en troisième et cinquième place se trouvent deux grosses librairies du Sud-Ouest, qui comptent plusieurs dizaines d’employés ; la sixième position est occupée par une librairie parisienne de petite taille, comparée aux deux précédentes, mais qui défend avec force, depuis des années, nos ouvrages de fond, à la septième place se trouve une « petite » (mais pas pour nous) librairie bruxelloise, qui a à peine un employé, mais soutient, elle aussi, nos livres les plus pointus ; Servidis et Dimedia sont nos (sous-)distributeurs) suisse et canadien ; on y trouve également deux librairies plutôt « universitaires » (Gibert Joseph et la librairie de l’Université libre de Bruxelles, ULB). 

Sur ces 30 librairies, une vingtaine font partie de ce que l’on pourrait qualifier de « librairies indépendantes », c’est-à-dire n’appartenant à aucun groupe « capitalistique » (des librairies historiquement familiales, ou appartenant à un ou deux associés, ou dans lesquelles les employés ont des participations ; etc.). En complément du graphique précédent, voilà la répartition des ventes de nos ouvrages réalisées par les 250 premières librairies, ventes qui correspondent donc à 80 % de notre chiffre d’affaires :


La première barre de ce graphique, qui correspond à Amazon, est outrageusement haute. Amazon est malheureusement devenu notre premier « vendeur de livres » au fur et à mesure des années, et représente entre 10 % et 17 % de nos ventes, pour une moyenne de l’ordre de 14 % pour les années 2011-2020. Mais la bonne nouvelle est que, contre toute attente, Amazon est descendu à 10 % en 2020, une baisse sans doute corrélée à la baisse globale des ventes de cette année, compte tenu du confinement, bien visible dans ce graphique :
 

Mais à y regarder de plus près, cette baisse est significative et va au-delà de l’effondrement des ventes lors du confinement. Nous avons eu la chance (heureux hasard), début juin, au moment du (premier) déconfinement, de publier un ouvrage prévu de longue date sur les risques de pandémies mondiales engendrées par des virus en provenance d’Asie, Les Sentinelles des pandémies, de Frédéric Keck, qui s’est écoulé à 4000 exemplaires. Le plus souvent, en cas de succès d’un livre, les ventes d’Amazon ont tendance à être supérieures à la moyenne, mais dans le cas de ce livre la part d’Amazon dans les ventes est tombée à 6 %, soit plus de deux fois moins que la moyenne habituelle, et c’est une bonne nouvelle. Notre appel à se passer d’Amazon, et une réelle volonté de certains lecteurs de soutenir leurs librairies locales, semblent avoir eu des conséquences positives. Malgré cela, Amazon reste notre premier « vendeur ».

De nombreuses raisons expliquent pourquoi un site de vente américain, dont certaines filiales sont domiciliées au Luxembourg ou en Angleterre, est devenu le premier « libraire » de la majorité des éditeurs. (D’après nos informations, et quand bien même beaucoup de confrères, un peu honteux, rechignent à communiquer, pour certains d’entre eux la part d’Amazon serait de l’ordre de 20, 25 voire 30 %.). Le positionnement d’Amazon consiste à proposer tout ou presque à tout le monde et dans les meilleurs délais. La facilité de la commande (le « click ») induite par ce positionnement explique en grande partie pourquoi Amazon est devenu indispensable à certains lecteurs, notamment ceux vivant dans des régions où l’offre des libraires physiques est très limitée. Il convient toutefois de regarder les chiffres de plus près.

Les sites de vente d’Amazon (amazon.com, amazon.fr, etc.) ne représentent qu’une part minoritaire des gains de la compagnie, dont la division Amazon Web Services (services de cloud) engendre la majorité du chiffre d’affaires de la société. Faute de chiffres publics disponibles, il est difficile de savoir exactement combien rapporte à Amazon la vente de livres en France, mais c’est sans doute insignifiant. Plus important : la marge d’Amazon sur la vente d’un livre est négligeable, en raison du coût de transport (de type Prime) qu’Amazon ne répercute pas réellement sur la facture d’un lecteur, mais aussi en raison du coût de leur infrastructure (entrepôts, etc.). Il se murmure même que la vente d’un livre par Amazon coûte davantage à la société qu’elle ne rapporte…

Nous sommes donc dans une situation (pour le moins paradoxale, voire absurde) où Amazon engendre la plus grande part des ventes des éditeurs français alors que, pour la compagnie, ces ventes ne représentent quasiment rien. Si l’on ajoute à cela qu’Amazon fait, comme d’autres multinationales, de l’optimisation fiscale, ce qui lui permet de payer moins d’impôts sur ces ventes que ne le font les librairies « physiques », et si l’on se rappelle qu’aux États-Unis, où le droit du travail est quasi inexistant, certains employés d’Amazon sont obligés d’aller chercher de quoi se nourrir dans des banques alimentaires faute d’être rémunérés correctement, nous en arrivons à une situation insoutenable : le premier vendeur de livres des éditeurs français est une société qui ne gagne rien sur ces ventes, tout en ne payant que très peu d’impôts et en exploitant à outrance des êtres humains, surveillés par des robots qui sont sous pression dans un hangar pour qu’un livre arrive le lendemain chez celle ou celui qui l’a commandé.

La seule riposte possible à cette situation, pour les éditeurs ayant un minimum d’éthique et de respect du bien commun, est très simple : ne pas vendre de livre sur Amazon. De prime abord ce choix paraît compliqué, car la majorité des éditeurs (dont nous faisons partie) n’a pas de lien direct avec la plateforme : ce sont en effet les diffuseurs-distributeurs qui négocient les conditions de vente avec leurs revendeurs, dont la majorité est constituée de librairies physiques, mais aussi d’Amazon, de Fnac.com, etc. Les éditeurs n’ont donc que peu de marge de manœuvre, et dépendent des choix de leur diffuseur-distributeur (dont certains ont d’ores et déjà décidé de ne pas accepter les conditions commerciales financièrement brutales d’Amazon, ce qui de fait exclut de la plateforme les catalogues de leurs éditeurs).

Il y a pourtant une solution assez simple qui permet de pallier cette situation et d’éviter que le diffuseur-distributeur ne soit confronté à un problème juridique de « refus de vente » dans le cas où un éditeur voudrait se passer de tel ou tel espace de ventes : le code-barre du livre. Comme l’a relevé avec sagacité notre confrère belge des éditions Vies parallèles, le fait de ne pas mettre le code-barre à l’extérieur du livre le rend inexploitable par (les robots d’) Amazon. Zones sensibles a donc décidé de placer ce code-barre en deuxième de couverture, au bas du colophon qui se trouve sur cette page, et ce à partir de notre prochaine parution, Généalogie de la morale économique de Sylvain Piron, prévue pour le 20 novembre. Il en sera de même pour tous nos ouvrages à venir. Cette simple et élégante solution — qui permet par ailleurs d’éviter de ruiner le graphisme de certaines couvertures en raison de l’inélégance du code-barre — fait que nos ouvrages ne seront donc plus commercialisés par Amazon. 

Ce choix est évidemment politique, car nous refusons que nos livres soient vendus par une telle plateforme. Zones sensibles, dès ses débuts, a décidé d’adopter un fonctionnement, disons, « déontologique » : nous n’avons aucun prêt ni découvert bancaire (nous n’avons vu aucun banquier en presque 10 ans) ; tous nos fournisseurs (imprimeurs, brocheurs, photograveur, etc.) sont belges, afin de soutenir l’industrie locale (nous n’imprimons pas dans les pays de l’Est) et de limiter le plus possible de longs transports inutiles (et polluants) ; les papiers utilisés sont tous issus de forêts durables ; tous nos collaborateurs (traducteurs, etc.) sont rémunérés à des tarifs supérieurs à la moyenne, et caetera.

Il est donc particulièrement incohérent, compte tenu de ces choix faits en amont, que nos livres finissent chez Amazon… Mais c’est aussi, et surtout, un choix collectif, car si nous ne vendons plus nos livres chez Amazon, en toute logique cela devrait bénéficier à l’ensemble de la communauté des libraires « physiques » — qui en ont particulièrement besoin en ce moment. La question n’est donc pas de ne plus travailler avec Amazon (cette question est vite répondue, et désormais réglée), mais de convaincre les lecteurs de faire leurs achats dans des librairies qui nous soutiennent et où les conditions de travail sont plus éthiques que celles d’Amazon — et quand bien même beaucoup de libraires, comme nous, ont souvent des salaires misérables.

Les alternatives à Amazon sont désormais bien connues : si un lecteur n’a pas de librairie « de proximité », un site comme librairiesindependantes.com permet, outre le fait de savoir si un ouvrage recherché est en stock chez telle ou telle librairie, de connaître celles qui peuvent expédier l’ouvrage (l’équivalent belge francophone est librel.be). Maintenant qu’en France les frais de port d’un livre bénéficient d’un tarif de 0,01 € (espérons que ce tarif s’imposera au-delà des confinements actuels), de nombreuses libraires peuvent offrir exactement le même service qu’Amazon et au même coût, la seule différence étant qu’il n’est pas assuré qu’un livre arrive le lendemain de sa commande — mais après tout, avant qu’Amazon n’existe, aucun lecteur n’exigeait qu’un livre commandé via la poste n’arrive dans les 24 heures… (À propos des tarifs postaux, il serait bien que la Belgique adopte un « tarif livre et brochure » comme il en existe un en France ; quand nous devons envoyer un livre de 28 cm d’épaisseur en Belgique, depuis la Belgique, cela nous coûte plus cher que si vous envoyons ce même livre vers la Belgique depuis la France ; nous faisons donc envoyer nos livres à destination de la Belgique depuis la France… bienvenue en Absurdistan !)

La décision de se passer de notre premier « vendeur de livres » n’est pas sans risque, mais nous comptons sur la conscience de nos lecteurs pour nous accompagner dans cette direction. Soyons lucides : Amazon n’en a rien à cirer de nous (nous, Zones sensibles, et nous tous, collectivement, éditeurs). Si demain l’intégralité des éditeurs français ne vendent plus leurs ouvrages sur la plateforme, le service comptabilité de la société, à Seattle, ne s’en apercevra même pas au moment de faire le bilan financier de la société, car ce que nous tous, éditeurs, rapportons à Amazon, est littéralement insignifiant rapporté au chiffre d’affaires de la compagnie. En revanche, si tous les éditeurs français décident, demain, de se passer d’Amazon, le report des ventes auprès des véritables librairies serait considérable. S’il y a bien un moment où prendre cette décision, c’est bien en ces temps chahutés.
Il en va de la responsabilité de chaque éditeur. Nous n’appelons pas nos confrères à faire le même choix que le nôtre, mais en revanche nous demandons à ceux qui tiennent de grands discours « anti-capitalistes », et particulièrement à ceux qui se disent « indépendants » et publient des textes politiquement « critiques » (ce qui est très peu souvent notre cas), de cesser leurs sempiternels discours « anti-Amazon » tant qu’ils continueront à vendre leurs ouvrages sur la plateforme (un éditeur ne peut décemment se déclarer « indépendant » quand Amazon est son premier vendeur).

Que ces éditeurs transforment leurs discours en actes, sinon quoi nous leur disons, pour reprendre la célèbre formule d’un pseudo-philosophe : « TAISEZ-VOUS !!! ». En ce qui nous concerne, compte tenu de notre fonctionnement déontologique, notre monde d’après ne sera pas bien différent du monde d’avant, si ce n’est désormais que nous nous passerons d’Amazon. Notre monde d’après sera donc un peu moins pire que notre monde d’avant. Et nous en sommes très heureux.

Pactum serva.

Zones sensibles, 10 novembre 2020.


Photographie : illustration, Stock Catalog, CC BY 2.0


Commentaires
Bravo pour ce remarquable article, qui met si bien en lumière les difficultés auxquels sont confrontés les petits éditeurs (c'est-à-dire les éditeurs qui n'apparaissent jamais dans les statistiques et les études).

Merci aussi pour la qualité de votre réflexion. Longue vie à Zones sensibles !
Oups, faute de frappe! Je voulais écrire "auxquelles", évidemment!
@Editions Now Future : Merci, cher confrère. Bonne continuation à vous en ces temps compliqués.
La diffusion-distribution des livres en francophonie est une vraie mafia et l'auto-diffusion se heurte au coût exhorbitant de la Poste (en Belgique). C'est la raison pour laquelle nous n'envoyons plus nos livres en librairies. La meilleure solution ? Amazon. Les (petites) librairies n'ont pas d'avenir.
Merci pour cette tribune extrêmement intéressante et la précision des chiffres publiés. Cette transparence manque terriblement dans notre secteur, ce type de contribution permet de faire comprendre la réalité de l'activité d'éditeur indépendant.

Je n'avais pas pensé à la technique du code barre. Qu'en disent les Belles Lettres, cela ne va pas poser des problèmes avec la Fnac et/ou dans la chaîne logistique de distribution ?
Merci Serge. Vous avez été pionnier dans la publication des chiffres concernant notre métier commun.

Nous sommes bien d'accord sur le manque de transparence quant à tout cela, d'où notre intention de publier de manière bien plus extensive les données relatives à notre économie. Cela ne peut être que bénéfique.

Pour ce qui est du code-barre, l'éditeur est libre de faire de faire ce qu'il veut ; contractuellement, vis à vis des Belles Lettres, rien ne l'empêche de le faire disparaître de l'extérieur de la couverture.

Et vous avez raison : ce changement technique risque d'être compliqué, du côté, notamment, de la Fnac. Mais, d'un autre côté, cela permettra peut-être de limiter le taux de retour ahurissant de la Fnac. Nous verrons bien.
Bonjour ZS,

Merci pour cette tribune et bravo pour cette prise de conscience. Depuis que j'ai Serendip comme diffuseur et distributeur (2013), je n'envoie plus rien chez Amazon. Rassurez-vous, de même que les comptables californiens ne se rendront pas compte de votre absence dans leur colonnes de chiffres, Amazon se fiche bien de recevoir ou non leur commande et ne vous attaquera pas pour refus de vente. Mes codes-barres étaient souvent non-reconnus, parce que trop fantaisistes, c'est une alternative à pas de code, être créatif avec ce truc moche.

Bonne continuation, vos livres magnifiques trouveront effectivement le chemin des lecteurs, 'la nature a horreur du vide chez Amazon'.
Je n'ai jamais acheté un livre sur Amazon. Je n'ai du reste jamais rien acheté sur Amazon. J'achète mes livres dans les librairies. De préférence celles de ma ville. Je prends également soin de ne pas acheter de livres dans les salons et foires : je note les références pour les acheter ou les commander chez mes libraires. Je me souviens avoir fort étonné une auteure en lui disant que j'achèterai ses livres chez mon libraire, ce que j'ai fait, et non pas dans la foire commerciale où je l'avais rencontrée. D'aucuns pleurent la mort des centre-villes en suçant les os de leur mère...
Bonjour Zones sensibles,



Je tenais à vous remercier d'avoir pris le temps de nous donner toutes ces explications, données chiffrées à l'appui. Votre propos est clair, et j'avoue que je ne comprends pas l'agressivité dont il fait l'objet.



L'on vous reproche d'avoir reçu des subventions. Mais sait-on qu'Amazon reçoit des subventions par millions pour la création d'emplois, subventions prises sur nos impôts (lui qui n'en paye pas).

Je voulais juste rappeler quelques chiffres pour l'année 2019 concernant les créations d'emplois en France par Amazon : 12 337 emplois créés. Quelques-uns pourraient s'en réjouir... Je rappelle également le pendant : 20 239 emplois détruits. Le total est donc de 7900 emplois détruits ! (pendant ce temps, on a détruit des milliers de lits d'hôpital...)

En résumé, pour 1 emploi créé, 2,2 emplois sont détruits.

La même analyse a été faite en France (2019) et aux Etats-Unis (2016)



Je déteste aussi la pensée unique, et il suffit d'ouvrir un de vos livres pour s'apercevoir que vous n'en êtes pas un défenseur non plus. Je trouve au contraire votre prise de position courageuse puisqu'au final, pendant je ne sais combien de temps, vous allez vendre moins de livres, donc générer moins de chiffres d'affaires.



Et dernier point : jusqu'à il y a peu d'années, nous parlions d'apprendre un métier, et les enfants rêvaient de faire ceci ou cela. Aujourd'hui, il semblerait que le comble du bonheur soit de lui trouver un emploi (qu'il soit harcelé par un prompteur, on s'en fout ?)



Vous avez apporté un outil de réflexion. Puisse chacun en faire de même. Il s'agit de réfléchir ensemble, et non de nous insulter au prétexte que nous ne sommes pas d'accord.

Lydia
Vous trouverez toujours une étude qui répond à ce qu'un auditeur veut entendre. Il en est d'autres bien plus académiques qui démontrent qu'il s'agit de déplacements de compétences... avec le corollaire de hausse significative de revenus. Amazon crée 400000 emplois en 2020 avec des salaires, après 2 ans, en cdd complet qui devraient modérer bien des propos. Ensuite, chacun est libre d'aller puiser l'eau dans un puits, d'user de sa charrette et de son bœuf et de s'éclairer à la bougie. Pour éviter cela, Rdv dans un rayon d'une bonne librairie pour qq ouvrages fondamentaux.. Conseil amical pour indiquer que la raison peut aussi s'accompagner de passion... Toutefois, s'il faut prendre du txt ds une autre langue, alors ns remercier et google et amz. CQFD
L'analyse de cet éditeur belge est remarquable de justesse quantitative et qualitative. J'invite tous les acteurs de

l'édition ( diffuseurs, éditeurs,libraires et auteurs) a aller voir ce qu'une start-up anglaise vient de créer avec les éditeurs de UK et l'ensemble des libraires pour "contrer"

l'hégémonie d'Amazon ( en calquant le modele Amazon justement mais en partenariat avec les éditeurs et libraires anglais).

C'est Clausewitz qui a écrit ( dans "l'Art de la Guerre" ) : "On ne combat jamais mieux un ennemi qu'en utilisant les mêmes armes que lui".Le monde de demain se fera avec les outils de ventes par internet( en partie tout au moins) et l'on ne pourra s'y dérober.

Que le monde de l'édition s'approprie ces outils avec les libraires et Amazon perdra sa situation monopolistique et destructrice d'emplois , malgré ce que prétend cette multinationale !

Jacques-Marie Laffont
On cherchera en vain, dans tout ce laïus bien pensant, le mot "auteur", ce qui prouve à quel point cet éditeur si prompt à défendre la veuve et l'orphelin les considère.

Quel est le Þdroits de vos auteurs, messieurs les justiciers ?
Vous avez mis le doigt sur le cœur du pb. Les contenus comme les auteurs dans ce type de propos sont remisés au rang de producteurs... Comprendre fournisseurs. La qualité est souvent subsidiaire. Par contre les indicateurs économiques priment. Jamais il n'y a eu autant d'édition, 1000000 par an en fr, 300000 aux États-Unis avec un taux de lecteur qui de cesse de diminuer. Les éditeurs inondent le marché, les distributeurs et commerçants ecoulent le produit. Qu'est ce qui importe dès lors ? Que le consommateur soit informé plus que publiciste et actif dans ses choix. Alors il ne peux que louer les amz pour son offre multilangue et sa capacité à trouver ce que vous cherchez. Le lecteur louera de même les google book pour leur numérisations. Ce même lecteur attendra de ces opérateurs l'étape suivante... Et elle remisera alors le débat actuel à l archaïsme.. Comprendre l'étape où seront disponibles des traductions en masse d'ouvrage unique et d'auteurs encore circoncis à leur périmètre linguistique. En attendant amz est un service public au même titre que le facteur et le libraire. Et c'est l'auteur et ce qu'il produit qui prime pour le lambda qui azertyze ici
des " auteurs circoncis", et bien bravo !!
Parasyntaxe, concis/cir-concis. L'auteur peut être conscrit... aussi

.. Parfois...
Cher éditeur :professionnel de l'édition, éditeur moi-même aujourd'hui,je salue votre analyse à la fois très juste, pertinente et argumentée.Tous les éditeurs malheureusement - quelques auteurs et autres confrères ne font pas cet effort de discernement. Beaucoup d'auteurs (des milliers sinon +) et quelques bonnes centaines d'éditeurs (sinon ¨+ ) et même autant de ''librairies'' avec le système Avantage d'Amazon ont pendant de longues années harcelé leur entourage ( employés- prestataires de services - diffuseurs etc.) pour une virgule ou même un tiret (authentique c'est du vécu smile qui pouvait manquer sur un résumé ou un visuel sur le site d'Amazon. Ce sont parfois les mêmes aujourd'hui qui défendent unguibus et rostro avec une opportunité touchante la librairie indépendante etc.etc.... il y a aussi un détail non négligeable :la librairie n'est pas forcément ''ouverte'' à tous les livres pour des questions de diffusion etc...mais pas que, il existe aussi des livres ''boudés'' ou snobés si ce n'est + par les libraires (quelques uns sinon + smile et là c'est donc aussi un espace dans lequel s'est engouffré Amazon, avant que certains découvrent à la fois l'ampleur de leur leur part de marché sur ce site et la rudesse de leur âpreté au gain..Certains des concurrents d'Amazon que je ne citerai pas ici pour des raisons évidentes, ne sont pas plus tendres en matière de négo...le monde n'est pas aussi manichéen qu'il y paraît il y a des zones...grises et les

'' anti Amazon '' d'aujourd'hui ont parfois cautionné jusqu'à l'insoutenable l'essor de cette plateforme.

Si votre décision est appréciable et exemplaire par son humanité, et je la salue elle alimente aussi un débat nécessaire et témoigne d'une prise de conscience tardive, pas encore tout à fait collective, mais émergente.

Bonne route
belle démonstration ! un corollaire voudrait que les autres solutions, les plateformes de libraires ou autres plateformes commerciales, aient plus de visibilité... et se regroupent un peu.

Cela dit, financièrement Amazon pourrait se passer de tout le chiffre d'affaires de l'édition française, c'est sûrement vrai. Je ne suis pas sûr qu'ils laisseraient pour autant se développer qq chose qui prennent trop de d'importance. Contrôler un marché, ce n'est pas toujours seulement un raisonnement quantitatif... Amazon ou les GAFA le savent bien ! Leur développement a été rendu possible parce que ceux qui avaient les moyens de la riposte n'ont pas cru en eux... et les ont laissés faire ! Bezons ne ferait peut-être pas la même erreur... mais nous n'en sommes pas là, c'est sûr smile
Rien ne m'a permis autant de m'instruire qu'Amazon, pas même l'école. Le choix inégalable, l'IA, les commentaires des lecteurs et leurs listes de lecture. Amazon est une mine d'or pour les esprits libres. Je n'exagère pas en affirmant que cette entreprise a changé ma vie et m'a rendu moins bête. Votre prêchi-prêcha vous perdra, rapidement je crois.
Quel enthousiasme ! Amazon n'est qu'un outil, ne l'oubliez pas. Mais vous en devenez le parfait VRP et certainement pas "l'esprit libre" que vous croyez être. Pour cela, il faudra vous instruire davantage ! Quant "au choix inégalable", c'est un leurre ... mais qui fonctionne, semble-t-il. A l'occasion rendez-vous dans une bibliothèque ou entrez dans une librairie, vous saurez ce que c'est que d'avoir le choix.
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