Droit de réponse de la société Numen Digital à la suite de la publication le 13 juin 2013 de l'article intitulé « Le domaine public à la BNF : numériser, dégrader, vendre ? »

La rédaction - 28.06.2013

Tribune - droit de réponse - numen - numérisation


Conformément au paragraphe IV de l'article 6 de la loi CEN de 2004 et de son décret d'application de 2007, nous exerçons notre droit de réponse à l'article publié le 13 juin 2013 intitulé « Le domaine public à la BNF : numériser, dégrader, vendre ? ».

 

 

Le paragraphe « petit rappel des conditions de numérisation » fait une synthèse erronée de ce qui est mis en œuvre et des conditions d'exécution de notre mission.

En effet l'opposition entre qualité et productivité que vous évoquez est une vision extrêmement réductrice de la nature même du mode de fonctionnement des ateliers Numen, qui met un point d'honneur à toujours répondre au niveau de qualité exigée par ses clients, quels qu'ils soient.

Dans le cas du projet ProQuest dans lequel Numen assure la numérisation des documents de la BnF, les compétences mises à disposition, le choix des matériels ainsi que les protocoles de numérisation mis en œuvre sont strictement conformes aux exigences émises par la BnF, au même titre que sur les autres marchés de collections précieuses ou spécialisées. Ces règles ont été établies, validées et contrôlées par les personnels experts de la BnF afin d'assurer une exigence de qualité de production au moins équivalente (sinon supérieure sur certains points) aux autres marchés en cours traitant les collections les plus prestigieuses.

 

Dans le paragraphe intitulé « Triangulation des Bermudes : BnF Partenariats, Proquestion, Numen » vous affirmez que la communication entre Numen et les personnels de la BNF passe par Proquest et, qui plus est, en langue anglaise.  

Cette affirmation est erronée : la communication et la réactivité, particulièrement sur des questions techniques dans le cadre du projet ProQuest à la BnF, se fait directement, en langue française, entre les équipes BnF et Numen notamment au travers d'un comité de projet qui se tient hebdomadairement en français dans les locaux de la BnF depuis le déploiement en novembre 2012. Le niveau de réactivité et d'écoute déployé par Numen vis-à-vis des équipes terrain de la BnF est permanent, chaque remarque ou suggestion ayant été prise en compte, évaluée et traitée collectivement dans l'intérêt du projet et des collections de la BnF. 

 

L'article établit un lien avec un avis d'attribution de marché concernant du matériel 

Cet avis d'attribution concerne du matériel acheté directement par la BnF auprès de constructeurs tiers et n'a aucun rapport avec Numen ou le projet ProQuest cités dans cet article.

 

L'article met également en cause Numen concernant le choix des matériels pour ce projet

Les matériels qui ont été choisis dans le cadre du projet ProQuest ont été soigneusement sélectionnés pour traiter en toute innocuité la diversité et la fragilité des documents envisagés au plus haut niveau de qualité d'image et de restitution de documents numériques. Ils ont été éprouvés et validés tant par les experts de la conservation que les experts de la numérisation de la BnF, mais également des autres bibliothèques dans lesquelles ils ont été mis en œuvre sur les mêmes types de fonds anciens (Bibliothèque Royale de Hollande, Wellcome Library à Londres par exemple). Ces matériels répondent en tous points aux critères de soins exigés pour les documents fragiles lors du processus de numérisation ainsi qu'aux paramètres techniques de prise de vue (résolution, piqué, équilibre colorimétrique) qui ont été mesurés, affinés et  approuvés lors de la phase de validation de l'atelier fin 2012. Par ailleurs, les capteurs de ces dispositifs ne sont rien d'autres que des appareils photographiques dotés d'optiques très haut de gamme (Canon EOS5D MkII, Nikon D800, optiques Carl Zeiss) couramment utilisés pour tous les projets de reproduction de haute qualité à la BnF notamment. Ces éléments n'en font en rien des matériels de "moyenne gamme" mais représentent au contraire l'état de l'art de la production de documents numériques alliant conservation des documents, qualité de production et productivité.

 

De l'avis de tous les spécialistes compétents, l'ouverture à 100° n'implique en rien un risque majeur de dégradation supérieur par rapport à une ouverture à 90°. Cette option a été choisie car une ouverture à 100° permet surtout de dégager le fonds de cahier et de respecter les exigences de qualité et de complétude des marchés fragiles et précieux. Le fonds de cahier est accessible sans devoir "forcer" sur les pages opposées ou "tricher" en faisant de la correction géométrique dans le cas d'une ouverture à 90°, ces deux points étant strictement proscrits dans les préconisations de la BnF que nous appliquons à la lettre.

A titre d'information, un « berceau de validation d'angle d'ouverture » a été conçu par Numen et mis à la disposition des conservateurs afin qu'ils puissent choisir sans crainte les ouvrages à numériser en fonction du degré d'ouverture.

 

Vous affirmez dans cet article que le mode opératoire obligerait à « appuyer très fort pour forcer le livre à s'ouvrir » (sic) 

Contrairement à cette assertion mal documentée, il n'est surtout pas question "d'aplanir" les pages, "d'appuyer très fort" ou de "forcer un livre à s'ouvrir". La vitre légère en plexiglas, manipulée manuellement par un photographe, spécialement formé à la manipulation d'ouvrages rares et précieux par la BnF, a pour seule vocation de maintenir les pages ouvertes lors de la capture pour un volume qui peut être ouvert sans risque à 100°. Cette vitre n'a pas pour vocation de contraindre un document au risque supposé d'endommager l'ouvrage. Si les documents ne permettent pas une manipulation ou une ouverture sans risque, le document est tout simplement écarté du processus de numérisation. Enfin, la prise de vue dans le fonds de cahier est garantie dans les limites naturelles d'ouverture sans risque pour le  document.

 

La description faite du processus en parlant d'utilisation de plaques de verre de scanners qui « écrasent les reliures des livres parce que les opérateurs n'ont pas la possibilité de régler l'intensité de la pression » (re-sic) est imaginaire

Les vitres des ATIZ Mini ne sont précisément pas en verre afin d'alléger leur poids intrinsèque. Leur positionnement, assisté par une crémaillère, est réalisé manuellement par le photographe. Il n'y a pas de dispositif automatique. De fait, et contrairement à ce qui est écrit, les photographes ont à tout moment la possibilité de maîtriser et de régler la pression exercée sur le document et ce de façon beaucoup plus aisée qu'une feuille de verre positionnée manuellement sur un document sur un banc de reproduction notamment.

 

L'article qualifie de « qualité moyenne » les images produites 

Les images témoins prises  en conditions réelles lors de la phase de test et validées par les experts de la BnF  ont démontré, mesures factuelles à l'appui, qu'en tous points la qualité de prise de vue et de rendu colorimétrique répond pleinement au standard de reproduction de la BnF. La question même de la colorimétrie a été évaluée conjointement avec la BnF au vu des particularités du fonds et d'infimes réglages ont été mis en œuvre pour tendre vers le plus haut niveau d'exigence dans la restitution conforme à l'original.

 

Premier bilan sur l'opération de numérisation dans le cadre du projet ProQuest

A ce jour, notre équipe de quatre opérateurs a numérisé 1 365 volumes représentant plus de 425 000 pages. 

Comme tout projet de numérisation que nous mettons en place et comme toute société commerciale, nous nous attachons à atteindre un équilibre entre économie globale du projet et satisfaction de nos clients. Cette dernière est essentielle pour la pérennité de notre entreprise. 

 

ProQuest a renouvelé sa confiance envers Numen en nous confiant ce nouvel atelier en plus des deux ateliers déjà installés à Amsterdam et Londres ; la BnF a reconnu la qualité du travail réalisé par nos équipes et a validé notre intervention. Nous pouvons, en effet, avancer que nos clients sont satisfaits.