Festival littéraire : la valeur attend-elle le nombre des invités ?

Auteur invité - 10.09.2019

Tribune - vendanges littéraires - presse manifestation - communication rencontres


« Lorsqu’on s’occupe de la Com’ pour une manifestation littéraire, tout dépend où et de quoi il s’agit pour obtenir mention dans les médias nationaux. Après avoir ratissé large trois mois durant, passés les rappels et les coups de fil arrive enfin le moment de découvrir si mes efforts ont porté. » Ou les tribulations d'une chargée de communication de salon, face à une certaine ignorance.


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Déjà, pas simple de trouver mon magazine… L’un des derniers à traiter des sorties littéraires et à s’intéresser de près aux écrivains. En province, c’est la croix et la bannière pour trouver une maison de la presse qui le détient encore dans ses rayonnages.

« Au bout de trois mois d’invendus, il n’est plus remis en rayon ! », me dit le buraliste, blasé. À présent, il fait son beurre avec les jeux de loto et les livraisons d’Amazon. « On ne fait plus le même métier ! » Je comprends… Bien sûr qu’entre les téléchargements de l’application et les livraisons à domicile, qui va encore sortir de chez soi pour acheter son mensuel ?

Enfin la revue entre les mains, je cherche en vain dans l’agenda l’annonce de notre manifestation littéraire dont j’ai commandité l’insertion. Rien, nada ! Je tourne les pages. Il y a des festivals de tous genres. L’un de trois jours où l’on vous promet de rencontrer 100 auteurs (écrivains, essayistes et acteurs confondus). Un autre où 200 auteurs se retrouveront pour des lectures, des concerts, des discours sur le cinéma et le théâtre (dont l’un, par don d’ubiquité je suppose, se retrouvera à deux endroits différents). 400 ailleurs : le monde politique et sportif y faisant allègrement une incursion.

Que valent à côté 5 écrivains invités à parler de leur vision du monde, sous un platane centenaire… et qui plus est au point le plus éloigné géographiquement du monde parisien ? Non moins cité comme le Centre du Monde par un artiste des plus célèbres du XXe siècle. C’était un surréaliste, d’accord… mais quand même.
 
Et pourtant… C’est ignorer, comme nous l’ont confié certains de nos lauréats dans ces moments où la simplicité et la franche camaraderie prennent le pas sur la timidité et la gêne du début, à quel point ces tournées de représentations leur coûtent, à faire le pied de grue sur leur stand, à afficher des sourires de complaisance, à guetter la présence d’un ami, d’une connaissance pour pallier ces conversations stériles où lieux communs et politesse obligée abondent. 
 
Mais il leur faut bien vendre leur livre, diligentés qu’ils sont par leur maison d’édition. C’est « la promo » ! Alors perdus au milieu de 400 célébrités « littéraires » (et autres, en l’occurrence), quelle heureuse surprise quand ils se retrouvent chez nous : il y a là quelque chose de vrai, de chaleureux, de sincère. On s’intéresse vraiment et on communique librement. Évidemment que la quantité est au détriment de la qualité. L’abondance peu propice aux authentiques échanges… 

S’il arrive que certains de ces talentueux écrivains reviennent nous voir avec le désir affiché de l’anonymat, accompagnés qui plus est de quelques amis non moins reconnus qu’eux, n’est-ce pas justement pour retrouver ici cette atmosphère si particulière, propre à nouer des liens d’amitié autour de leur passion ?

Juste quelques lignes sur un agenda papier, lu dans tout l’hexagone, pour mentionner l’existence d’un jury littéraire qui a pris soin de lire les livres de ses nominés de la première à la dernière ligne et qui ne se contente pas d’un petit discours sur une estrade en guise d’hommage : voilà ce qui n’aura pas lieu une fois de plus. 

Alors, le regretter ?

Cela fait 17 ans que ça dure !

Nous nous consolerons donc en trouvant à cette faille le garant d’une confidentialité à préserver… pour un public susceptible de préférer peu, mais profond, à trop et superficiel.

Toutefois, le meilleur moyen de réaliser l’impossible étant de croire que c’est possible, l’an prochain tout recommencera… et j’essaierai encore.
 
Aniyls

 
Ndlr : Les XVIIe vendanges littéraires se dérouleront à Rivesaltes, le 5 et 6 octobre. Y seront présents, Maylis de Kerangal, Lluis Anton Baulenas, Isabelle Aupy, Yves Rouvière et Carbone. Avis, avis…



Commentaires
Belle envolée qui conforte dans l'idée qu'un platane bicentenaire vaut largement une forêt de pins... Et finalement que ferions nous d'une communication nationale ? Alors que toutes les étoiles de la galaxie réchauffent paisiblement les échanges chaleureux des vendanges rivesaltaises ! Au plaisir de se retrouver en octobre avec nos invités triés sur le volet.

Et tant pis pour le reste du monde
Voilà une jolie rafale de compliments, merci à vous Jane !

Et bien sûr, au plaisir de vous voir... des étoiles dans les yeux...
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