Filippetti : 'Que le livre soit accessible à tous, quel que soit son support'

Clément Solym - 14.09.2012

Tribune - Le livre sur la Place - Aurélie Filippetti - discours


Discours d'Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, prononcé à l'occasion de l'inauguration du « Livre sur la place »

 

 

Nancy, vendredi 14 septembre 2012

 

 

M. le Maire de Nancy, Président de la Communauté urbaine de Nancy,

ancien Ministre, Cher André ROSSINOT,
M. le libraire de « L'autre Rive » à Nancy,

Cher Jean-Bernard DOUMENE,

Mme la Présidente de la 34ème édition du « Livre sur la Place »,

Chère Amélie NOTHOMB,

Mesdames et Messieurs, Chers amis,

 

 

Nancy est le premier grand salon littéraire de la rentrée. Celui en fait qui donne le « la » à toute la saison des prix littéraires. Ce n'est pas un hasard si les Goncourt choisissent Nancy, depuis longtemps, pour venir y décerner eux-mêmes le Goncourt de la biographie. Le «Livre sur la place » est une manifestation de première importance en Lorraine, qui accueille quelque 140 000 personnes, mais avec une portée culturelle nationale.

  

Le « Livre sur la place » possède une effervescence, un professionnalisme, une élégance, une solidité, une ouverture et une capacité d'évolution et d'adaptation exceptionnelles.

  

Une beauté aussi, car ce salon se déroule sur ces places Carrière et Stanislas classées au Patrimoine mondial de l'UNESCO, si harmonieuses, au cœur d'une ville lorraine que j'aime et qui est, à elle seule, comme un livre de souvenirs et d'émotions ancré profondément en moi. J'étais ce matin à Metz pour le lancement des Journées européennes du patrimoine et je suis ce midi à Nancy pour l'inauguration de votre salon. Je suis une lorraine comblée, qui aura la chance cet après-midi de partir à la découverte des patrimoines cachés de Nancy.

  

Ce salon nous donne l'occasion de revenir vers les livres, ces livres qui sont l'essence même de notre culture, le meilleur gage de notre amour de l'humanité, de la liberté et qui incarnent ce que l'être humain a de plus ouvert, de plus responsable, de plus élevé.

  

Nancy croit au livre depuis longtemps, le prouve magnifiquement à la fin de chaque été ou au début de chaque automne, entend le faire partager au plus grand nombre, au plus large public. Le livre est dans la ville, sur la place, et quel bonheur de le savoir entre les mains de toutes et de tous, notamment des jeunes publics.

  

Je remercie André et Françoise Rossinot pour cette belle obstination ; ils savent qu'ils peuvent compter, pour longtemps, sur le compagnonnage du ministère de la culture. Car c'est ma profonde ambition en termes de livre et de lecture : que le livre soit accessible à tous, quel que soit son support, et que nous innovions toujours pour ne pas laisser des citoyens et des territoires en marge de cette richesse culturelle. Le livre doit aussi nous permettre de lutter contre les inégalités.

 

 

 

 

  

Il y a beaucoup de livres, ici, beaucoup d'écrivains aussi. Près de 500 auteurs. Je voudrais leur rendre hommage pour leur vaillance, cette force intérieure qui, quoi qu'il arrive, les fait aller jusqu'au bout de leur projet, de leur désir, de leur rêve. Il y a, je l'ai constaté en cette rentrée, une vitalité magnifique de la littérature française. Tous les courants, toutes les formes, toutes les manières de raconter, tous les styles, toutes les histoires, sont là. On a souvent dit, ces dernières années, et surtout à l'étranger, que notre littérature était « nombriliste», refermée sur elle-même. Mais non ! Elle n'a jamais été aussi ouverte sur le monde, sur la France d'aujourd'hui, sur les problèmes, les cassures de notre société. Elle s'aventure dans les lisières, dans la périphérie des villes, des vies et parlent d'autres horizons et d'autres cultures.

 

C'est une littérature qui a les yeux grands ouverts, qui pressent souvent ce que sera notre demain à tous. Car les écrivains, aussi, annoncent, prédisent, même si on ne les entend pas toujours.

Les présidents prestigieux des dernières années illustrent mon propos : Jean-Claude Carrière, Yves Coppens, Erik Orsenna, Daniel Pennac, etc. Et cette année, après 20 de succès et de rentrée littéraire ininterrompue, Amélie Nothomb, qui accepte pour la première fois de présider une manifestation littéraire. 

 

D'ailleurs, les écrivains ne sont pas enfermés, pour la plupart, dans une tour d'ivoire : c'est une vieille image qui n'a plus cours. Ils vont vers les autres et Nancy l'a compris. Ce salon leur permet, dans un programme dont je salue l'organisation, de se rendre dans les écoles, les ateliers dans la ville, autour de la ville. Un des axes de ces journées d'animation est « le parcours littéraire ». C'est exactement cela : un parcours, un passage vers les jeunes, pour les jeunes. Est-ce pour leur donner des leçons d'écriture, leur imposer une vision de l'art et ainsi, malgré soi, complexer davantage ceux qui, défavorisés, éloignés, exilés de la culture, ne songent même pas à exprimer, à formuler ce qu'ils ont dans le cœur, dans l'esprit, ce qui restera seulement au bout de la langue ?

 

Non, c'est l'inverse que les responsables de ces opérations de lecture et de création pour tous ont à l'esprit : c'est permettre à cette voix retenue, empêchée d'enfant ou d'adolescent d'arriver ; c'est aider chacun à découvrir, à dévoiler, à manifester sa sensibilité, à incarner un instinct artistique plus ou moins caché, secret, dissimulé en lui. Juste l'amener à oser doucement dessiner, danser, composer, écrire à son tour. Donner l'occasion. Oui, donner l'occasion, c'est peut-être sur cela que repose l'éducation artistique à laquelle j'attache tant d'importance et que j'entends, plus que jamais, développer. Car chaque enfant, d'où qu'il vienne, quelle que soit son origine, est un petit roi, avec son propre imaginaire, sa propre manière de sentir, de bouger, de voir le monde, d'inventer, de créer peut-être lui- même, sûrement, un jour. Il ne faut pas laisser tant de petites richesses en friche. Ce n'est pas seulement une question de culture, c'est une question d'égalité. Et cette égalité est pour moi fondamentale.

 

Je tiens donc à saluer tous les écrivains présents ici, et en particulier Daniel Picouly, Alain Mabanckou, Abd el Malik et Isabelle Autissier, qui interviennent au cours de la semaine auprès des scolaires et autour des « bibliothèques éphémères » constituées, pour la deuxième année consécutive, dans les halls d'immeubles de quatre quartiers difficiles de l'agglomération.

  

Je remercie la grande implication des librairies, notamment La Parenthèse, L'Autre rive, La Librairie Didier, qui ont reçu le label LiR. Sans l'association des libraires « Lire à Nancy » cette manifestation ne serait pas aussi un événement populaire et commercial essentiel pour la survie des libraires

locaux. 

 

Je n'oublie pas la quarantaine de structures d'édition implantées en Lorraine et la bibliothèque municipale de Nancy.

  

Je salue donc le travail de toutes celles et de tous ceux qui se mobilisent pour permettre cette rencontre entre les écrivains et leur public et souhaite à cette édition du « Livre sur la place » tout le succès qu'elle mérite.

  

Je vous remercie. 

 

Retrouver notre reportage

Livre sur la place : Filippetti, sous la présidence d'Amélie Nothomb




Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.