J’ai fait un rêve : Africains, libres, enfin libres

Auteur invité - 28.04.2020

Tribune - Martin Luther King - Have Dream - fait rêve Africains


Les lecteurs nous répondent, et c’est alors avec plaisir qu’on leur donne la parole. Suite à la tribune de Gauz, parue ce 18 avril, Afrique : “Il n’y a plus de vieux à tuer sur ce continent”, voici le texte que nous avons reçu. Il s’inspire, bien entendu, du célébrissime discours de Martin Luther King, et découle des paroles de l’écrivain ivoirien.

Celina Kamanda - an Ebola survivor helped by UK aid
DFID CC BY 2.0
 
 

J’ai fait un rêve, les Africains


Je suis heureux de m’inspirer des paroles d’un grand homme qui a contribué à l’histoire de sa nation. Son discours qu’il a prononcé devant des milliers de ses concitoyens et relayé dans le monde entier est arrivé comme une lumière joyeuse faisant (re) battre les cœurs des populations africaines fraichement sorties de la colonisation. 

Mais 60 ans plus tard, les Africains ne sont pas libres ; 60 ans plus tard, la vie de l’Africain est toujours handicapée par les menottes et les chaînes de ses gouvernants et de ses élites demeurant à la solde de l’Occident ; 60 ans plus tard, la majorité des Africains vit sur son continent dans l’indigence totale, entourée d’un vaste océan de prospérité ; 60 ans plus tard, la majorité des Africains languit toujours d’une vie meilleure et elle se trouve étrangère sur son propre continent. 

Il est clair aujourd’hui que les hommes politiques de ces dernières décennies ainsi que les riches hommes d’affaires africains ont manqué à leurs obligations. Au lieu de faire honneur à leur continent, à leurs nations, à leurs populations, ceux-ci ont choisi d’être des « enfants ou élèves modèles » de leurs maîtres présents en Occident.

Quelle fierté pouvez-vous tirer du fait d’apparaitre dans les classements du magazine Forbes pendant que votre continent est raillé et humilié par ces mêmes qui vous adoubent ? Comment pouvez-vous être fiers d’être de bons élèves pendant que vos enfants meurent par milliers sur les bords de la Méditerranée ? 

Il est temps de vous rappeler l’urgence extrême du moment. Il est temps de faire honneur à votre continent, à vos nations. Il est temps de vous défaire des chaînes par lesquelles vous vous êtes liés à vos maîtres pour aller enfin à la rencontre des Vôtres. Il est temps d’aider votre continent à devenir autonome, libre, indépendant financièrement, économiquement et politiquement. Ce serait une erreur fatale de refuser de voir l’urgence du moment. 

2020 n’est pas une fin, mais un commencement. Cette pandémie du COVID19, qui a sorti au grand jour ce que l’Occident pense tout bas de l’Afrique, doit être reçue par les Africains comme la matrice féconde d’une ère nouvelle. 

J’ai fait un rêve dans lequel les riches hommes d’affaires africains, cités dans les magazines financiers de l’Occident, ont créé le premier centre africain de recherche médicale basée sur les plantes médicinales ; ont créé la prestigieuse université formant des Élites africaines où les enseignements sont donnés par de brillants professeurs africains. 

J’ai fait un rêve dans lequel les présidents africains ont lutté pour la souveraineté pleine et totale de leurs nations ; sont fiers de faire la promotion de leur culture à travers les tenues africaines dont Ils sont vêtus ; se sont retirés au bout de deux mandats présidentiels mettant ainsi fin aux modifications abusives et intéressées de leurs constitutions. 

J’ai fait un rêve dans lequel de brillants Africains, hommes et femmes confondus, reconnus en Occident pour leurs compétences ont créé la première entreprise africaine du digital faisant ainsi basculer le continent dans l’ère du big data ; ont créé des start-ups. 

J’ai fait un rêve dans lequel les Africains sont fiers du fruit de leur travail, ne cherchant plus la richesse immédiate à travers des pratiques occultes et inhumaines, préférant la simplicité à la facilité. 

C’est dans cette espérance que j’ai fêté la Pâque chrétienne. C’est la foi avec laquelle je vous écris. C’est dans cette foi que j’espère que mon rêve se réalise. 

Quand mon rêve prendra forme dans les régions, les nations, les villes, les villages de l’Afrique, alors nous serons en mesure de hâter l’arrivée du jour où tous les enfants de Dieu, catholiques et protestants, juifs, musulmans et athées, pourront chanter en se tenant la main ces mots du vieux Negro Spriritual : « Libres enfin, libres enfin ; béni soit le Tout-Puissant, nous sommes libres enfin ! ». 
 
par Christel Wilfried Kouakou




Commentaires
Bravo pour ce texte digne des grands hommes qui ont forgé l histoire des peuples opprimés
Très beau texte.

A partager sans modération.
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