Juke-Books #11 : Ravi Shankar, volutes et volumes psychédéliques

Clément Solym - 14.12.2012

Tribune - Ravi Shankar - The Beatles Philip Glass - Juke-Books


 La disparition de Ravi Shakar constitue une bonne occasion pour se replonger dans sa biblio-discographie : si le joueur de sitar ne s'est jamais lancé dans l'adaptation stricto sensu d'un roman ou d'un ouvrage, il s'est investi dans de nombreuses collaborations, qui l'ont amené à fréquenter, à travailler ou même à faire l'acteur avec de fameux visages du monde littéraire.

 

Le musicien indien, né en 1920 à Vârânasî, avait pris la plume en 1997 pour rédiger et publier chez Genesis Publications Raga Mala, son autobiographie, avec l'aide d'Oliver Craske. Publié en France aux éditions Intervalles, l'ouvrage revient sur le parcours du maître et l'influence musicale qu'il exerce dans son pays natal, avant ses débuts de carrière aux USA au milieu des années 50.

 

La préface de Raga Mala est signée Georges Harrison : logique lorsque l'on se souvient de l'influence qu'a exercé Shankar sur le membre des Beatles, particulièrement sensible sur Norwegian Wood, chanson dont le titre est devenu celui de La Ballade de l'impossible, d'Haruki Murakami, dans sa version originale. Georges Harrison avait pour l'occasion pris des cours de sitar auprès du maître, comme en témoigne la vidéo ci-dessous.

 

 

 

 

 En 1966, le film psychédélique Chappaqua sort dans les salles, réalisé par Conrad Rooks, et rassemble un casting des plus atypiques puisque figurent au générique les écrivains et poètes Allen Ginsberg, William S. Burroughs ou Moondog, mais aussi plusieurs musiciens comme Ornette Coleman ou Ravi Shankar. C'est d'ailleurs ce dernier qui compose la bande originale du film, qui aurait dû être celle de Coleman, toujours inédite à ce jour.

 

The sounds of India with Ravi Shankar on CD no less.

Nino.Modugno, CC BY-NC 2.0

 

Toujours en 1966, la BBC s'offre une adaptation d'Alice au pays des Merveilles plutôt audacieuse, avec un casting des plus alléchants : Peter Sellers en Roi de Coeur, Peter Cook, Michael Redgrave... et une bande originale à nouveau composée par Ravi Shankar, qui atteint ici des sommets de psychédélisme. Mais, après tout, Alice croque bien dans un champignon... Le film complet est visible ici, mais en anglais uniquement.

 

Par la suite, Shankar ne quitte pas vraiment le milieu des hippies de San Francisco et Woodstock : il influence ainsi Philip Glass, et donne au compositeur l'idée de « travailler avec une structure rythmique, et non harmonique ou narrative ». Tous deux travailleront ensemble pour Passages (1990), sorte de réinterprétation des partitions rédigées par Glass pour Koyaanisqatsi. Le film, premier volet de la Trilogie des Qatsi, s'inspire des prophéties d'un peuple amérindien du Nord, les Hopis.

 

 

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