L'écriture, une arme : la ligne d’horizon de 2016 et les suivantes…

Léonel Houssam - 21.01.2016

Tribune - année 2016 - horizon capitalisme - écriture arme


L’ultralibéralisme fondé sur la manne pétrolière est un régime politique fondé sur une idéologie largement impulsée par les monarchies du Golfe, la pseudo-démocratie américaine (le bipartisme est une dictature de fait) et la dictature larvée en Russie... (Je résume beaucoup, peut-être trop effectivement) Depuis que la société industrielle existe, il existe des moyens de locomotion, de production d’énergie sans pétrole... Et qui ne coûtent pas plus cher et ne ruineraient en aucun cas les foyers modestes... 

 

Crédit Yentel Sanstitre

 

 

Aujourd’hui, la bulle spéculative du secteur du schiste va exploser du fait de la chute du prix du baril. L’économie chinoise, qui se fonde pour l’essentiel, sur la consommation des Occidentaux (qui marquent le pas depuis le début des années 2000, forcés à emprunter pour consommer plus sans moyens de rembourser) est en train de littéralement se crasher sur un plafond de verre. Depuis soixante-dix ans, quoi qu’on en dise et qu’on en pense, toutes les guerres (qui ont fait des millions de morts) au Moyen-Orient n’ont strictement rien de religieux. 

 

Ces guerres sont uniquement dues au contrôle des réserves pétrolières par les États-Unis et leurs états vassaux que sont les nations d’Europe, les pétromonarchies du Golfe et tant d’autres. Enfin, cette idéologie tout aussi meurtrière, dévastatrice (si ce n’est plus) que le nazisme et le communisme soviétique réunis, achève de détruire la planète tout entière... 

 

2016 vous sera « vendue » comme l’année de la crise du siècle, comme toutes les crises qui ont précédé. Elle vous figera d’effroi, les marchés financiers suçant l’intégralité de l’argent public pour achever les états et les contraindre à emprunter sur... les marchés financiers. 

 

On vous dira qu’il faut accepter les baisses de salaire, le détricotage de la sécurité sociale et tous les systèmes de protection amorcés depuis près de trente ans. On vous dira d’accepter des emplois minables (au mieux), on vous invitera à créer votre autoentreprise (sans protection chômage, entre autres) ou à pratiquer le portage salarial. On vous dira, en gros de créer votre propre emploi, c’est-à-dire, à terme, devenir des chiffonniers du XIXe siècle... 

 

Les alternatives existent. La souveraineté n’est pas un gros mot. Le peuple est une abstraction (ce qu’il a toujours été en fait) dévoyée à la cause individualiste. 

 

Il ne s’agit pas de dire qu’il faut prendre la main pour fonder un avenir meilleur. L’avenir est aussi une abstraction dévoyée à la cause décliniste et à l’appréciation des géniteurs souffreteux du monde entier. Il s’agit plutôt d’une forme de dignité, celle qui consiste à se sentir propre sur soi pour respecter l’autre, pour entrer en contact avec l’autre, pour être en mesure de l’entendre, de l’écouter, de le contrer si nécessaire.

 

Il ne s’agit pas de changer le monde... Non. Mais plier l’échine, c’est accepter d’avoir vécu une existence dans l’estomac bileux d’un monstre sans broncher...

 

L’écriture est une arme. Les mots sont des bombardiers. Ils sont un des moyens les plus puissants pour fâcher le sort et libérer l’horizon. Cet horizon, c’est notre mort à chacun. Notre fin sur Terre. Cette fin est la conclusion d’une histoire dont on n’a pas décidé du début, où l’on a parfois pu influer sur certains événements et où nous ne décidons pas de la fin (le suicide étant la résultante d’événements et d’états psychiques non-consentis). 

 

Me concernant, je me fous des générations futures. Peut-être seront-elles emportées par cette idéologie qui nous met en cage aujourd’hui (chaque époque construit sa cage collective). Ce qui m’importe, c’est de rechercher sans fin cette pépite précieuse dans un tas de graviers. Cette pépite n’est ni le bonheur individuel ni l’harmonie collective, c’est l’accession singulière à la paix universelle (entendez Univers et non Humanité). 

 

Crédit Yentel Sanstitre

 

Aucun être, mais également aucun groupe n’a la capacité de modifier quoi que ce soit. On peut l’affirmer a posteriori (au regard de l’Histoire), mais c’est une erreur fondamentale : dans leur présent, les ancêtres n’ont rien modifié. Ils n’ont fait qu’une seule chose, ils ont écrit, enregistré (à partir de l’invention du cinéma, la photographie, la radio, etc.) et pris des décisions dont ils n’ont jamais anticipé les réelles conséquences. 

 

Cette année 2016 sera donc comme les précédentes. Écrite par des élites politiques, économiques et médiatiques avant tout préoccupées par leur maintien au pouvoir et par leur confort lié à leur arrogance et leur sentiment de toute-puissance (si provisoires et éphémères pourtant)... 

 

Dans ce scénario que les pires voyants et astrologues prédisent sans difficulté (proposant toutes les catastrophes possibles, et forcément l’une d’entre elles se réalisera), il y aura la CRISE ! La CRISE ! Et cette obsession de la CRISE sera imprimée en nous, dans notre trouille d’un avenir sombre...

 

C’est là, simplement qu’il faut penser à l’horizon, cette ligne qui doit être dégagée de ses nappes de brouillard, ces panaches orageux, ces nuages de pollution... Cette ligne, c’est notre mort. Y faire face avec joie, c’est donner un sens à nos vies... Résister sans fin, avec les mots (si l’on possède cette chance de les utiliser à notre guise) et avec les pensées (tant que nos connexions neuronales nous le permettent), est une chance qui nous a été donnée (à vous qui parvenez à me lire ainsi qu’à moi-même, qui peut écrire tout ça, mais aussi lire les écrits des autres). 

 

Vous ne serez sans doute pas d’accord avec moi, vous vous direz sans doute que je n’écris que des conneries. Mais si vous vous dites tout ça, c’est bien parce que vous êtes vivants et que très bientôt cela va finir... ici sur Terre.