L'édition scientifique belge alerte aussi Manuel Valls sur l'open access

La rédaction - 27.04.2016

Tribune - édition scientifique Belgique - open access Belgique - éditeurs belges Manuel Valls


Les propositions relatives à l'open access dans l'édition scientifique présentes au sein de la Loi Lemaire, aka « République numérique », inquiètent les éditeurs traditionnels. D'après eux, les durées d'embargo avant le passage en open access des études financées par des fonds publics sont insuffisantes, et menacent le secteur tout entier. Les éditeurs belges publient à leur tour un courrier adressé au ministre, pour détailler leurs craintes, similaires à celles de leurs collègues français. Nous reproduisons ci-dessous l'intégralité du courrier de l'ADEB, Association Des Éditeurs Belges.

 

 

 

Bruxelles, le 21 avril 2016

 

Monsieur le Premier Ministre,

 

L’association des éditeurs belges (ADEB) a pris connaissance de la lettre que le Syndicat national de l’édition vous a adressée en date du 14 avril concernant le projet de Loi Lemaire. L’ADEB s’associe pleinement au fait que les durées d’embargo pour la mise en accès gratuit des articles (de 6 mois en Sciences, Technique et Médecine (STM) et de 12 mois en Sciences Humaines et Sociales (SHS)) sont bien trop courtes et ce, particulièrement en l’absence de garde-fous.

 

L’édition scientifique belge, en ce qu’elle occupe le même bassin linguistique que l’édition scientifique française, sera directement impactée par cette mesure. Les éditeurs scientifiques belges se joignent donc aux éditeurs scientifiques français pour souligner la perte de diversité et d’indépendance qu’impliquerait une telle mesure pour la recherche scientifique ainsi qu’une présence affaiblie des chercheurs francophones dans les revues anglophones.

 

Nos éditeurs scientifiques sont inquiets du précédent que créeraient des durées aussi courtes et de l’impact économique sur un secteur à haute valeur ajoutée en terme de diffusion du savoir, alors qu’il voit depuis des années son chiffre d’affaires diminuer suite à la présence de nouveaux acteurs numériques aux contenus non validés (au contraire de ceux de nos éditeurs) et à l’anglicisation généralisée de la transmission des savoirs.

 

Depuis plusieurs années, les éditeurs de la section scientifique de l’ADEB plaident également pour des durées respectueuses de la viabilité des revues et de la spécificité de chaque secteur.

 

Dès lors, l’Association des éditeurs belges soutient la demande du Syndicat national de l’édition pour un retour des embargos de 12 mois en STM et de 24 mois en SHS, tels qu’initialement préconisés par votre Gouvernement.

 

Tout en vous remerciant de l’attention que vous voudrez bien accorder à notre courrier, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de notre très haute considération.

 

Benoît Dubois, Président

Carine Lecomte, Présidente de la section scientifique

 

 

  Lettre des éditeurs belges à Manuel Valls