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"L'offre culturelle en magasin est toujours une alternative à internet"

Auteur invité - 11.01.2013

Tribune - dépôt de bilan de Virgin - pérennité des ventes - fermeture des magazins


Dans une tribune parue récemment sur Actualitté.com, Monsieur Vincent Monadé a cru bon de qualifier de « nulle» l'offre de services des magasins Virgin Megastore, rejoignant un autre commentateur peu avisé en la personne de Monsieur Yves Riesel sur un autre média.

 

Le SDLC considère que c'est faire injure au travail des salariés de Virgin Megastore que de réduire de la sorte les difficultés que traverse ce groupe à une analyse partielle, évidemment dogmatique, et truffée de contre-vérités confondantes de la part d'un professionnel de la filière du livre.

 

Cette analyse reflète cependant une opinion dominante d'un pan de la filière française du livre qui souhaiterait pouvoir revenir à une époque idéalisée d'avant le « traumatisme » de 1974 avec l'arrivée de la FNAC dans le 6e arrondissement de Paris.

 

En réalité, les choix commerciaux qu'a faits Virgin Megastore ont été principalement dictés par l'évolution des marchés des biens et services culturels sur lesquels cette société intervient. Pour mémoire, un détaillant se trouve en aval du marché et tributaire de ce fait des choix éditoriaux, comme des choix marketing ou de politique commerciale des éditeurs des contenus culturels.

 

Ainsi, les éditeurs de musique enregistrée ont largement contribué à renforcer la position dominante d'iTunes sur la musique en ligne en opérant une segmentation irréaliste, et non rentable à ce stade, entre le développement nécessaire de leur offre en ligne et le positionnement multicanal que nos enseignes leur proposent, lequel est pourtant indispensable au maintien des disques dans les linéaires. Une réflexion commune à la filière musicale n'a du reste émergé qu'en 2011 avec la perspective de création d'un centre national de la musique dont on sait ce qu'il est advenu.

 

Pour l'édition imprimée, nous essayons en vain depuis des années auprès des éditeurs de livres - et au côté des libraires indépendants de surcroît - de faire évoluer les usages commerciaux du livre afin de moderniser et pérenniser ce marché pour éviter ainsi les déconvenues de la musique. La difficile période que nous traversons devrait nous donner raison rapidement.

 

Quant à cette analyse limitée des choix de gestion de la distribution spécialisée, nous rappellerons que la centralisation des commandes relève d'une rationalisation nécessaire dans la gestion d'un réseau de magasins, qui ne peut se gérer comme un libraire de quartier, que les offices sont transmis obligatoirement aux libraires par les diffuseurs, sans aucun choix de leur réception, que notre clientèle aime à lire des « best-sellers » mais que nous lui offrons un choix assez large d'ouvrages grâce à un fonds plus pertinent que ce que la longue traîne offre souvent en ligne.

 

Enfin, nos enseignes ne dénoncent pas la concurrence clairement déloyale que les plates-formes de vente en ligne exercent sur le commerce culturel multicanal en vue de l'édiction d'une nouvelle ligne Maginot mais bien dans l'espoir d'obtenir le rétablissement d'une concurrence réellement équitable où chaque acteur, indépendant ou réseau de vente, aurait la capacité de développer un modèle d'affaires rentable.

 

 

Virgin Megastore

niallkkennedy, (CC BY-NC 2.0)

 

 

Nous avons alerté les pouvoirs publics dès 2004 sur cette perspective et il aura fallu attendre cette année pour qu'enfin on tente d'y remédier. Nos enseignes ne peuvent continuer à ouvrir des magasins et à investir dans des plates-formes de vente en ligne si nos concurrents bénéficient de processus d'optimisation fiscale qui rendent leurs offres plus attractives en stigmatisant nos produits aux yeux des consommateurs, si les taux de TVA ne sont pas harmonisés entre la vente physique et la vente en ligne, si la législation sur le prix unique du livre est contournée sur les places de marché et, au final, si les éditeurs de contenus ne révisent pas leurs usages commerciaux pour rendre leurs œuvres attractives dans nos magasins et assurer ainsi la pérennité de leur vente.

 

Le gouvernement s'attache aujourd'hui à repenser le concept d'exception culturelle, souvent raillé par les tenants d'un Internet où les œuvres n'auraient plus de valeur, il est grand temps de rattraper notre retard en intégrant le commerce de détail des biens culturels dans le champ de la diversité culturelle. Nos concurrents américains l'ont compris depuis les débuts même de la cinématographie, au siècle dernier, ils investissent en premier lieu dans les réseaux de distribution, viennent ensuite les œuvres.

 

Les enseignes du SDLC sont donc au côté de Virgin Megastore pour que le commerce culturel demeure un élément clé du développement des territoires, comme du commerce en ligne.

 

 

Le SDLC est composé de Chapitre, Cultura, Decitre, Le Furet du Nord, Starter et Virgin Stores.

 




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