“La COP21 est finie, le combat pour le droit commence“

La rédaction - 16.12.2015

Tribune - COP21 écologie - combat droit


Dans le cadre de la clôture de la COP21, les éditions Mardaga ont sollicité Gabrielle Lefèvre, journaliste spécialisée dans les problèmes de développement et d’évolution sociétale. « La conclusion de la COP21 n’est pas une victoire, ce n’est que le début d’un combat visant à changer l’économie mondiale. Une arme des citoyens : le droit », estime-t-elle.

 

Par Gabrielle Lefèvre, Journaliste

coauteure avec Éric David Juger les multinationales, éd. Mardaga/GRIP

 

 

 

Si l’accord conclu à l’arraché entre les 195 pays, le 12 décembre 2015, peut sans doute être qualifié d’« universel », il n’en reste pas moins incomplet. Rien de bien contraignant pour les États et surtout pour les multinationales qui, pourtant, participent largement au réchauffement climatique.

 

Sous la pression de certaines d’entre elles et de la Commission européenne, des freins au libre commerce n’ont pas été serrés. Ainsi, on ne sort pas vraiment d’une économie roulant au carbone, la mobilité par l’aviation et le fret maritime n’a pas été entravée.

 

On ne voit pas comment les États qui veulent protéger leurs citoyens des effets nocifs de certaines activités industrielles ou commerciales échapperont aux tribunaux d’arbitrage privés, tels que prévus par les traités de libre-échange existants et celui, à venir, concernant le commerce transatlantique (TTIP). 

 

Il reste aux citoyens militant pour un autre monde, l’arme de la Justice. Nous en donnons quelques preuves dans notre livre Juger les multinationales. Tout récemment, les Pays-Bas ont été condamnés par le tribunal de la Haye à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 25 % (par rapport à 1990) d’ici à 2020.

 

Motif : il est du devoir d’un gouvernement de protéger sa population contre les impacts du dérèglement climatique. Cette action judiciaire introduite par l’ONG Urgenda fait des émules en France.

 

Dans notre livre, nous évoquons les tribunaux citoyens, comme le Tribunal Russell sur l’Amérique latine ou le Tribunal Russel sur la Palestine. Voici qu’une Fondation Tribunal Monsanto élabore un procès qui devrait se dérouler à La Haye en octobre 2016. Objectif : inclure le crime d’écocide dans les compétences de la Cour pénale internationale.

 

Et déjà, le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies à Genève examine la mise en place d’instruments contraignants pour les multinationales. 

 

Le droit, une arme pacifique et redoutable !

 

Gabrielle Lefèvre