La grande aventure de l'éditeur freelance : liberté et rigueur

Association Effervescence - 03.12.2013

Tribune - éditeur freelance - métier - auto-entrepreneur


Chaque semaine, ActuaLitté, en partenariat avec l'association Effervescence, réunissant les étudiants et anciens élèves du Master Édition et Audiovisuel de Paris-Sorbonne (Paris IV) vous donne rendez-vous : retrouvez dans les colonnes de notre magazine une chronique, réalisée par les étudiants de la formation, racontant la vie du Master et de l'association.

 

Cette semaine, nous vous expliquons comment fonctionne le travail en freelance dans le secteur de l'édition.

 

Il est une vérité que toute jeune âme souhaitant travailler dans l'édition se doit de ne pas oublier : « le monde du travail est une jungle ». Avoir décroché un diplôme, fait des stages ou posséder un carnet d'adresses ne suffisent pas toujours à trouver le CDI, ou même le CDD tant espéré à la fin de ses études. Face à cette réalité, certains redoublent d'efforts(candidatures spontanées, entretiens pour des secteurs qui ne leur correspondent pas forcément), d'autres font preuve d'ingéniosité (traque aux congés maternités ou congés maladie) et d'autres, enfin, préfèrent se lancer dans la grande aventure du freelance

 

Freelance : avantages et inconvénients

 

Le freelance est un travailleur indépendant qui offre, en tant qu'externe, ses services à une ou plusieurs maisons d'édition. Nombreux sont les jeunes diplômés qui se sentent attirés par ce statut. Il est vrai qu'il bénéficie d'un avantage de taille : la liberté d'action. Travailler à domicile permet, d'une part, d'adapter son emploi du temps àses envies (le soir plutôt que le matin, le week-end plutôt que la semaine). Cela nécessite néanmoins une organisation personnelle et une certaine volonté. D'autre part, le freelance n'a aucune limite géographique. Il est fort possible de travailler pour un éditeur parisien depuis Perpignan, ou même à plus large échelle, pour un éditeur français depuis l'étranger. 

 

 


 


(©Giphy)

Travailler chez soi : une garantie de calme et de sérénité. 

 

 

Nécessité ou choix professionnels, le freelance permet, à court ou moyen terme, de rentrer immédiatement après ses études dans le monde du travail, de continuer à gagner en expérience, de générer un revenu plus ou moins conséquent et, surtout, de rester actif le temps de trouver l'opportunité rêvée, en évitant l'inquiétante étiquette « chômage ». À long terme, ce statut permet d'avoir un contrôle complet sur son travail et d'être employé par des maisons, des collections et des titres divers et variés. Le travailleur freelance n'est tenu par aucune clause d'exclusivité, ce qui lui permet de remplir des missions simultanées sur des ouvrages complètement différents.

 

Les types de missions 

 

Parmi les missions proposées par les maisons d'éditions, on retrouve le plus souvent des travaux de corrections, de lecture, de traduction, de maquette, d'iconographie mais aussi parfois de coordination éditoriale ou même des missions relatives au service de presse ou à la communication. 

 

Quant à la quantité de travail, cela dépend du travailleur et de sa capacité à trouver des missions. La prospection est l'une des plus grandes préoccupations du freelance car, n'étant pas sujet à un revenu fixe, il doit planifier ses missions à l'avance afin de ne pas être victime de périodes de creux. Ainsi, l'insécurité financière constitue le principal désavantage d'un tel statut.

 

Si le réseau professionnel ne suffit pas toujours à trouver un poste, il est en revanche souvent très utile pour obtenir des travaux en freelance, d'où l'importance de garder le contact avec ses anciens employeurs de stage, professeurs ou autres connaissances dans le milieu.

 

 


 


(©Giphy) 

Pour travailler en freelance dans l'édition, il vaut mieux être passionné par son métier.

 

 

Comment devenir freelance ?

 

Il existe plusieurs méthodes administratives pour s'engager dans le freelance. La plus simple est le contrat de contributeur. Ce dernier ne nécessite pas la création d'un statut particulier, le travailleur est assigné à une mission ou à un ouvrage par la seule présence d'un contrat. Cela implique que le mode de rémunération est le même que pour un stage, un CDD ou un CDI : il suffit de signer un contrat, d'y adjoindre un RIB et de remplir sa mission. Chaque maison d'édition possède ses habitudes en matière de niveau de rémunération pour une mission donnée. Cette option est certainement la plus simple, mais elle n'est pas la plus courante.

 

Lorsque l'employeur refuse de proposer un contrat de contributeur, il faut alors souscrire à un statut administratif de travailleur indépendant. On en dénote cinq, qui possèdent tous un cadre juridique et fiscal distinct. Néanmoins, le plus couramment utilisé dans le secteur éditorial reste le statut d'auto-entrepreneur. Légalement, celui-ci implique que le chiffre d'affaire annuel ne dépasse pas 32 000 euros HT, soit environ 2660 euros par mois. Si celui-ci est supérieur, le travailleur devra alors souscrire à un autre régime, aux cotisations sociales plus élevées.

 

Créer sa propre auto-entreprise est relativement simple et peut s'effectuer sur internet en quelques minutes.

 

 


 


(©Giphy)

Réussir à monter son auto-entreprise tout seul, sans rien demander à personne.

 

 

Comment le statut d'auto-entrepreneur fonctionne-t-il ? 

 

Lorsqu'il est convenu qu'un travailleur indépendant exercera une mission pour le compte d'une maison d'édition, le premier transmet alors une facture au second. La rémunération ne comporte alors aucune charge (en brut). Ce sera au freelance de payer les cotisations sociales relatives aux droits à l'assurance maladie et à la retraite. Selon un relevé mensuel ou trimestriel, le travailleur devra déclarer et payer à l'Urssaf une somme calculée en fonction des recettes encaissées au cours de la période retenue. En clair, ce n'est pas l'employeur qui déduit les charges du salaire perçu mais le freelance, à raison d'environ 20 % des revenus. C'est alors que l'ACCRE rentre en jeu. Cette aide permet aux jeunes indépendants qui ont entre 18 et 25 ans d'être exonérés d'une part des charges sociales sur une période de trois ans. 

 

En résumé, le statut d'auto-entrepreneur est avantageux pour le travail en freelance car il constitue la structure juridique la plus simple pour une première création d'entreprise. Elle est facile à gérer (ne nécessitant qu'un paiement mensuel ou trimestriel des charges sociales) mais est essentiellement adaptée aux projets dont le chiffre d'affaire est peu élevé. Du point de vue des employeurs, ce statut est également avantageux car il leur permet de ne pas avoir à payer de charges. 

 

Ainsi, le freelance a l'avantage de répondre à un besoin d'autonomie, permettant de travailler aux horaires et aux lieux de son choix. De plus, ce système permet d'effectuer des missions variées, donnant l'occasion au jeune éditeur de ne pas se cloisonner à un seul secteur éditorial ou à un seul type de mission. Néanmoins, le résultat aléatoire de la prospection de missions sous-entend un risque de revenus irréguliers. Enfin, étant son propre employeur, il importe de remplir correctement tous les impératifs administratifs nécessaires.

 

Exercer en freelance est une bonne alternative pour les nouveaux venus sur le marché du travail, mais attention à toujours avoir un coup d'avance !

 

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À mardi prochain !