La librairie, maillon faible, ou le mépris élevé au rang de vertu cardinale

Auteur invité - 05.05.2020

Tribune - Antoine Gallimard librairie - maillon faible librairie - Gallimard mépris libraires


TRIBUNE LIBRAIRIE - Fabienne Van Hulle a créé et dirige à Lille la dynamique librairie indépendante Place Ronde. Suite à l'intervention d'Antoine Gallimard sur les ondes de France Inter, durant laquelle il affirme que les librairies sont le maillon faible de la chaîne du livre, elle exprime ici et sur les réseaux son droit de réponse. 
 


Ça faisait longtemps que ça montait...

J’ai écouté Antoine Gallimard sur les ondes de France Inter hier matin dans ma voiture en allant acheter les croissants du dimanche et le pain de la semaine. Je portais un masque heureusement, je faisais tellement la grimace que j’aurais fait peur aux quelques passants. Les vitres étaient fermées, personne ne m’a entendue. Depuis, je rumine.

Moi, Libraire, chef de ma toute petite entreprise, membre d’une chaîne, je n’apprécie pas du tout d’être traitée, nommée ainsi « le maillon faible ».

NON, PAS DU TOUT !

Le « maillon faible » d’une équipe, c’est celui qui la tire vers le bas. Or, dans notre cas, c’est vous Monsieur Antoine Gallimard, les « grandes » maisons d’édition et vos diffuseurs, vous qui tirez les conditions financières que vous nous accordez vers le bas ! Et non l’inverse.

C’est vous qui avez continué à livrer hypers, plateformes et entrepôts de la grande distribution virtuelle et physique, alourdissant ainsi la distorsion de concurrence pendant ces 8 semaines de confinement et mettant encore un peu plus en péril la librairie indépendante.

Ce sont eux bientôt qui vous dicteront seuls leur loi et vous mettrez votre petit doigt sur la couture de votre pantalon, Monsieur. Vous vous exécuterez pour ne pas tomber.

OUI, la librairie est le maillon d’une chaîne du livre (qui n’est chaîne que lorsque ça vous arrange) affaiblie par des années de surproduction et de conditions financières déplorables.

Il est grand temps que vous l’admettiez et que nous agissions pour redresser la barque avant qu’elle ne soit totalement coulée. Ce n’est pas pleurer, quémander la subvention qui nous sauvera, mais considérer que nous sommes un commerce et que nous devons agir et travailler en patrons responsables.

À bon entendeur.


Fabienne Van Hulle
Librairie Place ronde



Commentaires
Bonjour



Moi même libraire en hyper je peux dire à cette dame qu’hélas Gallimard n’a pas joué le jeu pendant le confinement... ils n’ont pas livré de marchandise dans nos magasins malgré la forte demande de nos clients qui ont retrouvé le goût de la lecture pendant cette période délicate...

Je pense que le vrai « maillon faible » de cette histoire c’est Mr Gallimard hélas.

J’ai moi-même le sentiment que nous , libraire en hyper , nous ne sommes absolument pas considérés par ce monsieur...

A bon entendeur...
Bienvenue au club ! Dans un article précédent je lisais que les petits éditeurs, dont je fais partie, étaient les maillons faibles. S'il y a un maillon faible dans cette chaîne c'est bien les intermédiaires entre les éditeurs et les libraires et non l'inverse. Battons-nous ensemble pour un tarif postal adapté pour le livre, comme ça existe pour la Presse depuis la Libération. Les libraires pourront vendre par correspondance les livres et ainsi ne pas subir de plein fouet la concurrence des grosses plates-formes qui ne font payer que 1 centime les frais d'expédition (et encore pour les livres qu'ils veulent bien vendre et pour lesquels ils obtiennent des remises qui feraient rêver les libraires). Les éditeurs pourraient envoyer directement leurs livres aux libraires quand la chaîne du livre est à l'arrêt. Mais aujourd'hui quand les tarifs postaux coûtent un tiers du prix du livre, quand ce n'est pas plus s'il faut l'envoyer en colissimo quand l'épaisseur dépasse les 3cm, c'est mission impossible et le pré carré de la distribution est bien gardé. Imagine-t-on ce que serait devenue la Presse si elle n'avait pas un tarif postal privilégié ? Vous pouvez lire nos revendications sur le site lautrelivre.fr et les courriers envoyés aux ministres de la Culture et de l'Economie et des Finances. Rejoignez ce combat, qui est vertueux et le seul à pouvoir préserver la bibliodiversité.
Vos jérémiades on y comprends rien, en tout cas moi , ce que je sais c'est que depuis qqs semaines j'ai cherché désespérément des fournisseurs genre drive en librairie pour favoriser les libraires indépendants mais rien en tout cas en " province " qu'avez vous a répondre à ça ?... question
Madame, vous ne comprenez pas les mots... C'est sûrement pour cela que vous n'avez pas trouvé de librairies indépendantes qui effectivement pratiquées le "drive", plus d'une en Province et même dans le 24.. Petite lectrice que je suis, au courant j'étais... grin Peut-être chez vous aucune, mais svp, pas de généralisation..
Vous découvrirez avec joie le site "je soutiens ma librairie" ! https://www.jesoutiensmalibrairie.com/toutes-les-actions
Bonjour à Chacune et Chacun,



Comme je comprends et partage le coup de gueule de ma collègue de Lille ! Si M. Gallimard pratiquait un peu le vélo, il saurait que sur une "chaîne" tous les maillons sont utiles et solidaires pour faire avancer l'engin ! Et quand l'un d'eux défaille, c'est l'intégralité du vélo qui tombe avec celui qui est dessus ! Depuis ma petite librairie indépendante du Doubs (et avec un collègue libraire à 4 kms de moi), nous avons fait des livraisons à domicile à partir de notre stock et j'ai même fait du drive le samedi, entre 12 et 14h00 ! Maintenant et pour avancer, il faut faire front avec tous nos clients car c'est grâce à eux que nous pourrons continuer à exister ! Catherine & Librairie Le Coucou qui lit à Valentigney
C'est drôle, mais je suis ce site depuis peu, et j'ai l'impression que le monde de l'édition est un peu spécialisé en coups de gueules tous azimuts smile



Fabienne, vous ruminez depuis l'intervention de Gallimard. Je pense que lui-même devait ruminer lorsque le ministre Le Maire - préposé à l'économie bien qu'il n'en ait guère les compétences - avait envisagé que les libraires puissent être ouverts pendant le confinement, avant que s'abatte sur lui un torrent d'insultes des premiers concernés qui refusaient de rouvrir.



Chacun voit midi à sa porte, mais Gallimard, Antoine et ses ancêtres, ont fait beaucoup plus que nous tous réunis pour la littérature française, qu'on le veuille ou non. Dans ses propos, je ne crois pas avoir décelé d'animosité à l'égard des libraires. Simplement, si "maillon faible" est sans doute une expression mal choisie, elle exprime que lorsque les librairies sont fermées, c'est tout le secteur qui est en panne. Dit comme ça, vous devriez être moins choqués grin



Alors on va mettre ça sur le compte de l'enfermement prolongé qui excite les esprits. Comme le dit le bon Pr Raoult, "La France est en pleine crise de nerfs".



Vive les éditeurs et vive les libraires, et même vive les e-commerçants ! Restez unis !
Fabienne Van Hulle, je partage votre avis sur les propos d'Antoinne Gallimard.



Ils sont cyniques.



Il lui a fallu une épidémie, prés de 25.000 morts, deux mois de confinement, pour constater que le réseau des librairies est le maillon faible de la chaîne du livre.



Soyons sérieux. Cela il le sait. Il est un des acteurs majeurs de cette faiblesse. Editeur est noble, vendeur de livre, pouah ... Telle est sa pensée. Dans tout secteur économique, le réseau de distribution est choyé, valorisé. Dans celui du livre, il est quantité négligeable. Doit on comparer le salaire moyen d'un libraire et celui d'un responsable de collection chez un éditeur ? Il faut être juste, il n'est pas le seul à agir ainsi. La très grande majorité des éditeurs, petit ou grand, agit de la même sorte, accordant la marge minimum aux libraires pour que ceux-ci puissent survivre.



Pourquoi ce cri du cœur d'Antoine Gallimard ? Serait-il devenu l'abbé Pierre des libraires ? Loin de là. Détrompez-vous ! La raison de cet appel, la place future des acteurs de la vente de livres en ligne. Amazon, Fnac & consorts vont avoir un poids tel qu'ils vont pouvoir dicter leurs lois aux éditeurs. Aujourd'hui, ils le font en partie. Mais les Editeurs compensent les généreuses remises exigées par ces e-acteurs du livres, en accordant de faibles remises aux libraires. Demain, si le nombre de libraires diminue, cette compensation n'existera plus. La marge des éditeurs sera directement impactée. Voilà la seule et vraie raison de ce soudain ralliement d'Antoine Gallimard à la cause des librairies.



Il reste un point sur lequel il a raison, le risque qui pèse sur le réseau de librairies est tel, qu'il est systémique pour la chaîne du livre. Une solution existe : que les acteurs de cette chaîne du livre mettent en place une répartition plus équitable de sa valeur ajoutée. Et cela sans oublier les auteurs.



Marc Georges

La Demeure du Livre
Eh ben dites donc, ça promet si des libraires prennent la plume pour exprimer haut et clair à quel point elles ont des difficultés de compréhension élémentaire. Conclure par "à bon entendeur" quand on est soi-même si mal-entendante, c'est quand même pas mal gratiné.

Petite explication de texte, vite fait, pour mettre un peu de baume sur la susceptibilité si mal placée de Mâme Fabienne Van Hulle.

Lorsque Tonio Gallimuche parle de "maillon faible", il ne signifie évidemment (é-vi-dem-ment !) pas que la librairie, et vous en particulier, tire la chaîne vers le bas. Il signifie que la situation économique (é-co-no-mique !) habituelle des librairies rend leur survie immédiate très problématique.

Et si vous avez écouté Tonio Gallimuche jusqu'au bout, vous avez sans doute noté qu'il disait aussi que si ça pète pour la librairie, ça pètera pour tout le monde, ce qui rend urgent qu'on s'intéresse à la librairie dans son ensemble.

Le maillon faible, faut pas croire que ça ne soit que le nom d'une émission de téloche : ça a aussi un sens plus large, je vous jure, Mâme Fabienne Van Hulle. Faudrait vous pencher sur le vocabulaire avec un peu plus de soin, si je peux vous suggérer une occupation utile.

Sans compter que quand vous accusez Tonio d'avoir livré les hypers, Amazon et toutes les saloperies qui vérolent le métier de libraire, je crois bien que vous vous mettez le doigt dans l'oeil jusqu'au fond de l'estomac vu qu'il me semble bien que les boîtes de distrib' avaient toutes baissé le rideau au début du confinement. Vous avez plutôt intérêt à être sûre de votre coup là-dessus parce que si jamais vous ajoutez le côté langue de pute au côté mal-entendant, ça va finir par faire beaucoup.

Vu vos difficultés de compréhension, si jamais je passe par Lille, rappelez-moi de ne pas vous demander de conseil de lecture.
M'étendre sur le choix de vos mots et vos expressions seraient perte de temps.



Mais deux corrections me semblent importantes



Monsieur Antoine Gallimard a bien dit que les librairies ont le maillon faible. Je le cite ""Il y a un maillon faible dans la chaîne, c'est le libraire".



Certains points de vente ont continué à être fourni par les diffuseurs pendant le confinement. Par contre, cela ne me gène pas. Toute remarque sur ce point est stérile, la librairie n'étant pas le point unique de vente du livre.



Là où le propos d'Antoine Gallimard est gênant, c'est qu'il est un des acteurs de cette faiblesse de la librairie. Aujourd'hui, il ne la découvre pas, il s'en inquiète. A juste titre, pour sa paroisse. Si demain un grand nombre de librairies ferme, les livres se vendront par la vente en ligne. Ces acteurs (peu nombreux) imposeront de dures conditions commerciales à Gallimard & consort. C'est déjà le cas aujourd'hui. Mais Gallimard compense ces conditions commerciales avec les faibles conditions qu'il accorde aux libraires. Si demain, ces libraires n'existent plus, la compensation disparaîtra, et Gallimard sera impacté directement dans son porte-monnaie. Les acteurs du livre ont tous en mémoire les mésaventures d'Hachette aux USA avec Amazon. Ils se disent "pourvu que cela ne puisse pas se produire chez nous". Le cercle fermé des éditeurs a aussi connaissance des malheurs d'un éditeur puissant ayant privilégié ses liens avec les vendeurs en ligne au détriment des libraires, et dont les vendeurs en ligne lui ont imposé brutalement un changement des conditions commerciales. Il n'a eu d'autre choix que d'accepter et de mettre en place un plan social. C'est tout cela qui motive Antoine Gallimard dans sa croisade en faveur des libraires. Ce n'est que ce que Fabienne Van Hulle exprime à sa façon.



Marc Georges

La Demeure du Livre
Dommage que l'esprit critique au sens du Siècle des Lumières ait disparu (pour des libraires, ça la fout mal !) et que beaucoup de libraires préfèrent râler plutôt que de prendre leur destin en mains.

Mais peut-être aussi qu'Antoine Gallimard aurait dû employer l'expression "maillon fragile" plutôt que "maillon faible", comme il l'a fait dans son entretien avec LivresHebdo : https://www.livreshebdo.fr/article/antoine-gallimard-une-crise-tres-grave-qui-impose-des-mesures-fortes-de-solidarite

En tout cas il ouvre la porte, alors c'est le moment de vous bouger et surtout, arrêtez de geindre et décidez d'être heureux, je vous assure, c'est bien meilleur pour la santé !
Pour ma part, je ne geins pas. Je ne fais que souligner le cynisme d'Antoine Gallimard, lui qui a contribué à la fragilité des libraires.



Il ouvre la porte ? Mais la porte est ouverte depuis longtemps. Il a toujours refusé un dialogue dans l'interet de tous les acteurs de la chaîne du livre.



Aujourd'hui, il s'émeut du devenir des librairies. Parce qu'il sait qu'il sera directement impacté si ce réseau disparaît. C'est sa seule et vraie motivation à sa croisade en faveur des libraires.



Quand au sens critique du siècle des lumières, ces posts n'en sont que l'illustration. Sans oublier qu'en ce temps-là, le libraire était éditeur et l'éditeur était libraire...



Croire que les libraires ne se bougent pas, c'est être aveugle ou sourd. Croire que les libraires ne sont pas heureux, c'est stupide. Mais cela ne doit pas empêcher de remettre le discours d'Antoine Gallimard de son contexte et d'en faire une traduction plus juste.



Quand au mot fragile ou faible, c'est une sémantique sans intérêt. Il y a une réalité : le risques librairies est systémique pour toute la chaîne du livre.



Juste une réflexion : si 20 à 30% du réseau disparaît, quel impact ? Le système Prisme pourra-t-il y survivre ? Les distributeurs accepteront-ils de continuer à travailler avec des petites et moyennes librairies ? Ne voudront-ils pas uniquement travailler avec des grands comptes ? Les clients ne se tourneront-ils pas définitivement vers la vente en ligne ? Le sujet est bien trop sérieux pour le traiter avec des balivernes sans intérêt.



Marc Georges

La Demeure du Livre
Cher Marc,

quand j'ai répondu, votre message n'était pas encore en ligne, il était confiné chez le modérateur. Il n'y a donc aucune raison que vous vous sentiez visé par le verbe geindre.

D'ailleurs, je parlais de "beaucoup de libraires", pas de quelqu'un en particulier. Je peux avoir un avis sur un corps de métier dont je fais partie, mais je n'ai aucune propension à juger les êtres humains.

La sémantique, c'est essentiel. Ça permet de ne pas trahir la parole des gens et ça évite les analyses erronées : maillon fragile ne veut absolument pas dire la même chose que maillon faible. L'un incite à la protection, l'autre, comme le dit Fabienne, tire vers le bas.

Il est important aussi d'écouter ce que disent les autres participants à la tribune, notamment ceux qui ne sont pas des libraires : si Marianne17 parle de jérémiades, ça doit nous questionner. Et désolé, mais c'est dans la Méthode Boscher que j'ai pour ma part trouvé le plus d'esprit critique, même s'il s'égare à la fin : j'aimais bien le ton aussi, mais les 5 dernières lignes ont gâché le reste. Dommage !

Cher Marc,

vous dites que la porte est ouverte depuis longtemps. Mais par qui ?

Par vous sûrement, mais pas par Antoine Gallimard, comme vous l'expliquez.

Aujourd'hui c'est lui qui ouvre la porte. Peut-être par cynisme, par intérêt ou parce qu'il sent le vent du boulet, qu'importe la raison : qu'il l'ouvre contraint ou avec le sourire, ce qui compte ce qu'il l'ouvre et que l'on profite de cette ouverture pour foncer, avant qu'elle ne se referme.

Quand j'émets l'avis que les libraires ne se bougent pas, vous en donnez l'illustration parfaite avec votre solution yakafokon. Je vous cite :

une solution existe, que les acteurs de cette chaîne du livre mettent en place une répartition plus équitable de sa valeur ajoutée.

Mais quelle est votre part d'action dans cette proposition ?

Quant à ma dernière phrase qui évoquait le bonheur, c'était tout simplement une citation de Voltaire. Tiens, en voilà une autre que j'aime beaucoup, d'un autre écrivain : l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible !
Votre réponse est facile et sans réel intérêt, elle n'apporte rien au débat.



Quand une personne est en situation difficile, et qu'elle le dit. Elle ne geint pas, elle ne fait que décrire sa situation. Dire qu'elle geint, cela revient à ne pas voir sa réalité.



Les propos de la méthode Boscher, ils sont sans intérêt, polémiques et peu courtois.



Le mot faible est usé à bon escient par Antoine Gallimard. Du mot fragile, il ne veut pas entendre parler, car il use de cette faiblesse des librairies.



Quand on ouvre une porte, il faut dire où et à quel endroit. Si non ce n'est qu'un courant d'air.



Quand à votre yakafocon, c'est au moins le début d'une démarche ou d'une réflexion.

Mais votre remarque est gratuite car vous sortez ma phrase de son contexte. Et ce n'est pas moi dans mon coin qui vais porter la "révolution" dans la chaîne du livre.



Quand vous dites que les libraires ne font rien, cela est faut. Dois je vous rappeler que vous êtes libraire et vous inclure dans ces gens qui ne font rien...



Dire que je ne fais rien, je pourrais vous retourner la question. Il est plus facile de demander à l'autre ce qu'il fait, plutôt que de dire ce qu'on fait.



A ma façon, avec mes moyens, je défend mon métier : pas de vente sur internet, pas d'offices, quasi pas de retour (-3
Faites excuse Dany mon bichon et Marc mon chou, je peux pas résister à l'envie de me mêler de votre crêpage de chignon. Quand vous causiez sémantique, Dany, vous tapiez juste, mais pour le coup vous eussiez dû vous y tenir.

Que Tonio cause de maillon faible ou fragile, on s'en tamponne un peu en fait. Faible ou fragile, ce que ça veut dire, ce n'est pas que ça tire vers le bas, faut s'appeler Fabienne ou Marc pour croire ça ; ce que ça veut dire, c'est que c'est le maillon qui risque le plus de nous péter dans les doigts.

Et quand un maillon pète, c'est bien simple, c'est toute la chaîne qui pète. Pas qui est tirée vers le bas, qui pète. Vous n'avez qu'à mater sur la première bécane venue : un maillon pété, c'est toute la chaîne qui est bonne à jeter.

Sans compter que, faible ou fragile, le maillon "librairie" est aussi indispensable que les autres maillons si on veut que ça reste une chaîne... mais il a besoin qu'on y fasse un peu plus gaffe parce qu'il est toujours tangent du point de vue tréso. Et ça, Tonio l'a très bien pigé.

Si c'est par vertu ou par vice bien compris, franchement on s'en bat les steaks, mes petits. On s'en bat d'autant plus les steaks qu'à mon avis il n'avait pas attendu aujourd'hui pour piger cette évidence, à savoir que le commerce du livre sans les librairies, c'est cramé, plié, mort et enterré, en tout cas comme nous le connaissons, c'est-à-dire avec sa diversité.

Marc, mon petit chou, vous vous croyez sûrement plus mariole que tout le monde, et c'est sans doute ce qui explique que vous asseniez des truismes comme si vous aviez inventé l'eau tiède. Tout le monde, absolument tout le monde, sait que se retrouver face à des interlocuteurs trop balèzes et en situation de quasi monopole est mortel pour les producteurs, quelle que soit la came qu'on fourgue. Vous croyez quoi, que Tonio vous a attendu pour piger ça ? Sérieux ? Eh mon pote, c'est du commerce de base ! Faudrait quand même penser à descendre un peu de vos grands chevaux, mon garçon, et peut-être vous la péter un peu moins.

Je trouve qu'il était bien gentil, Dany Boy, quand il disait "geindre". Moi, j'aurais dit "chouiner". Heureusement que tous les libraires ne sont pas tous taillés sur ce modèle et qu'il y en a un paquet qui se sortent un peu les doigts ! C'est derrière ceux-là qu'il va falloir que nous nous bougions tous.
User d'un style "argotique", pourquoi pas ? Cela fait un peu Titi Parisien, mais sans le talent d'Audiard. Mais là n'est pas l'important. Dans vos propos, il y a quelques idées qui méritent réflexion.



Maillon faible, ce n'est pas moi qui le dit, c'est Antoine Gallimard qui le dit. Je ne fais que commenter son cynisme sur ce point. Mais cela n'est pas très important, c'était juste en réaction à votre réponse au post de Fabienne.



Vous dites, je vous cite "le commerce du livre sans les librairies, c'est cramé, plié, mort et enterré, en tout cas comme nous le connaissons, c'est-à-dire avec sa diversité.". Je ne partage pas votre point de vue. Penser que la librairie est un acteur indispensable du commerce du livre, c'est méconnaître l'histoire de ce commerce. Il fut un temps où le libraire était éditeur. Tous les grands éditeurs d'aujourd'hui ont commencé ainsi, Grasset, Hachette, Gallimard, ... Puis les métiers se sont séparés. Il fut un temps où la librairie avait le monopole de fait du commerce du livre ; aujourd'hui Carrefour est le premier libraire de France ; la part des librairies baisse chaque année ; le dernier Goncourt s'est vendu à + de 55% hors du circuit libraire. Vous prenez la précaution de préciser, je vous cite "comme nous le connaissons, c'est-à-dire avec sa diversité.". Je ne partage pas ce point de vue. Aujourd'hui un nombre croissant de petits éditeurs diffusent leurs éditions sans passer par les libraires, certains refusent de travailler avec ce réseau. Quand au point de vente qui offre la plus grande diversité éditoriale, ce n'est pas un libraire, c'est le grand méchant loup, Amazon.



D'autres secteurs ont chanté la même chanson : "sans nous, point d'issue". Le secteur de la musique en est l'exemple parfait. les disquaires ont quasi disparu, la diversité musicale n'a jamais été aussi grande, les majors compagnies (l'équivalent de nos éditeurs) ne se sont jamais aussi bien portées.



Je mets juste un bémol à cette idée du livre sans librairie. Il y aura toujours des librairies, car le livre a une dimension physique indispensable. Mais si ce réseau n'est pas valorisé à son juste travail, il disparaîtra.



Cela m'offre la transition vers le deuxième point intéressant. Je vous cite "se retrouver face à des interlocuteurs trop balèzes et en situation de quasi monopole est mortel pour les producteurs, quelle que soit la came qu'on fourgue". Je ne partage pas cet avis. Il y a des secteurs en quasi monopole où le producteur soigne avec beaucoup d'attention son réseau de distribution, où il comprend le rôle et l'image que celui peut porter à son produit, où il fait le nécessaire pour que la rentabilité de ce réseau soit présente et confortable. A titre d'exemple : la parfumerie, l'automobile, le vêtement, les fleurs, ... Un contre-exemple : la presse, on voit le résultat. Dans la chaîne du livre, la librairie n'est que peu valorisée. Lors de la négociation de la Loi Lang, il y avait deux solutions : le prix unique ou une distribution sélective. Il a été fait le choix de la première solution, moins contraignante et qui donnait le pouvoir aux éditeurs.



Quand à chouiner, je ne chouine pas pas plus que Fabienne. Si décrire une situation ou montrer l'outrecuidance d'Antoine Gallimard, c'est chouiner, libre à vous.



Quand à votre conclusion, dommage, vous salissez tous vos propos. Sortir les doigts... Fabienne Van Hulle n'a plus à démontrer son dynamisme avec sa librairie. Quand à vous, si on s'en tient à ces posts, on peut en douter.



Il y a deux mois, les acteurs du livres disaient "ce n'est qu'une tempête à passer", il y a un mois, d'autres voix ont commencé à se faire entendre "il faut soutenir les librairies, il faut prévoir un plan de 50 millions d'euros". Avant-hier le président du Centre National du Livre a réclamé un plan de 500 millions d'euros. Le risque librairies est systémique. Certains études vont ressortir que 15 à 20 % du réseau risque de disparaître suite à l'épidemie, certaines parlent même de 30%. Avec quelles conséquences ? Plusieurs risques importants : La plateforme Prisme, le système Dilicom, les éditeurs s'orientant vers les grands comptes uniquement. Si le réseau des libraires n'est traité pour la valeur qu'il apporte à la chaîne du livre, il disparaîtra. Il y a eu des libraires-éditeurs, puis des libraires et des éditeurs, puis des éditeurs ...



Marc Georges

La Demeure du Livre
Asinus, asinum fricat ! Bon vent !
Après des remarques sans intérêts.

Maintenant c'est le tour de la grossièreté.

Remarquez quand on a rien à dire, c'est plus simple.



Juste une remarque, cette expression est mal utilisée, il y a deux ânes ...



et pour paraître brillant vous utilisez le latin.

Comme dirait Leo Castelli, so easy.



Je vous rejoins sur un point : bon vent.



Marc Georges

La Demeure du Livre
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