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“Laissons les librairies ouvertes, c’est plus qu’essentiel !”

Auteur invité - 31.10.2020

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MANIFESTE – Ceci est un cri du cœur, lancé par des libraires de France, soutenu par des auteurs, des éditeurs, des lecteurs, des amoureux des livres. Un cri adressé à notre président, aux membres de notre gouvernement, aux parlementaires, au conseil scientifique, à nos concitoyens, et résumé en quelques mots. Nous espérons que vous l’entendrez : les librairies doivent survivre à cette pandémie.



 

Transmettre


Le livre ne se résume pas à un simple objet. Il donne sens à nos vies. Nous sommes des passionnés, nous sommes des commerces de proximité, nous sommes des refuges dans le tumulte du monde. Dans Zabor ou les psaumes, Kamel Daoud écrit : « J’ai découvert un jour que le mot page vient du mot pays. Quand on ouvre un livre, on pénètre un monde. » Les livres sont ce lien entre nous.

Nous pouvons, nous souhaitons, nous devons transmettre les idées, les mots, la réflexion dans les semaines qui viennent. Le confinement ne doit pas être synonyme d’isolement. 
   

Vivre


Être libraire, ce n’est pas seulement vendre un livre. C’est échanger. Votre libraire connaît vos livres préférés, le prochain qui vous fera frémir, celui qui vous rendra le sourire. Être libraire, c’est aussi défendre des auteurs, porter des maisons d’édition, s’enthousiasmer pour des livres.

Être libraire, c’est être le dernier maillon de la chaîne du livre. Ce reconfinement pourrait s’avérer fatal à de nombreux confrères, en grande difficulté après le précédent confinement. Chaque faillite privera des lecteurs de livres et affaiblira également maisons d’édition et auteurs.
 

Ensemble


Nous avons besoin de vous, autant que le pays a besoin de nous. Nous sommes liés les uns aux autres. C’est la force de ce lien qu’il est essentiel de maintenir.
 

Confiance


Nous sommes conscients de la situation sanitaire, nous vous demandons de nous faire confiance, nous saurons travailler dans le plus grand respect des règles sanitaires.

Ceci est un cri du cœur. Laissons les librairies ouvertes, c’est plus qu’essentiel.


Signataires :

Amandine Ardouin, librairie Saint Pierre Senlis
Dolly Choueiri, librairie des gens qui lisent Sartrouville
Julien Burnat, librairie Le Verbe et l’objet Senlis
Pascal Thuot, directeur général, librairie Millepages, Vincennes
Jean-Philippe Pérou libraire le Silence de la Mer à Vannes
Nathalie Couderc libraire des Rencontres littéraires « Un endroit où aller »
Jeremy Derny Librairie L’impromptu Paris
Marie-Adelaide Dumont librairie Doucet Le Mans
Olivia de Lamberterie, journaliste
Mahir Guven, écrivain et éditeur 
Tatiana de Rosnay, écrivaine
Monica Sabolo, écrivaine
Caroline Dorka-Fenech, écrivaine
Hadia Decharriere, écrivaine
Stephanie des Horts, écrivaine
Véronique Olmi, écrivaine
Caroline laurent, écrivaine et éditrice
François-Henri Désérable, écrivain
Sébastien Spitzer, écrivain
Laurence Couquiaud, écrivaine
Joel Renaudat, Directeur Artistique
Agathe Ruge, écrivaine 
Miguel Bonnefoy, écrivain
Véronique Cardi, PDG des éditions Lattès
Anne-Sophie Stefanini, écrivaine et éditrice
Jeanne Morosoff, éditrice
Lucie Caubet, attachée de presse
Clara Dupont-Monod, écrivaine et éditrice
Éric Charpentier, représentant 
Camille Racine, responsable éditoriale La Bête noire/Ailleurs & Demain
Renaudat.Joel, directeur Artistique
Sonia Haulet, blogueuse
Dorothée Perrouin-Verbe, chercheuse et enseignante
Constance Trapenard éditrice
Vincent Eudeline responsable des relations libraires
Emmanuelle Favier, écrivaine
Jean-Pierre Siméon 
Thierry Corvoisier, relation libraires
Olivia Elkaim, écrivaine 
Catherine Bardon, écrivaine 
Frédérique Deghelt, écrivaine 
Alexandre Galien, écrivain
Maïté Ferracci, directrice littéraire
Charlotte Milandri, fondatrice des 68 Premières Fois
Nicolas Houguet, écrivain
Marc Lesage, traducteur
Nicolas Carreau, journaliste Europe 1
Charlotte de Prémare, éditrice
Marie-Madeleine Rigopoulos, commissaire générale du Livre sur la Place
Olivier Liron, écrivain
Aurélie Valognes, écrivaine


crédit photo : angle Quai de la Pêcherie et rue de la Platière, à Lyon. Fresque murale de 400 mètres, symbolisant une bibliothèque en hommage aux humanistes de l’École lyonnaise - ActuaLitté, CC BY SA 2.0


Commentaires
Le jour où je verrais des libraires manifester dans la rue pour exiger des éditeurs une revalorisation conséquente des droits d'auteur, ce jour-là, les poules auront des dents. smile

Pour rappel, l'auteur touche au grand maximum 10 pour cent (hors-taxes (?)) du prix du livre, alors que le libraire touche lui 35 pour cent, l'éditeur 21... Et me parlez pas de l'argument du loyer, des charges... C'est juste un pur scandale dont toute la chaîne s'accommode depuis toujours par un silence complice qui touche au déni...
La situation des auteur(e)s est intolérable. C'est pour ça qu'une proposition de loi de soutien a été déposée l'an dernier à l'assemblée par le député de l'Ariège Michel Larive, repoussée par LREM et LR; le même député et son groupe militent pour une révision drastique du contrat d'édition et soutiennent la demande du CPE pour un droit d'auteur minimum de 10%, ainsi qu'un rééquilibrage des droits en ce qui concerne la BD et la jeunesse. Ce qui est clair, c'est que des rafistolages comme ceux proposés par Hachette et Editis (site dédié aux auteurs ou "maison des auteurs") ne sont pas à la hauteur des enjeux, c'est un euphémisme.
- tout "lecteur" n'ayant ni plusieurs livres d'avance, ni plusieurs livres à relire dans sa bibliothèque, ni anticipé le confinement pour faire un stock, n'est pas un lecteur;

- toute entreprise ne survivant pas à la crise actuelle et ce malgré les aides conséquentes était condamnée à court terme;

- le livre n'est pas "essentiel", autrement la population de ce pays serait réduite à peau de chagrin;

- le libraire peut mettre en place de click and collect et conseiller par téléphone;

- si le service en librairie est si bon, tout client se tournant vers Amazon le temps du confinement reviendra dans sa librairie à sa réouverture.



Polémique ridicule. Tout est essentiel si on écoute les français. Le livre n'est nullement plus essentiel au lecteur que le coiffeur à l'élégante ou la salle de sport au sportif.
Une initiative vitale ! Pour ne pas être réduits à des tubes digestifs, des corps à soigner, des consommateurs de séries télé, des navigateurs sur le Net. Comment le corps peut-il aller bien sans aliment littéraire et culturel ? Ces restrictions et ces oublis en disent long sur les priorités d'un monde marchand, matérialiste, obscurantiste.
Voici un extrait de la lettre aux instituteurs de Jean Jaurès que les enseignants devront lire demain aux élèves. Comment dès lors leur expliquer que les librairies restent fermées ...?

"Comment donnerez-vous à l’école primaire l’éducation si haute que j’ai indiquée ? Il y a deux moyens. Il faut d’abord que vous appreniez aux enfants à lire avec une facilité absolue, de telle sorte qu’ils ne puissent plus l’oublier de la vie et que, dans n’importe quel livre, leur œil ne s’arrête à aucun obstacle. Savoir lire vraiment sans hésitation, comme nous lisons vous et moi, c’est la clef de tout. Est-ce savoir lire que de déchiffrer péniblement un article de journal, comme les érudits déchiffrent un grimoire ? J’ai vu, l’autre jour, un directeur très intelligent d’une école de Belleville, qui me disait : « Ce n’est pas seulement à la campagne qu’on ne sait lire qu’à peu près, c’est-à-dire point du tout ; à Paris même, j’en ai qui quittent l’école sans que je puisse affirmer qu’ils savent lire. » Vous ne devez pas lâcher vos écoliers, vous ne devez pas, si je puis dire, les appliquer à autre chose tant qu’ils ne seront point par la lecture aisée en relation familière avec la pensée humaine. Qu’importent vraiment à côté de cela quelques fautes d’orthographe de plus ou de moins, ou quelques erreurs de système métrique ? Ce sont des vétilles dont vos programmes, qui manquent absolument de proportion, font l’essentiel.



J’en veux mortellement à ce certificat d’études primaires qui exagère encore ce vice secret des programmes. Quel système déplorable nous avons en France avec ces examens à tous les degrés qui suppriment l’initiative du maître et aussi la bonne foi de l’enseignement, en sacrifiant la réalité à l’apparence ! Mon inspection serait bientôt faite dans une école. Je ferais lire les écoliers, et c’est là-dessus seulement que je jugerais le maître.



Sachant bien lire, l’écolier, qui est très curieux, aurait bien vite, avec sept ou huit livres choisis, une idée, très générale, il est vrai, mais très haute de l’histoire de l’espèce humaine, de la structure du monde, de l’histoire propre de la terre dans le monde, du rôle propre de la France dans l’humanité..."
Vu le niveau culturel de nos politiques, il serait peut-être plus simple de dire que les librairies ouvrent car elles vendent du papier WC imprimé. En effet, cela parlera plus à tous les politiques, qui ont vu des ruées sur le papier WC.
En appeler aux parlementaires, pourquoi pas. Il y en a pour avoir protesté contre la fermeture des librairies dès l'annonce du gouvernement : ç'aurait été encore mieux de le souligner.



Bon à savoir : la chaîne du livre, et encore moins la librairie, n'est pas une citadelle assiégée.
Soutien a nos librairies.. qu elles restent ouvertes car essentiellement dans nos vies de confines : nourrisse notre esprit !
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