Le contrôle du grand capital sur la liberté de la parole, drame de l'édition

Auteur invité - 03.08.2020

Tribune - monde justice livre - éditeurs indépendants monde - lettre ouverte auteurs


« Alors que nous sommes entrés dans le XXIe siècle, il est difficile de dissocier la fin des moyens : que dire, et où le dire ? » Dans cette lettre ouverte, les membres de l’Alliance internationale des éditeurs indépendants proposent à l’ensemble des acteurs du livre de réfléchir avec elles et eux à leurs pratiques, et aux impacts qui en découlent. 



 
Elles et ils appellent notamment les auteurs, les universitaires et les intellectuels à travailler pour des projets dont la vocation est de transformer l’ordre des choses et non de le consolider, à publier leurs œuvres dans les maisons d’édition indépendantes de leur pays, et à privilégier également des maisons d’édition indépendantes lorsqu’il s’agit de céder les droits étrangers et de traduction de leurs œuvres. 

Alors que le monde entier subit les conséquences sanitaires, sociales, économiques de la pandémie, les écosystèmes du livre et les maisons d'édition indépendantes sont davantage fragilisées, et pour certaines, tentent de survivre. Si la solidarité entre les créateurs et les professionnels du livre est un des fondements pour la bibliodiversité, cette solidarité s’avère vitale dans le contexte actuel.

« C’est un fait, les sociétés transnationales, quel que soit leur domaine d’action, sont l’expression même du système qui nous domine. Les choisir comme maisons d’édition, n’est-ce pas, d’une manière ou d’une autre, laisser le monde des idées transformatrices aux mains de ceux qui jettent les bases du modèle que nous critiquons ? 

N’est-ce pas renforcer le contrôle du grand capital sur la parole et notre vie quotidienne ? Par ailleurs, comment ne pas s’interroger sur les investissements croisés des groupes d’entreprises qui possèdent les maisons d’édition ? Et ces croisements, sont-ils neutres ?
»

Le courrier est ici reproduit dans son intégralité.

Lettre ouverte des éditrices et éditeurs indépendant.e.s aux autrices, auteurs et intellectuel.le.s engagé.es pour un monde plus juste 



 

Cette lettre est disponible en espagnol, français, anglais, arabe et portugais.


illustration Memed_Nurrohmad CC 0




Commentaires
C'est bien mignon, mais ça rassemble furieusement à la jalousie commerciale. Faîtes comme eux : alliez-vous et fabriquez un grand groupe NATIONALE.

Et puis ne faîtes pas comme eux : PAYEZ correctement vos auteurs et faîtes en un mantra. Vous verrez, vous gagnerez beaucoup en reconnaissance !
Auteur d’une quarantaine de titres, la moitié chez les gros éditeurs « dépendants » l’autre moitié chez les petits « indépendants », je constate que ces derniers, les éditeurs « indépendants », ont souvent une conception étonnante de leur partenariat avec les « créateurs » (quel beau mot !) : ils sont rares à produire annuellement la reddition des comptes de l’auteur, comme pourtant la loi mais aussi le respect de leur parole (contractuelle) l’exigent, et donc à verser les droits d’auteur… il leur arrive même de ne pas faire de contrat !

Alors que les gros éditeurs, les « dépendants » du capital, des fonds de pension respectent au moins ces règles de base…
C'est un peu drôle de s'adresser aux auteurs comme s'ils avaient le pouvoir. A part forte notoriété déjà acquise, ce sont moins les auteurs qui choisissent dans quelle maison ils vont publier que les éditeurs qui choisissent les auteurs qu'ils vont publier. Dans la mesure où les maisons d'édition indépendantes ont une production moindre, elles ont moins de possibilité financière de retenir un grand nombre de manuscrits. Il y a donc moins de chance de se faire publier chez elles que chez de grands groupes. Les auteurs auraient donc le devoir de vouer leur allégeance aux maisons qui peuvent plus difficilement leur faire atteindre leur objectif professionnel ? C'est un appel au sacrifice, encore une fois dirigé vers le maillon le plus faible de la chaîne. Quand les éditeurs indépendants seront prêts à faire des sacrifices pour les auteurs, on en reparlera...
Autre suggestion : que les maisons d'édition indépendantes acceptent de recevoir des manuscrits sous format électronique et s'organisent pour pouvoir les lire facilement et confortablement (liseuses).

Cela permettrait de soumettre rapidement et sans frais des manuscrits à un grand nombre d'entre elles avant de se tourner vers les grands groupes.

C'est une fortune que les auteurs investissent dans l'envoi de manuscrits imprimés, reliés et expédiés, en plus du temps consacré à ces envois. Alors s'il faut prioriser les maisons qui risquent le plus de les rejeter, c'est comme jeter volontairement de l'argent par les fenêtres !

C'est aux maisons de s'organiser pour ne pas être en plus un trou sans fond dans le budget des auteurs. Si vous voulez qu'ils vous priorisent, il va falloir leur tendre la main et leur faciliter la tâche. Ça va dans les deux sens, ou c'est du pipeau.
@thelx Bonjour, il est en effet très simple et et pas vraiment coûteux par rapport au budget que représente les épreuves papiers de se faire réaliser un ePub du manuscrit ou des EP1. De notre côté, en tant que prestataire de service (graphisme, mise en page réalisation d’ePub), aucun auteur ni éditeur nous a demandé de réaliser un format électronique permettant d’envoyer de manière sécurisée (en y intégrant un tatouage par exemple) leur manuscrit. Ce serait une belle économie c’est certain ! Plus d’info et proposition concrète sur plaisirdecrire.fr Bien cordialement
Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.