Le livre en danger : “Nous, auteurs, ne voyons pas comment survivre à la crise actuelle”

Auteur invité - 14.05.2020

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L’importance économique des « industries culturelles » dont fait partie la filière du livre est majeure. Or, nous, auteurs, ne voyons pas comment survivre à la crise actuelle alors que les conséquences de celle de 2008 nous ont déjà durement atteints, ainsi que tous les acteurs du livre.
 
par le SELF,
Syndicat des écrivains de langue française 


The Digital Artist CC 0

 
Nous demandons une concertation urgente avec les ministères concernés — au premier chef la Culture et l’Économie — pour sauver de la disparition les acteurs les plus vulnérables du monde du livre : non-salariés ou « externalisés » (auteurs, traducteurs, illustrateurs, dessinateurs, graphistes, photographes, correcteurs...) et salariés menacés de licenciement (édition, imprimerie, distribution-diffusion, librairie...). Quant aux étudiants inscrits dans ces différentes branches, ils arriveront dans un paysage dévasté où régneront chômage et stages gratuits.

Les aides déjà mises en place — dont les critères continuent d’exclure les non-salariés débutants — et les mesures complémentaires annoncées le 6 mai 2020 par le Président de la République ne nous semblent pas répondre à l’ampleur de la crise, non plus qu’aux lendemains difficiles qui s’annoncent.

En effet, un point essentiel des métiers du livre n’a pas été pris en compte : le décalage des revenus dans le temps. Un livre publié n’est pas un livre payé tout de suite. Les droits d’auteur seront réglés dans six mois, un an, parfois plus. Un auteur ne pourra évaluer ses pertes réelles avant deux ans. Quant aux défauts de paiement dus aux dépôts de bilan des éditeurs, ils ne seront jamais compensés pour les auteurs, qui ne sont pas les créanciers prioritaires.

De la même façon, il est impossible d’évaluer la perte pour les contrats remis à plus tard ou à jamais : comment savoir ce qui se vendrait ? On ne peut déjà pas le prévoir en temps normal !

De surcroît, nombre de libraires et d’éditeurs indépendants, éléments indispensables de la diversité et de l’audace du monde du livre en France, vont sortir exsangues du confinement. Les dépôts de bilan en cascade se profilent dans un futur très proche, de l’ordre de quelques semaines ou quelques mois.

Nous n’avons pas tant besoin d’une aide ponctuelle – qu’elle se matérialise par une exonération de cotisations sociales à terme néfaste aux régimes sociaux des auteurs, ou par un programme de commande et d’emplois nationaux qui ne peut se substituer à la richesse incomparable du monde du livre en France, fort de toutes ses parties (auteurs, éditeurs, libraires, lecteurs) – que d’un plan de sauvetage à long terme pour les maillons les plus vulnérables de la filière, les non-salariés, les libraires et éditeurs indépendants, avec des plafonds réalistes. 

Il en est de même, cela va sans dire, pour l’ensemble de la filière du livre. Nous appelons les ministères concernés à une concertation complète avec les syndicats et autres organes représentatifs de tous les métiers ; nous y participerons, forts des propositions que nous avons déjà eu l’occasion d’exprimer en convergence avec d’autres syndicats et organismes représentatifs des artistes-auteurs. 

C’est urgent. « La maison est en feu ! »
 


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