Le modèle économique du salon des éditeurs indépendants

Clément Solym - 11.11.2009

Tribune - modele - economique - salon


Depuis 7 ans, même en pleine crise, le salon de L’autre LIVRE reçoit gratuitement 5 000 visiteurs en plein centre de Paris. Les stands y sont pourtant 20 fois moins chers pour les exposants qu’au salon du Livre de la Porte de Versailles, situé à la périphérie et dont l’entrée est payante.

L’indépendance semble payante !

Par ailleurs, alors que L’autre LIVRE milite pour une politique publique pour le livre, les subventions publiques de son salon sont inférieures à des évènements parfois de taille plus modeste. Ces aides plafonnées à 20 000 euros annuels doivent couvrir le fonctionnement annuel de la plus importante association d’éditeurs indépendants qui, avec un seul permanent, réalise d’autres actions pour l’édition indépendante : stands et débats aux salons du livre de Paris, de Genève ou au marché de la poésie... pétitions pour la baisse des tarifs postaux ou négociation des prix du Salon du livre, etc.

Enfin, il n’y a aucun sponsor privé pour assurer une indépendance totale de ligne éditoriale.
Même les grands médias et la presse rattachée à de grands groupes ne sont pas partenaires.
 
La « bibliodiversité » comme modèle

En pleine crise, une telle réussite avec autant d’indépendance mérite d’être soulignée. Avec un budget de seulement 15 000 euros pour l’ensemble du salon, l’association L’autre LIVRE doit mobiliser ses éditeurs adhérents et optimiser son organisation sur tous les postes : location, mobilier, sécurité, animation, promotion, etc. Les adhérents participent à l’organisation du salon, les éditeurs communiquent activement sur l’évènement, les portails littéraires partenaires relaient l’information, etc. La communication est une affaire humaine.

Les fournisseurs sont attentivement consultés, du fabricant du badge distribué gratuitement à l’encre de l’annuaire offert aux visiteurs, en passant par le distributeur de café équitable vendu sur le salon.
Cela dit, il ne suffit pas de limiter les frais pour séduire. Il est difficile d’attirer des milliers de visiteurs, même gratuitement, sur un salon du livre, alors que l’offre se multiplie.


D’autant plus que l’autre LIVRE est un salon généraliste (roman, essais, poésie, SF, théâtre…).
Il ne s’adresse pas à un seul public (contrairement par exemple au salon du livre jeunesse de Montreuil).

Le salon rassemble sur 1000 m², 150 éditeurs (et non des auteurs ou des libraires), indépendants (qui ne dépendent pas d’un groupe dont l’édition est une des activités), ne réalisant ni de l’autoédition ni de l’édition à compte d’auteur (qui prennent des risques pour créer le livre d’un auteur). Le salon des éditeurs indépendants fait ainsi découvrir les talents de toutes époques, dénichés dans le monde entier par des lectures avec des comédiens, des dédicaces, des rencontres, des conférences et des débats …

La pluralité du public du salon de l’autre LIVRE est ainsi liée à la diversité des exposants. Cette « bibliodiversité » plaît au lecteur qui peut la découvrir ici si l'information lui arrive.

L'Autre-LIVRE