Les éditeurs français appellent “au respect de la liberté d'expression en Turquie”

Antoine Oury - 16.11.2016

Tribune - SNE Turquie - Turquie Erdogan - Turquie liberté d'expression


Depuis le mois de juillet 2016, la Turquie traverse une crise politique : après un coup d'État manqué visant son gouvernement, le président Recep Tayyip Erdogan mène une purge qui vise les opposants, les médias, les maisons d'édition et les citoyens en général. Le Syndicat national de l'édition, organisation professionnelle qui représente plus de 600 maisons d'édition françaises, publie un message d'alerte.

 

Recep Tayyip Erdogan - World Economic Forum Annual Meeting Davos 2006

Recep Tayyip Erdogan, président turc, en 2007

(World Economic Forum, CC BY-NC-SA 2.0)

 

 

Nous reproduisons ci-dessous l'intégralité du message du SNE :

 

Le 29 octobre dernier, par décret, les autorités turques ont décidé la fermeture de dix journaux, qui viennent s’ajouter aux 45 fermés au cours des derniers mois, et d’une maison d’édition, Evrensel Basim Yayin. Créée en 1988, elle possédait un catalogue de 700 titres et publiait des ouvrages de fiction et de non-fiction. Elle était en outre adhérente à l’Association des éditeurs turcs, elle-même membre de l’Union Internationale des Editeurs (UIE). Evrensel Basim Yayin est ainsi la 30ème maison d’édition turque contrainte à l’arrêt et à la fermeture par les forces armées du régime en place.

 

Cette nouvelle atteinte à la liberté d’expression et de publication s’inscrit dans un mouvement plus large d’arrestations sommaires et d’emprisonnements de centaines d’auteurs et de journalistes, opposants au régime du Président Recep Tayyip Erdoğan, dont la célèbre romancière Asli Erdogan, emprisonnée depuis le 17 août. Les procureurs turcs viennent de réclamer pour cette dernière la prison à vie. Dans son dernier livre, Le Bâtiment de pierre publié en France en 2013, aux Editions Actes Sud, elle s’était insurgée contre les conditions de détention en Turquie et contre l’utilisation de la torture.

 

Le Syndicat national de l’Edition, membre de l’UIE et de son comité « Liberté de publier », condamne fermement ces nouvelles atteintes aux libertés d’expression, de publication et plus largement aux Droits de l’Homme universels.

 

Il appelle le gouvernement français, l’Union européenne, le Conseil de l’Europe, et toutes les instances internationales compétentes, à prendre les mesures nécessaires afin de permettre la réouverture des 30 maisons d’édition turques et la libération de tous les citoyens, auteurs, journalistes, universitaires, intellectuels empêchés de dire, d’enseigner, d’écrire et de publier librement.

 

Plus d'information sur la censure d'Erdogan et le coup d'Etat en Turquie.