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Making-of d'un court-métrage : Journal de bord d'un acteur

Association Effervescence - 26.11.2013

Tribune - tournage - réalisation - court-métrage


Chaque semaine, ActuaLitté, en partenariat avec l'association Effervescence, réunissant les étudiants et anciens élèves du Master Édition et Audiovisuel de Paris IV-Sorbonne, vous donne rendez-vous : retrouvez dans les colonnes de notre magazine une chronique, réalisée par les étudiants de la formation, racontant la vie du Master et de l'association. Cette semaine, nous vous invitons à plonger au cœur du tournage du court-métrage réalisé par la promotion Audiovisuel 2012-2013 du Master.

 

Chaque année, la quinzaine d'étudiants de l'option Audiovisuel doit réaliser un court-métrage, de l'écriture du scénario à sa diffusion. En réalisant Un goût d'aubergine, dont vous pouvez voir la bande annonce sur notre chaîne Youtube, la promotion 2012-2013 a respecté le genre imposé de la comédie, en un temps et un budget limités. Ce professionnalisme des étudiants, nous vous en parlions déjà il y a quelques mois mais, cette fois, nous vous proposons une immersion dans cette aventure cinématographique sous la plume et à travers le regard de Philippe Richardin, l'un des acteurs du film.

Journal de bord.

 

Mercredi 13 février – Matinée – J'épluche les annonces sur cinéaste.org – « Homme 35-40 ans, costaud, mal rasé avec un fort caractère. »

Je corresponds aux critères, réponse par mail, CV, photos et petit mot. 

 

Un peu plus tard dans la journée – Coup de téléphone, voix féminine, sérieuse, pro. Retenu pour le casting. Cool. Puis mail avec le scénario et scène à travailler pour casting le lendemain. 

Réception du mail, lecture du scénario. Bien, très bien. Comédie rythmée, une histoire avec un début, un milieu et une fin, enfin ! C'est rare. Découverte du personnage, de la situation, des enjeux, des objectifs ; apprendre le texte. Se préparer. RDV pris pour le lendemain matin 9h50 – c'est tôt – dans les locaux de la Sorbonne. 

 

Jeudi 14 février – 9h – Je pars de chez moi, suis pas en avance – comme d'habitude – quel métro ? Le plus rapide ? J'ai tout, adresse, numéro de tél, le texte. Je le connais… Bon, ça passera. 

J'arrive juste à l'heure. Coup de tél devant la Sorbonne, on vient me chercher, sympa. Première fois dans la Sorbonne. C'est magnifique. Dire que c'est pour étudier, pour apprendre, ici – eh ben. Couloir, escalier ; marbre, parquet. Salle du casting : trois personnes dans la salle, bibliothèque. Une caméra, un cadreur et deux autres personnes. Présentation : qui fait quoi. 

 

Je sais que je ne m'en souviendrai plus dans 5 minutes mais c'est pas grave. « Bonjour. » « Bonjour. » C'est détendu. Ah, pas la réalisatrice mais une DA (directrice de casting), OK, c'est sérieux alors. Présentation face caméra, nom prénom, actualité, qui je suis, classique. La DA me parle du film, de l'histoire des personnages. Les dates de tournage. Je vérifie mes dispos – c'est bon. Elle me fera la réplique. OK, première prise. Indications de jeu. Deuxième prise. OK ; une improvisation. Indication, ça tourne. Prise. Merci. Petit mot sur le scénario sincère et au revoir. Voilà, c'est fait. Je sors de la Sorbonne.

 

Vendredi 15 février – Téléphone. Allô Philippe, c'est toi qui es retenu pour le rôle de Barnabé. Content. Très content… RDV pris pour le lundi soir pour répétition chez le comédien principal, Romain, dans le 18e, à 16h.

 

Lundi 18 février – Je cours dans Paris. Suis en retard – très en retard. Sors d'un RDV à l'autre bout de Paris, laissé texto, message. Mais vraiment très en retard. 45 minutes ! Les comédiens sont tous là à l'heure. La réalisatrice, Émeline, et son assistante. Rencontres, découverte de mes partenaires. Travail des scènes. Indications de jeu. On parle costumes. C'est rapide. Romain joue au théâtre ce soir-là. 

 

Lundi 18 à mercredi 20 février – Des échanges par mail avec l'assistante réal sur le plan de travail ; les horaires, les lieux de RDV. Feuille de service.

 

Vendredi 22 février – RDV fin de journée dans une rue dans le 16e. C'est mon premier jour mais le tournage a commencé la veille. Il fait nuit, il fait très froid (-5 °C). Tournage extérieur nuit dans une voiture. L'équipe s'installe. On en aura jusqu'à 1h du mat' facile. Moteur, c'est bon pour le son. « Clap », « Action », premier plan dans la voiture avec Romain, mon frère dans le film. Prise 1, indications de jeu de la réalisatrice. On la refait. Équipe nombreuse, bienveillante. On se réchauffe dans les voitures entre deux plans. Voisine excédée par le bruit du générateur à côté de la fenêtre de sa chambre. Mini-crise bien gérée par la prod. 

Fin de tournage dans les temps. 

 

Dimanche 24 février – Tournage intérieur – Appartement – Montreuil. 

Tout le monde est là ; petite fourmilière où chacun s'active. Techniciens, maquilleurs, comédiens. 

Tournage de plusieurs plans. Réglages lumières, changement d'axe de caméra. Un prof qui surveille, qui donne parfois des indications, des conseils sans être interventionniste. Filage technique, filage artistique. Échange entre la réalisatrice et son assistante réal. Chacun est à son poste.

 

Bonne journée, longue mais dans une bonne ambiance sérieuse et humaine. 

 

 

 

 

 

Jeudi 28 février – Tournage intérieur – Appartement – Montreuil.

Deux jours de tournage d'affilée, jeudi toute la journée et vendredi l'après-midi et soir pour moi. Équipe toujours aussi sympa, même si la fatigue se fait sentir le jeudi. 

 

 

 

 

Vendredi 1er mars – Tout le monde est là depuis tôt le matin, j'arrive en début d'après-midi en retard, je sors d'un autre tournage. Équipe déco au travail. Maquillage, préparation. Discussion avec la réalisatrice et les autres comédiens. 

La fatigue se fait sentir, un peu de tension. C'est le dernier jour de tournage. Propositions des comédiens lors des répétitions. Discussion sur les personnages. Négociations. Émeline, la réalisatrice sait ce qu'elle veut, elle garde son cap. C'est bien. Arrive une prof de la fac. Palabres entre elles, la réalisatrice, la scénariste. Désaccords sur des choix, ça tergiverse. Moment de flottement, il est tard. Tout le monde est fatigué. Elles tiennent bon, protègent les comédiens, c'est bien, j'apprécie. On reprend le tournage. Dernière scène, dernier plan, il est 23h. 

 

Rangement, bouteilles qui s'ouvrent, on trinque. Musiques, le décor devient dancefloor. On décompresse. Des Au revoir, des À bientôt.

 

 

 

 

Mardi 5 mars – Appel d'Émeline. Problème sur la caméra pendant le dernier jour de tournage. Retake de tous les plans tournés la journée du vendredi. RDV pris dimanche prochain. C'est la vie.

 

Dimanche 10 mars – Tournage intérieur – Appartement – Montreuil

Tout le monde est à nouveau là. C'est reparti pour un tour. Il faut retrouver l'énergie. Ça va plus vite. Beaucoup plus vite. 

Voilà c'est fait, cette fois-ci c'est bon.

 

Puis, des nouvelles sur le montage, la post-production, la bande-annonce. 

Un mail, invitation pour la projection avec l'équipe du film, le 25 juin à la Sorbonne. 

 

Mardi 25 juin –20h – RDV à la Sorbonne. Ce lieu est vraiment incroyable. 

Retrouvailles, réal, techniciens, comédiens – Noir salle, lancement du film. 

La magie. 

 

 

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