Mehdi Meklat, caution déchue pour la bien-pensance

La rédaction - 25.02.2017

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Mehdi est donc d’une banalité extraordinaire, se faisant les nerfs et vidant ses frustrations de petit con victimaire sur internet avec une sensation — fictive — d’impunité. Il est rejoint en cela par les petits identitaires nazillons des réseaux qui — dans le réel — sont d’aimables larbins taiseux et qui jouent les costauds dans les méandres électriques du réseau mondial.

par Leonel Houssam

"Les trolls sont désormais hors service"

 

Fallen Angel

Susana Fernadez, CC BY ND 2.0

 

 

 

Mehdi est véritablement devenu un paria aujourd’hui. Ses milliers de tweets pseudo-fictionnels racistes, homophobes, abjects (il n’a jamais mis un seul avertissement en ce sens à l’époque où il dégueulait sa haine) lui permettent d’être un réel mis au ban, un banni du monde douillet et égocentré qu’est le microcosme médiatique et artistique parisien.

 

Sa prétention à entrer dans le monde du spectacle — et ce, malgré un talent indéniable — lui a fait oublier que la provocation et l’agression — furent-elles virtuelles — doivent être menées avec la conscience du risque et des conséquences de ce risque.

 

Sa figure de petit mec gentil, ses postures de banlieusard intégré « malgré une jeunesse difficile dans la cité bla-bla-bla » étaient le masque qu’il s’était fabriqué pour se faire une place au soleil dans l’establishment gauche caviar. Finalement, comme tant d’autres, il a le courage d’un troll. Sa vie de pestiféré vient de débuter, il peut remercier pour ça son ambition démesurée et aveuglante et sans doute son manque total de vision sur le monde dans lequel il vit.

 

Il peut aussi remercier ses employeurs publics et son éditeur qui l’ont exhumé de sa périphérie comme ils le font régulièrement par pur acquis de bonne conscience, afin de justifier leurs propres cloisonnements de classe et de culture. Ils sont toujours friands du petit rebeu brillant qui passe bien au micro et à l’écran, transportant avec lui tous les poncifs d’une banlieue qui ferait pleinement partie du roman national.

 

Mehdi, plutôt que de se suicider ou de sombrer dans la délinquance de quartier, a opté pour l’extrême violence virtuelle. Il l’a choisi. Il l’a assumé pleinement — lire son interview dans Télérama —, mais ses revenus récents lui étaient versés par ceux qu’il insultait auparavant.

 

"Il a mis au grand jour une culture nauséabonde de la haine"

 

Le pire, c’est qu’il éructait non pour changer le monde ou même le détruire, mais uniquement pour cabosser les carrosseries de voitures abîmées. Il représentait pas mal de banlieusards dieudonnistes qui se marrent beaucoup, mais au dépens d’autrui, envers et contre ceux qu’ils « topent » comme maître du « complot » ou du « système » ou du « système du complot » ou « du complot du système ».

 

On ne sait plus très bien.

 

En banlieue, l’antisémitisme est une réalité, l’homophobie est une réalité, la misogynie est une réalité. Afin de disqualifier celui qui rappelle ce type de vérité, on le classe dans la catégorie « Islamophobe », « raciste » et que sais-je encore. Mehdi Meklat s’est senti intouchable parce qu’il était derrière un écran, mais aussi parce que dans certains quartiers, on ne voit plus rien à redire quand il s’agit de désigner les homos, les femmes, les juifs comme les êtres à abattre ou à humilier.

 

Invité de La Grande librairie, Mehdi Meklat rattrapé par des messages de haine 

 

La vacuité haineuse d’un pathétique larbin de ses propres fantômes culturels et sociaux.

 

Il a beau se positionner de nouveau en victime, victime de son « moi maléfique » (laissez-moi rire), du manque « d’humour » des médias, des femmes, des juifs, des homosexuels, des républicains, des autorités, des internautes, de « ceux qui l’aiment », il a mis au grand jour une culture nauséabonde de la haine, un fiel corrosif qui se répand rapidement dans toutes les périphéries de France avec le soutien naïf et/ou intéressé de médias mainstream de gauche totalement complices.

 

Voilà, il n’y a rien de plus à dire du jeune Mehdi qui s’en retourne à sa périphérie. Qu’on se rassure, ses employeurs trouveront rapidement son remplaçant, le petit banlieusard-caution au service de la « bien-pensance ».