Rappeler aux jurés de prix littéraires que #LesTraducteursExistent

La rédaction - 18.10.2016

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On peut penser au Femina, mais, pour les traducteurs, bien d’autres prix littéraires sont à pointer du doigt. Au cours des différentes sélections présentées par les jurés de prix, trop souvent les traducteurs sont omis. Ils sont pourtant pleinement auteurs... 

 

Stand de l'ATLF aux Blancs Manteaux 

 

 

En application du Code de la Propriété Intellectuelle, l’article L 112-3 reconnaît « auteurs de traductions, d’adaptations, transformations ou arrangements des œuvres de l’esprit ». Les traductions opérées sont, au titre de l’article L 112-2, des « œuvres de l’esprit ». Et pourtant, les listes de prix oublient régulièrement de citer les traducteurs, quand leur travail est pourtant impliqué dans les sélections.

 

L’Association des Traducteurs littéraires de France vient de communiquer une lettre ouverte, que ActuaLitté reproduit dans son intégralité.

 

 

Lettre ouverte aux jurys de prix littéraires

 

Chaque année, certains d’entre vous décernent des prix à des ouvrages de littérature étrangère traduits en français.

 

Un travail préalable de lecture et de discussion vous a permis d’apprécier l’univers de leurs auteurs, leur imaginaire, leur inventivité stylistique… Or rien de tout cela ne vous parvient de manière directe. Pour les lire, vous avez besoin de l’intermédiaire d’un traducteur, qui emploie tout son savoir-faire et tout son talent pour vous donner à entendre leur voix.

 

Pourtant les noms de ces traducteurs n’apparaissent pas – ou très rarement – sur vos communiqués de presse, qu’il s’agisse de la liste des auteurs retenus ou du palmarès.

 

Il paraîtrait inconcevable de parler d’un ouvrage sans indiquer le nom de son auteur. Or c’est bien ce qui se passe lorsqu’on omet le nom du traducteur : s’il n’est pas l’auteur du livre, il est celui du texte traduit.

 

Que tout traducteur est un auteur, voilà qui figure dans le code de la propriété intellectuelle. Qu’il soit reconnu comme tel, voilà qui n’est pas encore tout à fait acquis.

 

Nombreux sont ceux, aujourd’hui, qui s’intéressent à son travail, à la spécificité de sa contribution littéraire et qui souhaitent en savoir plus, l’interroger, l’écouter. Ce n’est pas un hasard si un festival a récemment vu le jour à Gif-sur-Yvette, tout entier consacré à la traduction. VO/VF, tout un programme, qui attire de plus en plus de curieux et de passionnés de littérature étrangère.

 

Alors, rendons à chacun son dû.

 

Corinna Gepner

Présidente de l’ATLF

 

#LesTraducteursExistent