Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

medias

Restons connectés : l’IFLA demande la fin des coupures de l’Internet

Auteur invité - 24.08.2017

Tribune - IFLA accès internet - coupures accès internet - internet bibliothèques


La Fédération internationale des associations et institutions de bibliothèques, qui tient en ce moment son congrès annuel en Pologne, dans la ville de Wroclaw, a publié le 18 août 2017 une Déclaration sur la maîtrise de l’information numérique. L'organisation souligne que la maîtrise d'internet et des outils qui y sont liés est primordiale pour le développement des savoirs et des pays du monde entier. Dans un nouveau texte, l'IFLA défend un accès à un internet pour tous.


Cables
(Elias Bizannes, CC BY-SA 2.0)


Pour la recherche, le partage et la création de connaissance, l’Internet offre des possibilités inimaginables pour la génération précédente. Il permet une mise en œuvre plus efficace que jamais du droit de l’homme qu’est l’accès à l’information autant qu’il relie ensemble les familles, les amis, les collègues et les chercheurs.

Dès lors que les lois et les conditions sociales adaptées existent, dès lors que les citoyens disposent des compétences et de la confiance nécessaires, l’accès à l’Internet est un moteur du développement à tous les niveaux.

Par conséquent, le fait qu’environ la moitié de la population du monde ne soit pas connectée est un sujet de préoccupation majeur. Comme exposé dans les Principes de l’accès public, les bibliothèques peuvent contribuer de manière décisive à amener les citoyens à se connecter, à la fois grâce à des terminaux informatiques dans les bâtiments des bibliothèques, et en tant que points de rencontre des communautés.

Toutefois, même là où la connexion existe, l’usage de la coupure de l’Internet par les gouvernements et par d’autres entités montre à quel point cet accès peut être vulnérable. Le terme de “coupure” désigne la déconnexion délibérée de l’Internet d’un groupe de personnes, avec des prétextes qui vont de la sécurité nationale à la prévention de la triche aux examens.

De telles coupures sont de plus en plus banales, ainsi que des recherches conduites par des organisations comme AccessNow l’ont montré, et conduisent à des coûts économiques significatifs. De manière peut-être encore plus importante, elles constituent des limitations sérieuses aux droits de l’homme et à la capacité des citoyens à améliorer leurs conditions de vie. Elles empêchent les fermiers d’accéder aux prévisions météorologiques et aux informations du marché, elles empêchent les parents de se renseigner sur le meilleur moyen de soigner leurs enfants, elles empêchent les écoles et les universités d’aider leurs étudiants à apprendre et à effectuer des recherches, enfin elles empêchent les communautés rurales d’échapper à l’isolement.

Bien qu’il puisse exister exceptionnellement des circonstances où les coupures de l’Internet sont justifiées, elles sont en général disproportionnées et causent plus de mal que de bien. Là où il existe des craintes sur l’usage qui est fait de l’Internet, la première réponse doit être l’éducation. Les bibliothèques ont l’expérience de l’accompagnement des personnes pour qu’elles puissent devenir des citoyens du monde numérique à la fois compétents et responsables. Se contenter de couper l’accès à l’Internet ne fait que ralentir le développement, celui d’aujourd’hui comme celui de demain.

Dans une déclaration publiée aujourd’hui, l’IFLA appelle donc les gouvernements à abandonner le recours aux coupures d’internet. En cohérence avec leur engagement vis-à-vis de l’Agenda 2030 de l’ONU, ils doivent plutôt investir dans des connexions à l’Internet fiables et solides pour leurs communautés tandis que les institutions doivent aider les citoyens à tirer le meilleur parti de cet accès.