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Vincent Monadé : “Si Marine Le Pen était élue, je démissionnerais de mes fonctions”

La rédaction - 03.05.2017

Tribune - Election présidentielle France - Vincent Monadé CNL - Marine Le Pen démission


Les appels se multiplient, pour inciter chacun à se rendre aux urnes et empêcher que l’insupportable ne se produise. Parmi les différentes prises de position, celle que le Président du Centre National du Livre vient de communiquer à ActuaLitté. Un message simple, et définitif. Un message pour la République et la démocratie. Nous le reproduisons ici dans son intégralité.

 

Vincent Monadé - ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Fonctionnaire, je suis tenu à une obligation de réserve dont j’ai pleine conscience. J’assume les éventuelles conséquences de ce texte. L’impératif moral prime.
 

Si, dimanche 7 mai, Madame Le Pen était élue, je démissionnerais de mes fonctions. Pas une heure, pas une minute, je n’accepterais de me compromettre. 
 

Les fonctions que j’ai l’honneur d’occuper exigent de défendre la littérature et la pensée, l’intelligence, la complexité du monde. Elles nécessitent d’être ouvert à toutes les cultures, aux autres, au génie de Sony Labou Tansi comme à celui de Mahfouz, à la grandeur de Flaubert et à celle de Césaire.

Elles demandent de considérer le monde dans sa diversité, ses langues et ses peuples, de postuler que l’autre nous enrichit et non qu’il nous menace. Elles imposent le souvenir des mots d’Heinrich Heine, « là où on brûle des livres, on finit par brûler des hommes ». 
 

Occuper mon poste, c’est combattre pied à pied les thèses du Front National, non par idéologie, mais par obligation. Se battre pour le livre et la lecture, c’est agir contre la censure et la bêtise, pour l’éducation et la culture. Être fonctionnaire, c’est défendre la liberté, l’égalité et la fraternité. Voilà mon premier devoir. Et cela impose de faire barrage à Madame le Pen, à son parti et à ses idées. 
 

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Un fonctionnaire a un devoir moral au-dessus de ses obligations. Celui de défendre la République. Ce devoir-là ne se négocie pas, ne se discute pas. Marine le Pen Présidente, il ne saurait être question de continuité de l’action publique, mais de honte et de déshonneur. 
 

Dimanche 7 mai, chaque Français aura à choisir en son for intérieur entre la République et les factieux, entre la démocratie et les liguards. Ce choix est vital pour la France ; ce serait lâcheté que de s’abriter derrière la neutralité du service public pour ne pas l’assumer. 
 

Dimanche 7 mai, je voterai Emmanuel Macron. 

 

Vincent Monadé