10 recommandations si vous sortez avec un écrivain...

Florent D. - 11.07.2016

Zone 51 - Humour - rencard écrivain relation - tomber amoureux écrivain - rendez vous conseils


La période estivale est toujours propice aux rencontres, et au détour d’une terrasse, votre regard est attiré par cette personne, stylo en main, les yeux perdus dans le lointain. Elle/Il écrit. Quelle fascinante attention que de voir soudainement la page se noircir, et quelle irrésistible attraction que le métier d’auteur.e ! Voici, pour garantir une totale réussite amoureuse, quelques recommandations essentielles pour sortir avec un écrivain. 

 

2006-11-27 Illustration Friday -- Invention

Roy Blumenthal, CC BY SA 2.0

 

 

 

1. Ils/Elles adorent les cafés, c’est connu

 

Depuis Balzac, cette boisson est devenue inévitable. Mais c’est aussi celle qui coûte le moins cher si l’on veut être en terrasse pour profiter du soleil. Or, c’est connu : sauf exception, écrire ne rend pas milliardaire – pour ça, mieux vaut choisir un rendez-vous avec un trader. 

 

Il y a aussi l’option Hemingway, mais, là, le café est souvent noyé dans des flots d’alcools plus ou moins forts. Pensez à ménager votre foie...

 

2. Si vous n’aimez pas lire, oubliez

 

D’abord, parce qu’il/elle aura à cœur de vous faire découvrir ses écrits. Avoir une affinité avec les livres semble donc un minimum. Ne cherchez pas à compenser en apprenant des mots compliqués du dictionnaire : placer syzygie, métempsychose ou hyalin dans une conversation n’est pas évident...

 

3. Ne lui parlez JAMAIS de Harry Potter

 

Si les écrivains sont tous confrères, ils sont avant tout humain. Et la réussite de JK Rowling provoque parfois des crises de jalousie invraisemblables. 

 

3 bis. Ne jamais dire « ça ressemble à quelque chose que j’ai déjà lu »...

 

Si l’on a besoin d’expliquer pourquoi, alors définitivement, oubliez les auteur.e.s, c’est mieux pour tout le monde. Vous préférez quoi ? Lui mentir ou lui faire de la peine ? À chacun de voir...

 

D'ailleurs, même son éditeur/éditrice ne lui parle pas comme ça...

 

3 ter. Ne pas hésiter à demander où en est son prochain livre

 

D’abord parce que s’intéresser à la personne avec qui on sort ne fait pas de mal. Ensuite, vous y découvrirez peut-être que son prochain roman sur l’architecture gothique dans la Pologne du XIIe est finalement moins ennuyeux que vous ne le pensiez. 

 

Attention : poser la question trop souvent lui laissera croire que vous n’avez pas confiance... soyez parcimonieux.se.

 

4. Attendez de devenir sa muse, et, si vous ne le devenez pas, rangez votre ego

 

Après tout, c’est vous qui lui avez proposé un rencard, alors c’est votre faute. De même, ne vous formalisez pas s’il prétend s’être inspiré de votre enfance pour décrire un personnage odieux. Les écrivains voient peut-être vraiment des choses qui nous sont invisibles.

 

Louis Konstantinou, CC BY ND 2.0

 

 

5. Il/Elle va vous demander de l’attention. Beaucoup d’attention.

 

Le travail créatif est probablement le plus introverti et nombriliste qui soit. Cela engendre les chefs d’œuvres que l’on connaît, mais il fallait certainement les supporter, les gémissements d’un Alfred de Musset ou les crises existentielles d’un Baudelaire. Tablez sur le fait que vous serez récompensé.e à l’avenir. 

 

6. Boire du rouge (ou du bleu...) qui tache, griffonner sur un cahier et citer des auteurs ne fait pas de lui/d’elle, un écrivain, attention

 

Non, c’est clair. Il en faut un peu plus. Sauf dans le cas de Charles Bukowski. Mais c’est l’exception qui confirme la règle...

 

Corollaire : remettre constamment au lendemain l’écrire de son premier chapitre n’en fait pas un génie du tout. Juste une grosse féignasse – voire un.e impoosteur...

 

7. Ne JAMAIS lire ses brouillons sans y avoir été EXPRESSÉMENT invité

 

C’est le pendant de la règle 2 : vous adorez lire, vous avez une confiance aveugle en son talent, mais fallait pas forcer la serrure du tiroir de son bureau. 

 

Surtout si c’est pour découvrir en plus son fétichisme des animaux empaillés et la marmotte qu’il/ elle a traquée et tuée de ses mains pour en faire un Totem... Beurk, certes, mais avant tout, tant pis pour vous.

 

8. Écrire est un vrai travail – n’en déplaise à certains

 

Pour la tranquillité de votre couple, une fois un peu installé, tournez 7 fois 7 fois sa langue dans la bouche avant de suggérer qu’il/ elle trouve « un vrai travail ». Sinon vous risquez de vous retrouver dans la situation de la règle 6...

 

Respectez aussi son rythme de travail, même s’il lui prend l’envie de taper au milieu de la nuit, ou de ne se coucher qu’après 3 heures du matin. Il existe d’excellents services de séries en illimité aujourd’hui...

 

9. Si jamais vous brisez la jurisprudence Potter (voir 3.), ne pas ajouter : « Au moins ses livres rapportent beaucoup ».

 

Non, là c’est mal barré : on n’écrit « pas dans l’espoir du succès ! Non ! non, c’est bien plus beau lorsque c’est inutile ! * » La littérature a beau être composée des mêmes mots partout, celle qui est commerciale a toujours mauvaise réputation, très étrangement...

 

10. Ne froncez pas les sourcils s’il/ elle n’a pas d’éditeur/ éditrice...

 

Oui, renseignez-vous : non seulement, ça existe, mais en plus ce n'est pas sale. Il est possible de vendre des livres sans passer par une structure traditionnelle, et certain.e.s auteur.e.s gagnent d’ailleurs bien plus d’argent que leurs confrères ayant signé. Ce n’est pas une règle, évidemment, mais le savoir évitera un sourire condescendant totalement hors de propos. Ou de passer pour une cruche durant quelques précieuses secondes, si vous êtes dans la phase de séduction...

 

* tiré de Cyrano de Bergerac, d’Edmond Rostand...