250.000 livres de vendus, et pas un centime de gagné

Clément Solym - 24.11.2010

Zone 51 - Insolite - écrits - Ramses - éditeur


Jean Rosset est un écrivain à succès. Seulement, ce dernier n'apporte pas toujours notoriété et fortune. L'ancien ingénieur de sidérurgie, qui demeure à Castres, mais est originaire de Savoie, s'est lancé dans l'écriture une fois la retraite arrivée. Par pur plaisir.

La passion de l'homme se retrouve dans ses lignes, et son livre Les porteurs de terre est vendu à plus de 250.000 exemplaires depuis sa parution en 1990.

« C'est un succès que je ne m'explique pas vraiment » déclare l'homme, sans cette fausse modestie qui habite parfois nos meilleures plumes. Il est dit que l'argent change le caractère des hommes, et c'est peut-être pour cela que Jean Rosset est resté simple. L'argent tiré de son livre, il ne l'a jamais vu.


Et pour cause. En 1990, confie ses droits d'auteur à la maison d'édition Ramses, où une certaine Régine Desforges a le nez creux et sent la bonne affaire. Mais les dividendes n'arrivent jamais jusqu'à la cité castraise : Ramses dépose le bilan. « Tout est parti dans la liquidation judiciaire de Ramses. Pourtant, le livre avait été publié sous de multiples formes. Il avait même été repris par France Loisirs ».

Qu'importe, l'homme n'en fait pas un fromage, et continue d'écrire. Une suite du best-seller voit le jour, Les derniers porteurs de terre. À l'origine de la saga, cinq familles qui vivent dans un patelin retiré, à la fin du XIXe siècle. Le fin fond de la Savoie, où l'industrie et le tourisme ne sont pas encore arrivés. Un décor rustique, qui est le théâtre d'amours, de jalousies et d'amitiés.

Jean Rosset le confie aux confrères de La Dépêche : il a retrouvé quelques notes, au fond d'une vielle malle, et reprend le chemin de l'écriture, après quelques années de pause. « Ce n'est pas très grave si je ne retrouve pas d'éditeur. J'ai déjà été récompensé par le plaisir de l'écriture. ». Des propos agréables à l'oreille, mais à n'en pas douter, Jean Rosset devrait pouvoir trouver quelqu'un pour publier ses écrits.