À 10 ans, la police de Moscou l'arrête parce qu'il récite Shakespeare

Clément Solym - 29.05.2017

Zone 51 - Insolite - Russie enfant poésie - arrestation garçon shakespeare - Moscou réciter Poésie


Réciter de la poésie, même cela pose problème à Moscou ? La police de la capitale russe est sous le feu des récriminations après l’arrestation d’un jeune garçon de 10 ans. Ce dernier récitait des textes de William Shakespeare dans une rue du centre-ville. 



 

En moins de 24 heures, la vidéo a circulé trois fois sur tout internet : les images montrent un enfant terrifié, qui hurle littéralement, alors que la police l’emporte de force. Des badauds ayant assisté à la scène, et tenté d’intervenir, ont été repoussé sans trop de ménagement. 

Mais qu’en est-il de cette histoire ? Selon les autorités moscovites, l’enfant a été emmené auprès de services sociaux, attendu qu’il se trouvait seul dans la rue. Mais cette arrestation en pleine rue a marqué les esprits. Et durant tout le week-end, les réseaux sociaux ont fulminé de colère en découvrant la manière dont l’enfant avait été traité.

Attention tout de même, la vidéo est choquante.
 


Cette intervention de la police antiémeute – tout de même... l’enfant avait 10 ans, il était armé de lunettes... – a provoqué un véritable scandale à Moscou, rapidement répercuté par l’ensemble des médias à travers le monde. 

D’autant plus que le même garçon avait été filmé quelques jours plus tôt par un journaliste du quotidien Moskovsky Komsomolets. Il ne faisait pas la manche, mais certains passants lui versaient quelques pièces, alors qu’il récitait ces textes poétiques. Pas de crime de mendicité...
 


Or, le jour de cette arrestation, le vendredi 26, sa belle-mère se trouvait assise non loin de lui. Elle-même a tenté de s’interposer, mais fut repoussée par les policiers. L’incarcération d’Oskar Mironov a duré près de 24 heures, il n’a été relâché que le samedi. 

Prise en faute, la police moscovite a présenté des excuses, mais retombe sur ses pattes à la vitesse de la lumière : elle estime que le père du garçon ne s’est pas acquitté de ses fonctionnes parentales, ce qui est passible d’une amende de 500 roubles – soit une dizaine d’euros. 

Pour sa défense, le père a assuré que son fils avait un défaut de prononciation, et que le thérapeute qui le suit lui a recommandé de réciter de la littérature en public – difficile de croire que l’on récite Shakespeare à 10 ans sans raison de nos jours... 

Le poète Andrei Chernov assurait : « Le pays a été horrifié, et semble-t-il, a commencé à réfléchir. Les conséquences de cette vidéo de 2 minutes sont tout à fait imprévisibles pour le régime. Ou plutôt, elles sont tout à fait prévisibles. Pas maintenant, mais demain. » 
 


Une pétition toute symbolique a d’ailleurs été mise en ligne, pour réclamer le licenciement des policiers. Elle a recueilli quelque 23 000 soutiens au moment où nous écrivons ces lignes.

via MVD