Affaire Charlie Hebdo : droit de caricaturer Mahomet ?

Clément Solym - 07.11.2011

Zone 51 - Insolite - Charlie Hebdo - musulmans - Mahomet


La semaine passée s'ouvrait sur un incendie, celui de la rédaction de Charlie Hebdo, alors que le magazine satirique s'apprêtait à lancer un numéro spécial intitulé Charia Hebdo, avec Mahomet en rédacteur en chef.


Le projet ne manquait pas d'humour, mais un cocktail Molotov mal intentionné est venu mettre un terme à la bonne humeur. Attentat, estime Claude Guéant qui n'excluait pas une attaque menée par des intégristes.

 

Du côté de la communauté musulmane, la volonté de caricaturer Mahomet était reçue comme une atteinte au sentiment religieux. Le sacré du personnage, parodié dans ce contexte, avait été bafoué. Les limites de la liberté d'expression de la presse avaient ainsi été franchies, bien que l'on reconnaisse qu'aucune législation n'a été violée.

 

La question de l'expression et du respect du culte vient donc de découvrir une nouvelle frontière : celle de la loi qui ne s'appliquerait pas à tous.

 

Cependant, ce dimanche, à Paris, une manifestation était organisée, revendiquant « le droit au blasphème » comme un droit absolu de la démocratie.

 

Nicolas Demorand, directeur de la rédaction de Libération, qui a accueilli la rédaction de Charlie Hebdo, commente : « Les dictatures sont des régimes tristes, le rire est aussi une pulsion démocratique. »

 

Régression démocratique, respect du culte ? Cabu, dessinateur de Charlie Hebdo tranche, auprès de l'AFP : « On a soutenu le printemps arabe, mais on refuse l'automne et l'hiver fanatique. »

 

En parallèle des musulmans revendiquaient dans des tracts une tout autre solution : autoriser la liberté d'expression, mais refuser l'insulte gratuite.

 

C'est à se demander combien ont réellement acheté et lu, surtout, Charia Hebdo...