Alexandre Jardin cultive... l'imposture

Clément Solym - 12.01.2011

Zone 51 - Insolite - jardin - grand - pere


Pas content, tonton, du livre de son petit Alexandre. « Ah, il a de l'imagination quand il veut », raille même tonton, dans les colonnes de Evene.fr, faisant suite au roman, Des gens très biens, publiés chez Grasset.

C'est que l'écrivain fait passer son grand-père pour un infâme salaud. Ce dernier aurait participé à la rafle du Velodrome d'Hiver, à la déportation, et bien d'autres encore, qui font du bonhomme un type assez peu recommandable.

Une écriture (ou une réécriture) de l'histoire, qui s'appuie sur ce qu'elle veut. Historiquement, on sait simplement que Jean Jardin, le grand-père, a officié au poste de directeur de cabinet, de mars 42 à octobre 43, pour Pierre Laval, collaborateur actif avec l'envahisseur nazi...

En friche...

Est-ce que cela fait du grand-père un monstre ? Eh bien, aucune archive aujourd'hui n'existe - ou n'a existé ? - pour démontrer la réalité historique des propos d'Alexandre. Le mémorandum de Gabriel Jardin est implacable, de même que l'ensemble des autres témoignages délivrés sur le site, qui sont autant de plaidoyers en faveur de l'homme.

Or, pour le petit-fils, le poste de son pépé, durant l'occupation, faisait de lui un coupable, puisqu'il avait les moyens de savoir ce que les juifs subissaient, sans avoir levé le petit doigt, ni même démissionné. Mais pour le tonton, accessoirement fils du grand-père, Jean Jardin « n'a jamais fait l'objet d'aucune poursuite judiciaire ou de nature politique, ni à la Libération, ni jusqu'à sa mort en 1976, contrairement à de nombreux hauts fonctionnaires du gouvernement de Vichy ».

Sur Europe 1, Gabriel et Séphane, cousins de l'auteur balancent tout.

« Ce livre est totalement inadmissible dans la mesure où il part d’un postulat que je n’admets, pas, qui est un postulat de culpabilité a priori. » Et le cousin d'ajouter : « C’est un délire complet où il oublie ce qu’est la notion de présomption d’innocence, où il fait intervenir des personnages de fiction comme Zac, à qui il n’a pas peur de faire dire des choses comme : ‘Hitler, sur bien des points, se comportait comme les Jardin’. Des phrases-chocs qui ne veulent rien dire et qui sont graves. Très graves. »

Alors, Alexandre ?