Au Japon, les romans d'horreur se lisent sur papier toilette

Clément Solym - 25.05.2009

Zone 51 - Insolite - Japon - roman - horreur


Koji Suzuki ne vous dit peut-être rien de prime abord, mais c'est à lui que l'on doit le livre Ring et l'adaptation en 1998 par Hollywood. Grand romancier de l'horreur, il s'est récemment rapproché d'un fabricant... de papier toilette pour faire publier son dernier livre sous forme de rouleau... Hygiénique !

Le récit s'intitule Lâcher - comme dans lâcher du lest... - et raconte l'histoire inquiétante d'un esprit maléfique qui habite - si, si - dans une cuvette de toilettes, explique Takaki Hayashi, le vice-président de Hayashi Paper Corp, fabriquant de PQ. Un roman qui l'aurait même effrayé.

Suzuki, au Japon, est une star de l'horreur : le Stephen King nippon, s'il fallait lui trouver un pendant occidental. Et cette dernière oeuvre joue sur les hantises des Japonais : non que ces dernières portent sur les toilettes publiques, mais plutôt sur la superstition permanente que des esprits peuplent toujours les plus petites pièces de la maison. Les parents racontent encore aujourd'hui comment deux mains glacées saisiront aux chevilles un petit enfant pas sage, pour l'entraîner dans les noirceurs des canalisations...

D'ordinaire, la société Hayashi se consacre à l'impression de consignes de sécurité en cas de tremblement de terre ou de catastrophe naturelle, sur ses rouleaux. Difficile de le savoir, mais il se pourrait qu'elle soit aussi à l'origine des poèmes imprimés sur les rouleaux, pour faire consommer moins de feuilles...

Le roman de Suzuki, lui, se répète tous les 86 cm de papier et son impression en bleu est entrecoupée d'éclaboussures qui rappellent du sang. Charmant. L'aventure est vendue pour 210 yens, soit un peu moins de 1,90 €.